Blida - A la une

Qu'en est-il du retour de Brahimi, Boudebouz et Benzia '



Du sang neuf pour les Verts en vue des prochaines échéances serait indispensable. Et le dernier Algérie-Burkina Faso à Blida durant lequel l'équipe de Djamel Belmadi a paru timorée, impuissante, a ouvert certaines «bouches» qui réclament ni plus ni moins que le retour d'une certaine vieille garde.Dans cinq semaines environ, l'Afrique vibrera au rythme de la 33e phase finale de la Coupe d'Afrique des nations au Cameroun. Comme en Egypte, 24 nations seront dans les starting-blocks, les champions sortants de Djamel Belmadi en premier. Un champion qui est demeuré invincible malgré les aléas du temps et de la Covid-19 qui a nettement retardé la progression des Verts. à telle enseigne qu'aujourd'hui, malgré les records et les qualifications, les fans de Mahrez et compagnie affichent un petit goût d'inachevé. Pour une partie de ce public qui était de retour dans les gradins à l'occasion du dernier match des qualifications face aux étalons du Burkina Faso, la sélection a besoin de quelques réglages, de quelques «renforts» même, pour devenir plus performante.
Ce que le sélectionneur national a toujours recherché, multipliant les scouting et les contacts avec des footballeurs aux origines algériennes mais qui hésitent encore à faire leur choix. Cette piste n'est pas la seule, ni la dernière, que l'ancien attaquant de Marseille a fouinée. Dans les réserves de la sélection, des « pièces » sont encore utilisables.
Deux ou trois sont même en train de faire basculer les tendances en leur faveur. En l'occurrence Yacine Brahimi, absent des stages de l'EN depuis voilà un an, Yacine Benzia qui n'a plus été convoqué par Belmadi depuis 2018 et, enfin, un certain Ryad Boudebouz que l'expérience stéphanoise a éclipsé pendant plus de deux années des rangs des Verts d'Algérie mais qui, ces dernières semaines, re-brille sous le maillot de l'ASSE.
Une petite précision avant de s'élancer dans cet exercice (Belmadi n'aime pas forcément les joueurs proposés par les médias) : ces trois joueurs font le même travail sur le terrain, celle d'animateurs du jeu offensif, et leur passage en sélection, à différents moments de leur carrière, a été mi-figue mi-raisin. Certains ont même constitué des déceptions.
Commençons par Yacine Brahimi qui a quitté le football professionnel pratiqué en Europe pour rejoindre les pétrodollars des Championnats du Golfe, celui du Qatar en ce qui le concerne où il a signé en 2019, juste après le sacre continental des Verts, au profit d'Al-Rayane. Un choix qui s'est avéré fatal sur le niveau de jeu et de la visibilité de l'ancienne star de Porto particulièrement étincelant lors de son passage en Espagne, à Grenade. En effet, après une CAN passée le plus clair du temps sur le banc, Brahimi sera relégué définitivement au rang de remplaçant, lui l'incontournable plaque-tournante de Christian Gourcuff notamment. Un statut sur le banc des remplaçants que Brahimi n'apprécia guère réussissant même à faire comprendre à Belmadi qu'il n'était plus chaud à vivre un tel « cauchemar » à l'avenir. Et depuis un an exactement, Belmadi l'a oublié en dépit de quelques bonnes performances sous les ordres de Laurent Blanc. Mais Belmadi n'est pas rancunier, encore moins quelqu'un qui oublie les sacrifices de ceux qui l'ont accompagné dès son intronisation à la barre technique des Verts.
à l'approche de la CAN du Cameroun, et surtout à une année du Mondial du Qatar, il a touché un mot à son assistant Madjid Bougherra en vue d'accorder à Brahimi une nouvelle (dernière ') chance de revenir en sélection. L'opportunité n'étant autre que cette répétition générale du Mondial-2022 sous forme de Coupe arabe à laquelle l'Algérie fait partie des favoris. L'apport de Brahimi ne serait que profitable aux troupes de Bougherra et, allant, à l'EN algérienne A qui s'apprête à défendre son titre continental au Cameroun. Un bon tournoi du dompteur des Sud-Coréens au Mondial du Brésil sera-t-il salutaire pour ce trentenaire (32 ans en février prochain) en quête de rédemption '
Un autre trentenaire n'a jamais caché son désir de retourner chez les Verts, mais dont les choix de carrière lui ont été fatals. Il s'agit de Ryad Boudebouz, le plus jeune international algérien à avoir disputé une phase finale de Coupe du monde. également âgé de 32 ans en février prochain, Boudebouz a connu ses derniers moments en sélection au tout début du règne de Belmadi, alors qu'il évoluait en Liga sous le maillot du Bétis Séville. Après une première saison presque réussie (41 matchs joués et 4 buts inscrits), Boudebouz est prêté au Celta Vigo lors du mercato hivernal 2019. Là-bas, dans la province de Pontevedra, il jouera 11 rencontres et signera un seul but. Entretemps, son club propriétaire avait déjà misé sur Nabil Fekir et Boudebouz ne pouvait alors terminer son contrat de 4 ans avec les Verdeblancos. Le natif de Colmar dut alors retourner en France où l'AS Saint-Etienne s'est montrée convaincante et, surtout, ambitieuse. Mais grande fut la surprise de Boudebouz quand il saura que le projet du club de la région Auvergne-Loire-Alpes n'en était pas un. Qu'il n'était pas fait pour des vedettes coûteuses comme lui. Et à l'instar des autres stars de l'équipe, crise du Covid-19 oblige, Boudebouz sera invité à trouver un club repreneur, quitte à aller monnayer son talent dans un Championnat du Golfe. Ce que l'international algérien a refusé par principe. En manque de temps de jeu, Claude Puel ayant été interpellé par ses dirigeants de ne faire aucune concession aux gros salaires de l'équipe, le métronome algérien se morfondait dans une situation que même les fans stéphanois n'ont pu résoudre.
