Blida - A la une

Les spécialistes vont ailleurs



Réalité - Les diplômés en pharmacie n'accordent aucun intérêt à exercer dans des officines et préfèrent plutôt travailler dans différents laboratoires pharmaceutiques en tant que délégués médicaux.
Les salaires mirobolants et les autres avantages de ce nouveau métier ne laissent pas les diplômés indifférents et ils n'hésitent pas à tourner le dos à la vente dans des officines. «Les laboratoires étrangers offrent des véhicules de service, des salaires de cadres en sus de pourcentage sur les ventes réalisées.
Il est tout à fait normal que nous travaillions pour ces laboratoires, d'autant plus que dans les pharmacies nous ne percevons que des salaires dérisoires», affirment des jeunes diplômés en pharmacie. «Vous voyez qu'à 26 ans, j'ai pu acheter une voiture neuve et j'ai entamé les démarches pour bénéficier d'un crédit bancaire afin d'acheter un logement. Si je me contentais du travail de vendeur, je passerais toute ma vie sans rien faire. Il faut être pragmatique dans la vie et Dieu merci, cette profession de délégué médical est un vrai trésor», se félicite Hakim, qui a obtenu son diplôme en 2011. «Nous voulons aussi progresser dans notre vie professionnelle. Les laboratoires pharmaceutiques étrangers nous offrent des formations et des voyages à l'étranger. Il suffit d'être sérieux pour gravir rapidement les échelons et aspirer même à un poste d'emploi supérieur avec une rémunération qui dépasse celle des hauts cadres de l'Etat», intervient Samir, un autre délégué médical. Il faut dire que les laboratoires recrutent en masse et tentent d'élargir au maximum leurs réseaux d'activité sur le territoire national. Les annonces d'embauche sont publiées quotidiennement dans des organes de la presse nationale et des sites électroniques spécialisés, ce qui renseigne, on ne peut plus clairement, sur les besoins sans cesse croissants des opportunités de travail dans ce domaine. En raison de l'insuffisance du nombre de spécialistes, ces boîtes étrangères recrutent même des médecins généralistes, des vétérinaires et des chirurgiens-dentistes. «Le plus important est que la personne recrutée dispose de connaissances de base. Nous leur dispensons des formations de courte durée et puis ils entament leur travail. Ce créneau est bénéfique aussi bien aux laboratoires de fabrication de médicaments qu'aux jeunes diplômés», souligne Abderrahmane, cadre dans un laboratoire étranger. Cette situation contraint les propriétaires de pharmacies à employer des jeunes diplômés généralement en paramédical, issus des nombreuses écoles publiques et privées, afin de garantir la pérennité de leur activité. «Il est vrai qu'on préfère des pharmaciens de formation, mais Allah Ghaleb, on fonctionne avec la réalité du marché de l'emploi en Algérie. Nous essayons de contrôler ces jeunes, mais parfois, avec la forte demande, il peut y avoir des erreurs», avoue le propriétaire d'une officine à Bab Essebt, à Blida. Pour notre interlocuteur, l'activité de vendeur en pharmacie doit avant tout «être une passion de service public, mais malheureusement nos jeunes courent seulement derrière le côté lucratif».
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