Blida - Revue de Presse

MOIS DU PATRIMOINE À BLIDA Vieux de trois siècles, Dar Azziza de Béni Tamou deviendra bientôt un musée


Publié le 06.05.2024 dans le Quotidien le soir d’Algérie
MOHAMED BELARBI

Débarrassé de ses indus occupants qui ont été relogés ailleurs, le palais Azziza ou Dar Bazziza, comme il plaît aux habitants de Béni Tamou à l’appeler car il se trouve dans leur commune depuis trois siècles, d’une superficie de 560 m2 et construit en 1700 par le dey El Hadj Mustapha pour sa fille unique Azziza, est en passe de devenir un musée, apprend-on auprès du directeur de la culture et des arts de Blida, Omar Manaa. Situé à 10 kilomètres au nord du chef-lieu de wilaya, ce palais avait, dès l’indépendance du pays, fait l’objet de convoitise par des familles qui l’avaient squatté et pour des besoins de séparation entre elles, elles avaient complètement modifié sa structure initiale, en érigeant des murs par-ci et d’autres par-là, ajoutant même des escaliers n’ayant jamais existé auparavant.

Tous ces changements à sa structure lui ont fait subir d’énormes dégradations. Même sa faïence d’origine, d’une valeur inestimable, a été abîmée, ce qui rend la restauration de ce joyau architectural un peu délicate, nécessitant un budget conséquent pour lui redonner son aspect initial.

Néanmoins, sa rénovation en vaut la peine vu sa beauté et surtout sa valeur historique sachant que Blida a été fondée au début du XVIe siècle mais ne possède pas beaucoup de vestiges de la période ottomane, lesquels ont disparu avec l’occupation française. Une fois transformé en musée, ce palais deviendra à coup sûr un pôle d’attraction pour les touristes aussi bien locaux qu’étrangers surtout que Blida a de belles choses à montrer, à travers lesquelles son histoire pourrait être revalorisée. Il est à noter que Dar Azziza est inscrite sur l’inventaire supplémentaire de la wilaya de Blida donc un monument historique de haute valeur culturelle.

Il importe de rappeler que Dar Azziza avait été utilisée comme prison durant la période coloniale. Elle sera transformée ensuite en caserne militaire avant de devenir, jusqu’à l’indépendance de l’Algérie, la résidence du parachutiste Lagarde.

M. B.