Blida

Les victimes présumées maintiennent leurs accusations devant la commission d'enquête Harcèlement sexuel subi par des lycéennes à Blida



Les victimes présumées maintiennent leurs accusations devant la commission d'enquête Harcèlement sexuel subi par des lycéennes à Blida
Nombreux ont été les enseignants, les travailleurs de l'éducation, les parents d'élèves et les représentants de diverses associations à tenir, hier, un rassemblement devant la Direction de l'éducation de Blida pour dénoncer le silence des autorités concernées et saluer le courage des élèves mineures, victimes présumées de harcèlement sexuel de la part de leur directeur, pendant qu'une commission ministérielle entamait son enquête.
La mobilisation acharnée des élèves concernées, de leurs parents, de leurs enseignants et du Conseil national autonome des professeurs de l'enseignement secondaire et technique (Cnapest) de Blida a fini par faire réagir les autorités concernées.
Une commission ministérielle a été dépêchée hier au lycée Ibn Khaldoun, à Bouinan, wilaya de Blida, afin d'enquêter sur l'affaire de harcèlement sexuel présumé de la part du directeur de l'établissement et d'un adjoint de l'éducation à l'encontre de cinq lycéennes mineures.
Selon le secrétaire général de la Direction de l'éducation, Mohamed Achit, la commission a écouté les élèves ayant témoigné avoir subi un harcèlement sexuel. L'enquête se poursuivra aujourd'hui, d'autres personnes, des élèves, des enseignants et des adjoints de l'éducation doivent également être auditionnés à «la recherche de preuves confirmant les propos des jeunes filles». Pointée du doigt par les parents d'élèves et le Cnapest, la Direction de l'éducation a apporté hier des explications.
Selon M. Achit, la direction a procédé hier à une suspension préventive du directeur et de l'adjoint de l'éducation accusés et ce, jusqu'aux conclusions de l'enquête. Le secrétaire général de l'académie de Blida a, également, démenti l'annulation du blâme infligé au directeur. «Il faut au moins une année pour qu'un blâme soit annulé, or il ne date que de quelques jours», a-t-il indiqué. Quant au motif du blâme, M. Achit explique que cette sanction «est venue en réponse aux accusations dont fait l'objet le directeur et avait pour but d'apaiser les tensions des parties plaignantes» et précédait donc toute enquête préalable.
Des réserves sur la commission d'enquête
Entendues par les membres de la commission ministérielle, composée d'un inspecteur de la Direction de l'éducation de Blida et d'un inspecteur désigné par le ministère, les élèves concernées ont maintenu leurs déclarations. Les parents d'élèves ainsi que le Cnapest dénoncent la façon de faire des membres de la commission. Smaïl Bendhid, représentant du Cnapest Blida, qui accompagne les victimes présumées et leur parents dans leur démarche, regrette que les jeunes filles mineures aient été auditionnées seules, sans la présence d'un tuteur et, surtout, uniquement par des hommes. «Les jeunes élèves concernées auraient souhaité la présence d'une femme au sein de la commission.
Elles étaient gênées d'aborder certains détails avec des hommes. Aussi, des informations recueillies auprès d'elles font état de pressions exercées sur elles pour qu'elles changent de position et modifient leurs déclarations», a-t-il indiqué. Selon des informations collectées auprès de personnes proches de l'affaire, les membres de la commission auraient même dit aux filles que de tels actes «n'étaient pas si graves».
De ce fait, la Fédération des parents d'élèves ainsi que la Cnapest émettent des réserves quant au professionnalisme de la commission ministérielle. «L'inspecteur de la Direction de l'éducation de Blida est connu pour être un ami du directeur du lycée Ibn Khaldoun. Il a déjà enquêté sur de multiples affaires sans qu'elles aboutissent», a indiqué M. Bendhid.
«Nous demandons une commission indépendante dont les membres sont étrangers à la wilaya et qui comporte au moins une inspectrice», a-t-il déclaré, tout en se félicitant de l'élan de solidarité autour des victimes présumées. En effet, à l'appel du Cnapest, un important rassemblant d'enseignants des trois paliers, d'élèves, de syndicalistes et de présidents de différentes associations, s'est tenu hier matin devant la Direction de l'éducation pour exiger des mesures concrètes et rapides en faveur des élèves victimes présumées de harcèlement sexuel.
En attendant les résultats de l'enquête du ministère de l'Education nationale, les parents d'élèves ont saisi la justice en déposant une plainte contre le directeur du lycée Ibn Khaldoun et un de ses adjoints pour harcèlement sexuel contre au moins cinq élèves mineures.
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