Qu'est-ce qui caractérise le mois de ramadan à Boufarik ' Sans hésitation aucune, la première réponse qui jaillit, spontanément, est la zlabia, cette friandise «nationale» qui a fait la réputation de la ville.Dans les faits, le quotidien des Boufarikois durant cette période de l'année est, certes, indissociable de la zlabia, mais il y a aussi l'animation, les encombrements et les désagréments. C'est que le marché de la ville attire bien du monde durant ce mois de jeûne. D'Ouled Yaïch, Khezrouna, Hammam Melouane, mais aussi d'Alger, de Tipasa, de Chlef et de Boumerdès, ils sont nombreux à venir ici s'approvisionner en fruits et légumes. Et pour cause, les prix pratiqués par les commerçants du marché de Zniket Laârab sont, de l'avis général, «très raisonnables».
Et cet afflux de visiteurs n'est pas sans créer des encombrements et des embouteillages dans les rues de la ville, au grand dam des habitants habitués au calme. Boufarik, durant le ramadan, c'est aussi l'ambiance dans les cafés après le f'tour. En l'absence de manifestations culturelles, les Boufarikois se rabattent sur les cafés maures où d'interminables parties de dominos et de belote ont lieu chaque soir. Bref, Boufarik, c'est aussi autre chose que la zlabia durant le carême. «Le mois sacré avait un goût à part à Boufarik. Il y a une grande différence entre le ramadan d'antan et celui d'aujourd'hui.» C'est avec ces mots empreints de nostalgie et d'émotion que âami Farouk, dit Moh El-Pompier, a tenu à commencer son témoignage sur le quotidien ramadanesque des Boufarikois par le passé. Les traditions se perdent. De l'avis de ce septuagénaire, les choses ont beaucoup changé. Ainsi, nombre de «bonnes traditions» ont malheureusement disparu au fil des années. «Avant, les familles échangeaient des visites tout au long du ramadan, c'était l'occasion de discuter, de rigoler... On attendait avec impatience l'arrivée de ce mois sacré.» Pour ce Boufarikois de souche, les soirées de ramadan étaient jadis très animées. «Après le f'tour, les gens venaient de partout pour acheter de la zlabia. Il faut dire qu'à l'époque, cette friandise était préparée uniquement ici et nulle part ailleurs. Je me souviens encore de ces interminables queues qui se formaient chaque soir devant le domicile des Aksil.»
Mais à cette animation, aâmi Farouk, aâmi Moh et leurs copains préféraient l'ambiance de Blida. «Il nous arrivait de nous y rendre presque quotidiennement à vélo ! Après le f'tour, on se rencontrait ici pour partir ensemble. C'était dans les années 1950, nous étions une bande de copains de 17, 18 ou 19 ans. Une fois à Blida, on s'amusait à fond, on allait partout, c'était vraiment formidable. On ne rentrait qu'aux dernières heures de la nuit, parfois on arrivait après le s'hour. Dans ces cas, on dormait directement. Toutefois, ceux qui travaillaient rentraient un peu plus tôt», se rappelle-t-il.
Ces souvenirs et tant d'autres encore, âami Farouk ne semble pas près de les oublier malgré le poids des ans. «C'était un autre monde vraiment, on profitait du moindre moment pour nous amuser, nous faire plaisir.»
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : R K
Source : www.infosoir.com