Blida - A la une

Quand nécessité fait loi



Contrainte - Tout le monde ne continue pas à travailler après la retraite pour le plaisir.
Beaucoup sont obligés de le faire afin de couvrir les dépenses de plus en plus faramineuses de la vie. Une retraite estimée actuellement à 18 000 dinars , suite à la récente augmentation décidée par les pouvoirs publics, est quasiment insignifiante au vu de la flambée, sans cesse enregistrée, des prix des produits de première nécessité, dans un pays où l'inflation grimpe d'année en année.
Ils vendent des épices, des chaussettes ou des sous-vêtements pour hommes, des vêtements de friperie.... Des hommes affaiblis physiquement se lèvent toujours de bon matin pour rejoindre leur «lieu de travail», un phénomène qui n'épargne pratiquement aucune ville du pays.
«Je préfère pratiquer ce petit commerce informel que de faire la manche. J'ai encore deux enfants scolarisés et ma femme est alitée depuis plusieurs mois. La maigre retraite que je perçois ne couvre même pas les besoins d'une dizaine de jours. Allah ghaleb, moi et mes nombreux semblables sommes condamnés de travailler jusqu'à ce que l'heure de quitter ce monde sonnera», témoigne, sur un ton d'amertume, Aâmi Zoubir, qui propose des épices et quelques plantes médicinales à Blida. C'est le cas également d'un autre septuagénaire qui tient, lui, une table de tabac à la sortie du marché de Boufarik. «A notre âge, les dépenses sont beaucoup plus importantes que celles des jeunes. Nous avons, par exemple, les fêtes familiales de nos enfants et surtout à gratifier les filles mariées de cadeaux à chaque fois qu'elles nous rendent visite, les frais de certains médicaments non remboursables... Si je compte seulement sur ma retraite, il me sera impossible de répondre à tous les besoins. J'aurais aimé me reposer pleinement, mais les circonstances m'ont condamné à cette corvée», lance-t-il, sur un air de dégoût.
La tranche la plus fragile de ces hommes âgés demeure, sans conteste, ceux qui ne touchent que l'allocation forfaitaire de solidarité (AFS), estimée à seulement 3 000 dinars.
Ces citoyens qui n'avaient pas exercé, dans leur jeunesse, des emplois déclarés à la sécurité sociale, le regrettent bien aujourd'hui, mais ils «luttent», tout de même, pour sauvegarder leur dignité. Ce sont généralement des gens sans niveau scolaire, ce qui les expose à l'obligation de s'adonner, en dépit de leur âge avancé, à des activités physiques. Seuls ceux qui ont eu la chance d'être pris en charge par leur progéniture sont, en effet, à l'abri de la corvée. Mais avec la tendance actuelle des jeunes préférant vivre loin de leurs parents dès qu'ils fondent des foyers, ce phénomène risque encore de s'aggraver davantage.
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