Blida - A la une

Mais qui est Feraoun CTI '



Des dizaines de travailleurs de l'entreprise nationale maritime Cnan Group se sont rassemblés, hier matin, devant le ministère des Transports pour demander une audience auprès de Amar Tou, désespérés de se voir payer leurs arriérés de salaires qui remontent pour la plupart à plusieurs mois. Les protestataires qui comptent parmi eux des ex-otages du vraquier MV Blida, retenu en otage pendant près d'un an par des pirates somaliens, mais aussi des membres d'équipages d'autres navires marchands battant pavillon algérien, affirment être sans travail et sans salaire pour beaucoup d'entre eux depuis au moins trois ans, suite à la mise à l'arrêt de leurs navires respectifs dans différents ports du monde. Il est à signaler que les navires en question, restés en rade depuis 2008, sont sans équipage dans des ports en Grèce ou en Malaisie. La raison de cette mise à l'arrêt fait suite à un litige commercialo-financier entre l'armateur algérien International bulk carriers (IBC), filiale de Cnan Group, et son partenaire jordano-saoudien Feraoun CTI. L'audience tant désirée auprès du ministre des Transports n'a finalement pas eu lieu, mais les protestataires ont été reçus par le SG du département des transports. La rencontre avec le représentant de M. Tou n'a pas été fructueuse, selon un syndicaliste qui souligne que le «campement» devant le bâtiment du ministère se poursuivra jusqu'à l'aboutissement de leurs revendications. Blasés et très remontés contre leur employeur, les marins affirment qu'ils sont «otages» du conflit opposant Cnan Group à l'affréteur jordano-saoudien. Celui-ci a été vigoureusement dénoncé par les protestataires, l'accusant de leur avoir infligé une «torture morale» pendant de longs et éprouvants mois passés en mer, à bord de leurs navires. Ils affirment que l'affréteur est allé jusqu'à leur interdire de prendre contact avec leur employeur, Cnan Group, et même leurs familles. «En 2011, alors que nous avons accosté au nord de la Chine, l'affréteur nous a coupé l'électricité et les moyens de communication. Nous sommes restés pendant 8 mois sans avoir de nouvelles de nos proches, et sans possibilité de contacter notre employeur. Heureusement qu'il y avait les Chinois qui nous ont porté assistance et nous ont prêté de l'argent. Sinon, on aurait trépassé», témoigne avec amertume un ex-marin du Nedroma. Un autre marin témoigne que lui et ses camarades ont subi le même sort lors d'un séjour au Qatar. «J'ai dû moi-même gagner la terre ferme pour acheter de quoi manger», certifie-t-il. Pire, enchaîne un autre marin, un officier mécanicien qui a rejoint la Cnan en 1978, l'affréteur exerçait un chantage qui ne disait pas son nom contre les marins algériens, comme la fois où il leur avait préféré des Ukrainiens. «Vous imaginez : des marins ukrainiens sur un bateau algérien ' De plus, nous étions sanctionnés pour le moindre écart à l'encontre des Ukrainiens par ailleurs loin d'être des as en mécanique», souligne un marin. La logique du jordano-saoudien était implacable. L'un des marins la résume en ces mots : «Quand un marin algérien n'est plus rentable, il est tout de suite et sans ménagement expédié.» «Beaucoup de gens ne mesurent pas la dureté de notre travail. Nous devions braver les conditions climatiques les plus extrêmes, comme par exemple naviguer sous des températures de -50 degrés ou de 59 °C. Aussi, nous étions amenés à subir le décalage horaire», relate l'un des marins. En plus des conditions climatiques hostiles, les marins étaient en contact direct avec des produits dangereux sans la moindre protection. Là encore, la responsabilité de l'affréteur est amplement engagée. «Ils (les responsable de la société Feraoun CTI, Ndlr) négligeaient royalement notre sécurité, notamment durant la phase de chargement des marchandises», s'offusque cet autre marin. Mais qui est donc la société Feraoun CTI, pourquoi défie-t-elle l'Etat algérien ' L'Etat est interpellé.Y. D.
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