Boudebouz et Benzia en embuscade
Sauveur d'un jour, Boudebouz est alors mis au ban, devenu comme par enchantement cet indésirable que l'ASSE doit chasser. La crise financière un peu moins étouffante, l'entraîneur Puel, critiqué pour les mauvais résultats de l'équipe et sous la pression des supporters, se rappellera du talentueux numéro 7. Son retour parmi le groupe professionnel interviendra au début du mois dernier contre l'AS Monaco. Un retour en grâce qui permet au club de prendre quelques points précieux pour larguer la lanterne rouge (Metz) et à Boudebouz de refaire parler de lui dans l'optique d'un éventuel come-back chez les Verts d'Algérie. Dans un rôle de leader que Mahrez, par exemple, ne semble pas maîtriser '
Une sélection algérienne qui se voit à nouveau «proposée» Yacine Benzia. Plus jeune que Brahimi et Boudebouz, le Dijonnais (27 ans depuis septembre dernier) a fait sa dernière apparition chez les Verts en novembre 2018 à Lomé alors qu'il portait le maillot du club turc de Fenerbahçe. Une aventure turque qui a «détruit» la carrière de celui que le monde du football pensait être le nouveau Zidane tellement elle était, comme pour son coéquipier Slimani, un vrai cauchemar sur le plan humain. Les malheurs de Benzia, arrivé en sélection en 2016 sous Gourcuff avec qui il a honoré deux de ces capés (les deux autres l'ont été avec Belmadi), ne s'arrêteront pas là puisque, en mai 2020, en pleine pandémie, il sera victime d'un accident de buggy et doit subir de nombreuses opérations chirurgicales. Son avenir footballistique est dangereusement remis en question. Mais, Yacine Benzia n'y renoncera point à son « droit » de retrouver les terrains du football et une sélection qu'il a préférée à celle des Bleus.
11 mois plus tard, il refoulera à nouveau les pelouses de la L1 française et fera quelques apparitions encourageantes avec Dijon qui sera rétrogradée en Ligue 2. Un Championnat que Benzia ne reniera pas malgré ses difficultés et les sollicitations des autres clubs de Ligue 1 de même que des prétendants étrangers.
Pour lui, un retour en forme lui donnera l'opportunité de renouer avec l'EN algérienne. Un rêve d'enfance que l'ancien lyonnais caresse à tue-tête. Comme il le racontait il y a peu sur les colonnes d'une gazette française. «J'y pense souvent. La sélection, ça a été l'une des grosses motivations durant ma convalescence. C'était un objectif clair et net dans ma tête. C'est ce qui m'a poussé à travailler encore plus dur. J'y pense depuis longtemps. Et je pense être légitime actuellement avec l'enchaînement des matchs et des prestations plutôt bonnes. Le coach me connaît bien. Donc comme j'ai dit, je travaille et j'espère me donner tous les moyens de revenir en sélection», disait-il à Football365.fr.
Avant d'affirmer que son envie est de «juste revenir en sélection et faire mon trou. Je suis un compétiteur. J'ai envie de jouer, de tout prendre. Tout ce qu'il y a à jouer, je prendrai. On peut m'envoyer dans n'importe quel match, n'importe quelle compétition, si le sélectionneur fait appel à moi j'irai toujours avec le sourire et l'envie de me surpasser».
Et de rappeler que «quand le coach Djamel Belmadi a repris l'équipe, il m'a fait confiance. Sur les premiers matchs, là où tout a commencé, au Togo (le 18 novembre 2018, ndlr). La première victoire à l'extérieur depuis plus de trois ans en Afrique. J'étais titulaire là-bas. Le coach connaît mes qualités. Je suis le plus heureux pour l'équipe avec tous les résultats qu'il y a eu, depuis. Et j'espère en faire partie le plus vite possible».
Le week-end dernier, Benzia a été l'un des bourreaux de l'AJ Auxerre dans le derby bourguignon en étant buteur décisif (son 4e de la saison) dans le succès des Dijonnais. Suffisant pour refaire parler de Benzia et, mieux, qu'il soit rappelé par Belmadi '
M. B.
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