C'est, en définitive, une chau de fin de
semaine qu'a vécue la petite commune d'Ouled Slama après que les habitants de
sa partie haute, constituée des quartiers Hamoul 1, 2 et 3, et Merrakchi, aient
bloqué la RN 29, entre Bougara et L'arba. Pour rappel, ils ont été plus de cinq
cents, entre jeunes et personnes âgées, à avoir bloqué cette route à très
grande circulation reliant toute la partie est de la wilaya de Blida au
chef-lieu et ce, à partir de mercredi aux environs de 7h30.
D'après certains citoyens que nous avons rencontrés sur place,
leurs principales revendications ont trait à la vie de tous les jours, et l'un
de nos interlocuteurs les a énumérées d'un trait : «nous n'avons ni réseau
d'assainissement, ni eau potable de manière régulière (une fois par semaine ou
par quinzaine), ni gaz de ville, ni centre de santé, ni sécurité, ni routes
praticables, rien, et cela dure depuis 25 ans». Ils affirment en outre qu'ils
ont saisi le P/APC et le chef de daïra de Bougara à plusieurs reprises, ils
reçoivent des promesses qui n'ont jamais été tenues. Et, c'est ainsi qu'ils ont
décidé de sortir mercredi pour faire entendre leurs voix en bloquant la route.
Le commandant de la compagnie de gendarmerie a bien tenté de calmer les esprits
en demandant à quelques-uns d'entre eux de rencontrer le chef de daïra, qui
était présent sur les lieux, mais les citoyens ont exigé la présence du wali
car, disent-ils, «nous avons reçu trop de promesses mais elles n'ont jamais été
tenues». Toute la journée s'est passée ainsi et, un peu après 17h, la brigade
antiémeute de la gendarmerie a chargé les manifestants pour les disperser et
rouvrir la route. Une pluie de pierres et de projectiles divers les accueillit
et nous avons tous dû nous abriter d'une manière ou d'une autre pour éviter
d'être blessés. Des pneus furent brûlés et la fumée noire montait très haut
dans le ciel. L'odeur des gaz lacrymogènes se mêla alors à la fumée et, à la
nuit tombante, rendirent l'atmosphère irréelle, insupportable. Plusieurs
femmes, parfois avec des bébés dans les bras, ne savaient plus que faire.
Retourner vers Bougara, pour aller où ? Ou continuer au risque de recevoir une
grosse pierre sur la tête ou être incommodée par les gaz ? Heureusement que les
gendarmes et les policiers les ont fait revenir en arrière et leur ont demandé
d'attendre que les combats cessent. Vers 21 heures, le calme plana enfin sur ce
qui ressemblait plus à un champ de bataille qu'à une route nationale dans une
zone civilisée et urbaine. Cinq personnes ont été arrêtées et se trouvaient à
la brigade de gendarmerie de Bougara alors que les quelques mineurs qui ont été
arrêtés dans la foulée ont été relâchés juste après. Jeudi matin, nous pouvions
remarquer quelques groupes dispersés çà et là et les voitures passaient
normalement. Subitement, aux environs de 9h30, les choses changèrent. Alors que
quelques notables discutaient avec les gendarmes, plusieurs jeunes bloquèrent
une autre fois la route et les voitures furent obligées de rebrousser chemin.
Il a fallu attendre plus de deux heures et demie pour qu'un groupe de
représentants soit constitué et qu'un bus soit mis à la disposition pour les
emmener jusqu'à la wilaya où ils ont été reçus par le wali, qui leur assura que
les travaux d'assainissement seront lancés avant le 28 du mois de décembre,
alors que les autres chantiers iront en parallèle, et chargea le chef de daïra
de veiller personnellement à la bonne marche des travaux. Le wali s'est dit
prêt à répondre à tout appel des citoyens mais que cela soit fait de manière
régulière, sans avoir recours au blocage des routes pour cela. Mais avant le
retour des représentants des citoyens d'Ouled Slama, nous apprîmes que le
chemin de wilaya reliant Bougara à Sidi Moussa avait été bloqué par des jeunes
au niveau de Labaziz, un quartier situé à quelques trois kilomètres de Bougara
et en dépendant administrativement. Les voyageurs, les étudiants, les
travailleurs et les simples citoyens qui voulaient se rendre à L'arba ne
savaient plus comment faire.
En
effet, quand la RN 29 avait été bloquée, les bus et les véhicules ont bifurqué
par Sidi Moussa pour regagner L'Arba et vice versa, alors que par suite il leur
fallait retourner jusqu'à Bouinan, puis prendre vers Alger avant de regagner leur
lieu de destination. Finalement, la route fut rouverte à la circulation et la
situation redevint normale après le retour des représentants en fin
d'après-midi. Pour Labaziz, la situation a été plus maîtrisable puisque les
automobilistes ont pu emprunter cette route dès que les citoyens avient été
tranquillisés par le chef de daïra et le responsable de la Sonelgaz qui leur
ont promis de régler les problèmes d'électricité auxquels ils font face.
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Posté par : sofiane
Ecrit par : Tahar Mansour
Source : www.lequotidien-oran.com