Blida - A la une

Nouveau procès pour Toufik, Tartag, Hanoune et Saïd Bouteflika



Saïd Bouteflika, Louisa Hanoune et les généraux Toufik et Tartag comparaîtront à nouveau, aujourd'hui samedi, devant le tribunal militaire de Blida.Abla Chérif - Alger (Le Soir) - La Cour suprême a décidé de la nécessité de rejuger l'affaire après avoir accepté, le 18 novembre dernier, la cassation introduite par les avocats des concernés. Des avocats nous ont fait savoir que les raisons pour lesquelles cette instance a accepté la cassation sont liées au fond du dossier.
La Cour suprême estime que la question relative à la présence de certains mis en case à la réunion incriminée est « subsidiaire », explique Me Ksentini qui fait aussi savoir qu'il y a remise en cause de la qualification des faits qui ont conduit à l'inculpation et la condamnation des mis en cause.
Dès l'éclatement de l'affaire, tous les membres du collectif de défense du groupe poursuivi ont remis en cause le qualificatif de « complot », donné à la fameuse rencontre du 27 mars 2019. « Dans les enregistrements que nous avons écoutés, il n'y avait aucun propos qui puisse confirmer le caractère ?'complotiste de la réunion. On a seulement entendu des noms proposés pour la succession de Abdelaziz Bouteflika », expliquait, également, à l'époque Me Ksentini, avocat du général Toufik.
Quelques mois après sa libération (intervenue le 10 février dernier), Louisa Hanoune est, elle aussi, revenue sur le sujet, affirmant, lors d'une interview à Radio M, qu'elle avait accepté l'invitation car « il fallait tenter par tous les moyens d'empêcher qu'il y ait une dérive. Je voyais bien que l'entourage et la famille de Bouteflika étaient aux abois, alors que le chef d'état-major avait annoncé la couleur.
C'était la course contre la montre pour éviter un coup de force », expliquait encore cette dernière, avant d'ajouter : « En réalité, on n'était pas sur la même longueur d'ondes, dès le départ. Si moi je militais pour une Assemblée constituante, Saïd et Toufik cherchaient une personnalité pour assurer une transition de six mois, le temps de préparer de vraies élections.
Plusieurs noms ont été avancés, avant qu'ils ne s'accordent sur celui de Liamine Zeroual .» Avec le reste du groupe, Louisa Hanoune avait été condamnée à 15 ans de prison, en première instance, avant de voir sa peine réduite à neuf mois, lors du procès en appel en février dernier. Cette peine correspondait à la période de détention quelle avait purgée à la prison civile de Blida.
Depuis février, beaucoup de choses ont changé aussi pour les détenus qui ont vu leur peine confirmée. Au cours de la semaine écoulée, l'avocat du général Toufik a confirmé au journal saoudien El Chark El Awsat que son client ne se trouvait plus à la prison militaire de Blida depuis un moment.
Ce dernier, dit-il, « est en convalescence dans une structure hospitalière qui dépend de l'armée. Il y a été mené suite à une lourde intervention chirurgicale imposée par une chute survenue dans sa cellule ». Il y a eu, également, du nouveau pour l'ex-conseiller de Abdelaziz Bouteflika qui se trouve désormais inculpé dans une seconde affaire, liée à la corruption celle-là. Ce mardi, la chambre d'accusation a confirmé le mandat de dépôt prononcé à l'encontre de Saïd Bouteflika dans le dossier de l'ancien ministre de la Justice, Tayeb Louh.
Dans le milieu judiciaire, on affirme que le nom du mis en cause est également cité dans d'autres affaires qui se trouvent toujours en instruction. Un autre élément est également survenu dans ce dossier, puisque Khaled Nezzar, poursuivi dans le même cadre et condamné à vingt ans de prison par contumace, est désormais de retour au pays. L'ancien ministre de la Défense est rentré le 11 décembre. Il faisait l'objet d'un mandat d'arrêt international lancé par le tribunal militaire de Blida.
Si les circonstances ayant mené à son retour demeurent toujours entourées de flou, l'on sait, cependant, qu'il s'est présenté devant le tribunal militaire de Blida où il a fait opposition à la peine à laquelle il a été condamné. Le même tribunal a aussi décidé de le mettre en liberté après qu'il eut vidé son mandat de dépôt. Le 14 mai dernier, il avait été entendu en qualité de témoin, suite à la publication d'une lettre dans laquelle il relatait le contenu des discussions qu'il avait eues avec Saïd Bouteflika qui était prêt à « aller à l'état d'urgence ou l'état de siège » pour garder le pouvoir.
Khaled Nezzar sera-t-il pour autant présent au procès qui s'ouvrira aujourd'hui ' « S'il est présent, ce sera en qualité de témoin, expliquent des avocats contactés sur le sujet. Il a été condamné par contumace, cela veut dire que son affaire peut probablement faire l'objet d'un autre dossier, d'une autre audience programmée à part .»
Aujourd'hui, Saïd Bouteflika, les généraux Toufik, Tartag (ancien coordonnateur des services de sécurité à la présidence de la République) et Louisa Hanoune comparaîtront devant un tribunal constitué d'une nouvelle composante, totalement différente de celle qui a procédé à leur condamnation à 15 ans de prison pour « atteinte à l'autorité de l'armée » et « complot contre l'autorité de l'Etat ». Leurs avocats se disent optimistes.
A. C.
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