Blida - Revue de Presse

Les hommes de religion dans l'embarras



Les avis ne divergent pas sur la légalité ou pas de l’usure, mais plutôt sur les cas susceptibles de faire d’objet d’exception par exemple les projets Ansej.  Fares Mesdour, professeur à l’université de Blida et spécialiste en économie islamique explique à El Watan Economie que «Dieu n’autorise pas le Riba mais autorise le commerce et la ligne qui sépare les deux est très fine».
Quid des projets Ansej. Saïd Bouizri, professeur en droit et charia à l’université Mouloud Mammeri de Tizi Ouzou souligne que «ces projets comportent des taux d’intérêt, ils sont donc illicites quel que soit leur niveau élevé ou bas». Selon lui, cette façon de faire a tendance à «exclure beaucoup de jeunes qui ne veulent pas aller à l’encontre de la charia», même si reconnaît-il, «ils ne sont pas tous aussi concernés, certains ne prennent même pas la peine de demander l’avis des hommes de religion». Ceci dit, ajoute-t-il, «dans la loi islamique, il y a une règle générale, mais il y a aussi des exceptions qui confirment cette règle» et dans ce cadre, «le recours à ces projets peut être autorisé en cas d’extrême nécessité. Quelqu’un qui est dans le besoin et contraint, peut recourir au crédit quelque soit le taux d’intérêt. De même, un jeune chômeur qui cherche du travail depuis des années et qui n’a trouvé aucune autre issue peut éventuellement recourir à l’Ansej». M. Bouizri en veut pour preuve le verset 173 de Sourat Al Baqara qui dit : «Celui qui par nécessité, sans qu’il soit rebelle ou transgresseur, ne commet aucun péché». En d’autres termes, la nécessité autorise l’exception et c’est «l’Etat qui endosse la responsabilité devant Dieu» parce qu’il n’offre pas d’autres solutions ! Le professeur Mesdour se montre quant à lui moins conciliant en traitant de «menteurs» tous ceux qui prétendent qu’un taux d’intérêt peut être autorisé s’il est faible. «Le Coran est clair en la matière. Il dit : ‘Si vous vous repentez, vous aurez vos capitaux’ (Sourat Al Baqara. Verset 279), c’est-à-dire que tout surplus, tout crédit qui engendre un bénéfice est de l’usure», précise-t-il. Certes, «un Moufti peut émettre une fetwa dans un cas vraiment spécifique de quelqu’un qui aurait frappé à toutes les portes sans avoir d’autre issue que d’emprunter avec intérêt, à condition toutefois qu’elle ne soit pas généralisée», précise-t-il. Il se demande dans la foulée si «réellement un jeune qui veut faire un projet de 5 millions de dinars peut être considéré comme étant contraint». Selon lui, «celui qui est vraiment dans la nécessité peut accepter n’importe quel travail», plutôt que de recourir à un crédit.

 
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