
Mohamed Melaika, le fils d'Oued El Alleug, près de Blida, aux côtés d'Ali Gheras et du défunt Brahim Belbahri, présentait le journal télévisé de 20 heures. Ce visage familier annonça en pleurs la mort de Boumediène en 1978 et animait souvent des tables rondes. Il fut aussi l'envoyé spécial de « l'Unique » à maintes conférences internationales du temps du « Raïs » et de son successeur Chadli qu'il accompagna dans des voyages, notamment en Belgique et au Mexique. Après Octobre 1988, il ne quitta pas l'ENTV où il passait, écrit-il, « davantage de temps qu'avec ses enfants ». Il échappa par chance à la mort quand s'écrasa l'avion des journalistes en mission au Vietnam. Il a côtoyé tous les directeurs de la télévision où il assuma diverses responsabilités dont celle de directeur général adjoint puis de conseiller.Voyage dans le tempsDans un petit livret qui vient de paraître aux éditions Anep, Melaika, le frère de Djelloul, l'homme qui s'occupait des mouvements de libération, relate quelques souvenirs personnels et professionnels. Il évoque sa scolarité au Maroc puis en Jordanie et en Egypte avant son retour au pays en 1969. Depuis son arrivée au 21, boulevard des Martyrs fin 1969 jusqu'à son départ à la retraite, il déroule, sans souci du détail ou des révélations fracassantes, le fil de sa mémoire. Hormis peut-être ces deux entretiens dont l'un avec Mohamed Benyhaia, impliqué dans l'affaire de Cap Sigli, qui ne furent jamais diffusés, point de scoop. On ne sent pas beaucoup d'acrimonie dans les propos même si l'homme fut « limogé » par Abdou B. en ces années dont il n'a pas oublié la dureté. L'une des 26 victimes du terrorisme au niveau de l'ENTV, Meriem Hamadi, était sa secrétaire. Il s'attarde aussi sur sa couverture des 29 assemblées générale de l'ONU depuis 1974. Elle fut présidée par Abdelaziz Bouteflika qui était alors le chef de la diplomatie algérienne qui lui demanda de prolonger sa mission à New York où il séjourna trois mois. Ils se retrouveront en 1999 où l'auteur parle d'une rencontre qui a duré de 10h du matin à 11h du soir ». (Page 31) Comme il l'écrit lui-même, « le journaliste était davantage un fonctionnaire de l'information ». Ce voyage dans le temps permet de découvrir que le métier avait plus d'influence, de rigueur et de tenue. Sous le parti unique, tout n'était pas noir ni blanc. Aux friands de révélations, il évoque le sabordage de la seconde chaîne, des rencontres avec Chadli et ce ministre qui lui reprocha d'avoir accordé une minute et à son collègue trois minutes. Il regrette aussi la restructuration de la RTA qui fut, selon lui, « une erreur ». Il n'a pas oublié une rencontre avec Chadli qui parlant du projet de la seconde chaîne reprocha aux dirigeants de l'ex-RTA « de ne pas pouvoir améliorer une seule chaîne et de songer à une autre ». Le témoignage de Melaika, l'un des rares sur la boîte magique de cette époque, se lit d'une traite. Beaucoup de collègues du journaliste (Laïd Benarous, Madani Ameur, Fethi Saïdi, Bouazzara et Soria Boumama qui avoue être son élève) et des responsables (Amimour, Rahabi) complètent le portrait d'un homme dont le parcours se confond avec une époque. Avec ses ombres et ses lumières.Hammoudi R.« Massar wa hiwar sora » de Mohamed Malaika 110 pages
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Horizons
Source : www.horizons-dz.com