
Ils ont été libérés! La nouvelle suffit à leurs familles car le voyage, depuis le golfe d'Aden, sera long pour pouvoir les serrer dans leurs bras. Ils attendront mais dans la joie. Dix mois de captivité. D'angoisses, d'inquiétudes, de peurs et d'incertitudes. De panique aussi. On comprend toutes ces familles qui en voulaient à tout le monde. Aux autorités, au sort, à l'armateur. Ils l'ont fait entendre avec bruits. Ils ont manifesté. Ils ont fait des sit-in. Ce qui, au fond, arrangeait bien les affaires des ravisseurs dans leur renchérissement. Et quand ils ont fini par comprendre leur erreur, les choses se sont passées plus vite. Comment leur en vouloir et leur rappeler que dans ce genre d'affaires, la règle d'or est d'agir sans faire de tapage. Car et précisément tout «se joue» en coulisses si on veut mettre les chances du côté des otages. Les ravisseurs tirent toujours à leur profit la médiatisation. L'équation est simple. La médiatisation sert à créer la panique des familles et les pousser à l'agitation, et faire pression sur les autorités. Alors que la raison commande tout à fait le contraire dans pareille situation. Faire changer de camp la peur. Devant ce qui apparaîtrait comme de l'indifférence, c'est-à-dire garder son sang-froid et maîtriser ses émotions, finit avec certitude par faire «craquer» les ravisseurs. Il faut, certes, beaucoup de courage pour parvenir à une telle maîtrise qui ferait perdre toute «valeur marchande» des otages aux yeux des ravisseurs. Le silence mine le moral de ceux qui les détiennent qui en arrivent à perdre confiance. A tel point que lorsque un contact est établi avec eux par des intermédiaires ils en sont rassurés et deviennent «moins-disants». Pourvu qu'ils en tirent un avantage, quel qu'il soit, comme par exemple celui de ne pas subir les foudres militaires de la coopération internationale dont tout le monde connaît l'existence. La flotte russe est quasi permanente dans ces eaux-là. L'européenne aussi, l'Otan, etc. Les Indiens ont même équipé leurs navires de guerre de canons de type nouveau pour ce genre d'opération. Ce sont des canons acoustiques (Long Range Acoustic Device, Lrad) qui émettent des sons pénibles et perçants d'une puissance de 150 décibels. «Un tel bruit paralyse la volonté de l'ennemi et l'amène à se rendre», disent les experts militaires. 120 pirates ont pu être ainsi arrêtés depuis le début de l'année et envoyés à Bombay pour y être jugés.
Depuis la prise en otage des marins du MV Blida, 17 Algériens et 10 autres de différentes nationalités, les pirates ont effectué pas moins de 346 attaques en mer. Ils ont réussi à détourner 35 navires et capturé 4000 personnes. Ceci dit, nos autorités sont catégoriques dans leur «position doctrinale qui a été réaffirmée à de nombreuses reprises et de la manière la plus solennelle: l'Algérie ne verse pas de rançons et elle condamne fermement cette pratique qu'elle soit le fait des Etats ou d'organismes publics ou privés», comme l'a précisé Amar Belani, le porte-parole de notre ministère des Affaires étrangères. Et toutes les informations mises en ligne et faisant état du contraire procèdent d'un «marketing mafieux». Histoire de ne pas «dévaluer» les actes de piraterie. Nous laissons la fin à Mme Hannouche, femme d'un marin libéré, qui a déclaré à l'APS que «c'est un jour béni et inoubliable pour nous». Elle passera, à n'en pas douter et comme toutes les autres familles, une bonne fête de l'Aïd El Adha. Une joie partagée par tous les Algériens!
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Zouhir MEBARKI
Source : www.lexpressiondz.com