Créer un parti politique qui rassemble toutes les tendances et, par ricochet tous les Algériens, est en quelque sorte une hypocrisie qui ne dit pas son nom.
C'est à partir de cette idée que la secrétaire générale du Parti des travailleurs s'est attaquée, hier à Blida, lors du deuxième jour de l'université d'été de son parti, à la nouvelle formation politique de l'ex-ministre des Travaux publics. Sans la nommer implicitement, elle estime que le projet de Amar Ghoul «est une flagrante violation de l'éthique politique». «Il faut s'attendre, sur la scène politique, à de nouveaux partis un peu drôles où le mélange des tendances est la principale caractéristique. Une formation politique peut-elle rassembler les islamistes, les socialistes, les démocrates et les libéraux à la fois ' C'est grave et cela n'est qu'une preuve de la dégradation de la pratique politique chez nous. Un parti doit avoir une ligne bien claire et un projet de société bien défini, sinon ce sera la politique du patchwork», a-t-elle déclaré. Pour l'oratrice, ceux qui prétendent rassembler tout le monde n'ont finalement qu'un seul souci : régler leurs propres affaires personnelles au détriment d'une activité politique digne de ce nom. «Cela créera, sans doute, une grave crise entre le citoyen et le paysage politique. C'est une manière aussi de discréditer les partis ayant une représentativité au sein de la société.» Critiquant justement le paysage politique de l'Algérie, Mme Hanoune a appelé, à partir de Blida, à élire une Assemblée constituante afin de préparer une nouvelle Constitution et élire une APN «plus représentative et plus crédible».
L'économie algérienne en débat
«Face à la crise actuelle qui secoue les économies du monde et face aux redéploiements géostratégiques et aux agressions qui frappent à nos portes, nous devons travailler à ériger une économie forte et la protéger des ingérences et influences négatives», a déclaré Mme Hanoune au cours de la même journée. Brossant un triste tableau de l'économie et de l'impasse à laquelle elle est arrivée, elle appelle à la reconstruction du tissu économique en privilégiant la production nationale et en stoppant l'hémorragie qui continue de frapper de plein fouet notre appareil économique. Elle a critiqué les tenants de la politique d'ouverture tous azimuts, basée sur l'importation à outrance, en ligotant notre économie aux multinationales et aux sociétés étrangères. «Ce que l'Algérie avait réalisé a été entièrement dilapidé durant la mise en 'uvre du plan d'ajustement structurel des accords avec le FMI. Il est temps de revenir à la production locale en encourageant les opérateurs nationaux par la levée des obstacles et la création d'emplois et de richesse», a-t-elle insisté.
La nécessité de réviser l'Accord avec l'UE
Pour sa part, Ramdane Youcef Tazibt, membre de la direction et député du PT, s'est déclaré pour une remise en cause de l'Accord d'association avec l'Union européenne qui, selon lui, n'a plus de sens, dans la mesure où l'économie est extravertie et faible. «Depuis 2005 à nos jours, l'Algérie a perdu plus de 5 milliards de dollars rien qu'en taxes et tarifs douaniers, ainsi que 460 000 emplois», a-t-il déclaré en tirant la sonnette d'alarme.
De son côté, Salim Sidi Moussa, député de Blida, a déploré la dépendance en agroalimentaire pour un pays ayant notamment une vocation agricole et des capacités et d'énormes opportunités d'investissement. «Le moment est venu de mettre en place une vraie stratégie visant à assurer notre sécurité alimentaire», a-t-il appelé. Les travaux de l'université d'été du PT, qui se déroulent à l'école de Sonelgaz à Blida, regroupent plus de 700 militants et vont se poursuivre jusqu'à demain.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Brahim B M Benzerg
Source : www.elwatan.com