Dans la voluptueuse petite ville de Blida, vivait un brave jardinier qui, du nom de son père, s’appelait Sidi Lakdar à cause des verdoyants vergers d’agrumes et des limons dont la ville est noyée. Pas un n’atteignait la ceinture de Sidi Lakhdar. Le digne seigneur avait élevé son vice à la hauteur d’une profession. D’autres sont brodeurs, cafetiers, marchands d’épices. Sidi Lakdar, lui, était paresseux. A la mort de son père, il avait hérité d’un jardinet sous les remparts de la ville, avec de petits murs blancs qui tombaient en ruines, une porte embroussaillée qui ne fermait pas, quelques figuiers, quelques bananiers et deux ou trois sources vives luisant dans l’herbe. C’est là qu’il passait sa vie, étendu de tout son long, silencieux, immobile, des fourmis rouges plein sa barbe. Quand il avait faim, il allongeait le bras et ramassait une figue ou une banane écrasée dans le gazon près de lui ; mais s’il eût fallu se lever et cueillir un fruit sur sa branche, il serait plutôt mort de faim. Aussi, dans son jardin, les figues pourrissaient sur place. Cette paresse effrénée avait rendu Lakhdar très populaire dans sa ville. On le respectait à l’égal du saint Sidi Mohamed El Kebir le saint patron de la ville.
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Posté par : sofiane
Ecrit par : Mohamed Bentaleb.
Source : www.horizons.com