Blida - A la une

Nassima Chabane évoque le maître de l'andalous en mode fleuri



Nassima Chabane évoque le maître de l'andalous en mode fleuri
Lundi soir, à la salle El Mougar à Alger, Nassima Chabane s'est rappelée des souvenirs de ses débuts dans le chant arabo-andalous à Blida, aux côtés de Dahmane Benachour et de Hadj Medjber dans les années 1970.«J'ai eu la chance d'avoir deux maîtres. L'un était mon père, l'autre mon grand-père», a-t-elle confié face au public venu assister à une soirée hommage à Dahmane Benachour, organisée par l'Office national de la culture et de l'information (ONCI).Quatre membres du gouvernement ont fait le déplacement pour le concert : Hamid Grine, ministre de la Communication, Abdelmalek Boudiaf, ministre de la Santé, Boudjema Talai, ministre des Transports, et El Hadi Ould Ali, ministre de la Jeunesse et des Sports. «Je suis la fille de Dahmane Benachour. Il m'a éduquée et m'a appris la musique depuis ma tendre enfance.El Hadj Medjber, qui était le maître de Dahmane Benachour, m'a pris en charge sur le plan instrumental. Il m'a enseigné toutes les techniques du jeu d'instruments. Dahmane Benachour m'a fait l'apprentissage des secrets de l'art de la nouba classique. J'avoue que j'ai eu de la chance.Dans les années 1970, il y avait peu de voix féminines dans le chant andalous en Algérie, uniquement dans certaines villes comme Blida, Tlemcen, Constantine, Alger et Mostaganem. Aujourd'hui, les voix de femmes existent dans toutes les associations de musique andalouse», nous a déclaré Nassima Chabane avant le concert. Elle a évoqué ses autres maîtres tels que Hadj Hamou Djaïdir, Saddek Bejdaoui, Mohamed Bengergoura et Hadj Mahfoud. Elle s'est rappelée que Dahmane Benachour insistait pour qu'elle poursuive ses études alors qu'elle apprenait la musique à l'Association El Widadia (fondée à Blida en 1932).«J'étais une passionnée, je chantais tout le temps, testais l'acoustique partout. Déjà adolescente, j'ai appris toutes les noubates. J'ai chanté comme soliste dans plusieurs ensembles. J'ai fait le Conservatoire de Blida avant d'étudier le chant», a-t-elle précisé. Face au public, elle a insisté pour qu'un hommage soit toujours rendu aux maîtres du chant arabo-andalous. «Ils ont tout fait pour sauvegarder ce patrimoine culturel algérien surtout à l'époque coloniale.Chanter était une manière pour eux de protéger l'identité nationale algérienne. Ils ont assuré la transmission, à nous de continuer. Aujourd'hui, j'interprète la nouba partout en Algérie et à l'étranger. Dahmane Benachour était un sage, un vrai artiste, toujours souriant et affable», a-t-elle déclaré, avant d'entamer un tour de chant.Elle a débuté avec le mode hsine, l'un des préférés de Dahmane Benachour. Un mode fleuri et parfumé ! Muni d'un mandole que lui a offert le défunt maître, elle a enchaîné In karabou ah, Saraka el ghosnou kada mahnoubi, Charibna ou taba charbouna, Imechi ya rassoul puis le mkhiless Achiyatoun kain naha.Elle a repris en genre hawzi en interprétant Ya belarej (célèbre chanson de Fadéla Dziria), El Qalb bati Sali puis Rahet ghadbana. Elle a terminé le récital par un mdih que Dahmane Benachour interprétait souvent, Bismi El Ilah al aâdham. Abdelaziz, fils de Dahmane Benachour, accompagné la chanteuse au violon. Nassima Chabane a évoqué ses amies de l'association El Widadia, Radia Bouchama et Djida Lemdani. Elle a raconté quelques anecdotes sur le maître qui adorait circulait dans les rues de Blida à bord d'une mobylette avec la chichia stamboul sur la tête.Dahmane Benachour, Achour Abderrahmane de son vrai nom, est décédé en septembre 1976 à l'âge de 64 ans. Grâce à Chérif Bencherchali de l'association Al Adabia, le jeune Dahmane Benchaour pénôtre le monde fabuleux de la musique arabo-andalouse au début des années 1930. Il rencontre Hadj Medjber avec qui il perfectionne son art avant de rejoindre El Widadia de Mohamed Kheddaoui où il apprend l'art de la nouba aidé par Mahieddine Lakhal.Dans les années 1940, il rejoint l'orchestre de Mohamed Fakhardji avant de devenir l'un des meilleurs interprètes du style Hadri, après la maîtrise du aroubi et du hawzi. Ce soir, à la salle El Mougar, l'ONCI rend hommage au maître du Malouf, Mohamed Tahar El Fergani.
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Nom & prénom
email : *
Ville *
Pays : *
Profession :
Message : *
(Les champs * sont obligatores)