«Dites-vous bien que quand un mauvais coup se mijote, il y a toujours une République à sauver.» Le Président (1961) d'Henri VerneuilDepuis quelques jours, on assiste à une activité anormale de certains ministres sur le terrain. Ces activités se veulent comme le dernier baroud d'honneur de quelques ministres en vue d'un éventuel remaniement après le Ramadhan. Mais au-delà de l'activité des ministres, il existe un phénomène audiovisuel qui n'existe nulle part ailleurs, c'est la présence visible, silencieuse et «au garde-à-vous» des walis à chaque intervention d'un ministre à la Télévision nationale. C'est devenu même un rituel et une culture prônée par chaque wali pour être visible dans sa wilaya. Un wali ne s'exprime pas devant une caméra de l'Entv, par réserve, mais surtout par correction face à un ministre en visite dans sa région. Car c'est essentiellement pour afficher sa présence sur le terrain qu'un wali est filmé aux cotés des ministres. Et un wali qui n'apparaît pas dans un reportage d'une visite d'un ministre est perçu parfois comme «un abandon de poste» d'un fonctionnaire de la République. Alors à quoi servirait qu'un wali soit visible dans le cadre d'une interview lors d'un entretien avec un ministre. Cette pratique ne date pas d'aujourd'hui, elle est en vigueur depuis des années sur l'ex-Unique. A un certain moment, quand l'ex-wali de Blida, Bouricha avait été accusé de corruption, le DG de l'Entv de l'époque avait interdit aux journalistes de filmer les walis et surtout reçu l'instruction d'éviter qu'ils soient filmés à côté des ministres. Mais quelques mois plus tard et quelques appels téléphoniques de plus, cette pratique a été remise dans les habitudes cathodiques de la République. Il ne faut pas oublier que le JT de 20 h est avant tout la messe des responsables algériens, c'est le quotidien Moudjahid avec un écran. Il est considéré pour le wali comme le passage obligé de l'élève au tableau. S'il fait bonne figure, il sera récompensé par une bonne note à la fin de l'année. C'est pourquoi, il est important pour le ministre d'apparaître sur les sujets du JT de 20 h. Un ministre ne voyage pas dans une wilaya avant que sa cellule de communication ne soit sûre, que l'équipe de l'Entv fera bien partie du cortège. Un ministre a dû retarder sa visite de quatre heures parce que l'équipe de l' Entv n'est pas arrivée à l'heure. Et un ministre dont le sujet n'est pas diffusé à 20 h et dont le sujet ne dépasse pas 1mn 30 ou dont le sujet est diffusé sur le JT de 13 h, peut provoquer des colères et engendrer des appels pour le DG et le directeur de l'information au niveau du 21 boulevard des Martyrs. Pour les différents walis, la Télévision publique algérienne est plus importante que les télévisions privées. Vaut mieux être critiqué par Ennahar TV que par la Télévision publique, affirmait un responsable à l'ex-Unique. La critique d'un wali dans un sujet au JT de 20 heures signifie indéniablement la fin de carrière du wali en question. C'est pourquoi, le wali a installé un téléphone rouge qui le met en direct avec la direction de l'information de l' Entv, pour éviter tout glissement et surtout toute critique de sa gestion dans la wilaya. Ainsi va la gestion de la République à la télévision.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Amira SOLTANE
Source : www.lexpressiondz.com