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NOUREDDINE TOUDJI, FRÈRE DU MARIN LIBERE PAR LES PIRATES : «C'est à bord d'un hélicoptère que Azzedine nous a contactés»



C'est par des mots saccadés et les traits tirés que le frère du marin du Blida, relâché mardi par les pirates, évoque les contacts avec l'ex-otage des pirates somaliens ainsi que sa libération et son hospitalisation à l'hôpital de Djibouti.
«Ammi Noureddine, vous ne viendrez plus désormais à Hydra», a déclaré hier sur un air de regret Faouzi Aït-Ramdane, fils du marin du même nom au frère de Toudji Azzedine, libéré lui par les pirates. «Non, tu te trompes ! Nous continuerons à se soutenir mutuellement jusqu'à ce que tous les nôtres soient relâchés», a toutefois répliqué Noureddine Toudji. Ce dernier, les traits tirés, épuisé par de longues nuits sans sommeil, se rappelle du fameux coup de téléphone de son frère reçu mardi soir. «Azzedine m'a appelé mardi soir, il m'a clairement annoncé qu'il avait été libéré par les pirates et qu'il se trouvait à bord d'un hélicoptère pour une destination inconnue. Il m'avait promis de me rappeler le lendemain pour me donner plus d'informations. Cette nouvelle a mis en émoi toute la famille. Nous étions préoccupés surtout par son état de santé», confie Noureddine Toudji, précisant que les membres de la famille avaient passé une nuit blanche. «Le mercredi matin, quand il nous a rappelés, il semblait se porter bien, il riait même. Notre mère était enfin rassurée», explique, soulagé, notre interlocuteur. Il confiera, cependant, avoir un moment de frayeur quand il n'a pas eu de réponse après avoir lui-même appelé son frère à l'hôpital aux environs de 21 heures ce mercredi soir. «Il faut savoir que nous étions sur des charbons ardents, mais lui-même a rappelé ce matin», dit, en souriant, notre interlocuteur. Ce dernier a précisé que son frère avait été relâché en compagnie d'un marin ukrainien parce qu'il avait souffert d'un malaise cardiaque. «Depuis, nous sommes rassurés sur son état de santé. Il a été hospitalisé à l'hôpital de Djibouti et il va bien, je lui ai parlé ce matin même. En plus des soins médicaux, il a reçu la visite d'un psychologue. Il sera à Alger dans les prochains jours, d'après ce qu'on nous a dit et il sortira aujourd'hui peut-être de l'hôpital», annonce Noureddine Toudji. Selon ce dernier, c'est un agent de l'affréteur jordanien Leadarrow qui s'occupera des formalités. Le marin libéré selon son frère a aussi assuré que les autres membres de l'équipage du vraquier se portaient bien. Il tiendra, cependant, à parler de son frère, de sa carrière dans la navigation de 33 ans. «C'était aussi un artiste, il occupait son temps libre durant les longues traversées en mer à confectionner des maquettes des navires sur lesquels il se trouvait. Sauf celui du Blida !» se rappelle Noureddine Toudji. L'enfant de Dellys a, en fait, passé la plupart de son temps au cours des trois dernières décennies en mer. Un lien hors du commun unit par ailleurs les familles des 17 marins du navire Blida retenus en otages en somalie. EIles se sont vues régulièrement au cours des dix derniers mois, ont partagé angoisse, solidarité, détermination et parfois désespoir. Mais jamais elles n'ont baissé les bras ni renoncé à la mobilisation «non-stop» pour réclamer la libération de leurs proches. «Nous sommes désormais une seule famille», tiennent-elles à préciser.
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