La joie et le soulagement se sont installés au sein des familles des ex-otages du cargo MV Blida qui nous ont néanmoins fait part du manque d'information de la part des autorités officielles. Le porte-parole du ministère des AE a soutenu que l'Algérie n'a eu à payer pour cela aucune rançon aux pirates somaliens.
C'est la fin du cauchemar.» C'est ainsi que Faouzi Aït Ramdane, fils du mécanicien du MV Blida, qualifie la libération des otages algériens. La nouvelle a été annoncée à trois jours de l'Aïd El Adha. Les familles, proches et amis des marins poussent un soupir de soulagement après une longue attente. Cris de joie et larmes aux yeux, les membres de la famille Aït Ramdane vivent un moment inoubliable, relate l'un de ses fils. Dorénavant, Mme Achour n'aura plus à inventer des arguments pour expliquer à son fils les raisons de l'absence de son père. Ce dernier est sain et sauf ; il reviendra dans quelques jours. A présent, les familles sont rassurées. Mais elles ne savent toujours pas quand les marins arriveront chez eux'
Les déclarations officielles se limitent à la confirmation de leur libération. Le vraquier MV Blida mettra trois jours avant d'accoster au port de Mombasa au Kenya, à compter du jour de la libération (jeudi dernier). Mme Hannouche, qui devait passer la fête de l'Aïd à Alger chez ses beaux-parents, retourne à Tizi Ouzou. Elle était en route vers la capitale quand son mari l'a appelée au téléphone. «J'ai alors décidé de fêter l'Aïd chez moi et d'attendre, avec mes enfants, mon époux.»
Les marins algériens vont-ils arriver le jour de l'Aïd '
«Les otages devaient être rapatriés rapidement», indique Amar Belani, porte-parole du ministère des Affaires étrangères. Pour sa part, M. Mansouri, directeur général d'International Bulk Carriers (IBC), armateur du MV Blida, a déclaré à l'APS que les marins algériens devraient être rapatriés la semaine prochaine. Mais aucune des deux sources n'a précisé le jour de leur arrivée. Toutefois, une chose est sûre : les marins sont hors de danger. «D'après M. Mansouri, le bateau est loin de la zone dangereuse. Il est en haute mer, mais nous n'avons aucun contact avec eux. C'est la femme d'un officier qui nous a annoncé la nouvelle», déclare joyeusement Faouzi. Cela fait 16 mois qu'il n'a pas vu son père.
Dix longs et sombres mois auxquels s'ajoutent 6 mois d'absence due au travail. Le fardeau est très lourd pour Faouzi, qui prend en charge sa famille en l'absence de son père. Etudiant en fin de cycle en lettres françaises, Faouzi a abandonné ses études pour consacrer son temps à la libération de son père : sit-in diurnes et nocturnes. Pour le reste de son temps, Faouzi travaille pour venir en aide à sa famille. Ses efforts et ceux des membres des familles des otages ont enfin eu l'écho escompté.
L'Algérie n'a pas payé de rançon aux pirates somaliens
L'Algérie n'a pas versé de rançon aux pirates somaliens qui ont détenu, pendant dix mois, des marins algériens dont le rapatriement est attendu cette semaine. En réaction à certains magazines en ligne évoquant le versement de rançon pour la libération des otages du MV Blida, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Amar Belani, souligne que la position de l'Algérie vis-à-vis du payement de rançons demeure la même : «L'Algérie a une position doctrinale qui a été réaffirmée à de nombreuses reprises et de la manière la plus solennelle.» «L'Algérie ne verse pas de rançons», a-t-il insisté dans une déclaration rapportée hier par l'APS, tout en rappelant que l'Algérie «condamne fermement cette pratique (payement de rançon) qu'elle soit le fait des Etats ou d'organismes publics ou privés».
De son côté, Nacerddine Mansouri, directeur général d'International Bulk Carriers (IBC), armateur du MV Blida, a abondé dans le même sens, dans une déclaration à l'APS, réaffirmant qu'«aucune rançon n'a été payée aux pirates pour la libération des marins algériens». Et de préciser : «La position de l'Algérie à ce propos est ferme et sans équivoque et nous l'appliquons.»
«Depuis l'adoption de la résolution 1904 du Conseil de sécurité, nous poursuivons inlassablement nos efforts avec certains de nos partenaires au sein des Nations unies pour criminaliser, de manière effective, le paiement des rançons», poursuit Amar Belani, précisant que le versement des rançons «constitue une des sources principales du financement du terrorisme et du crime organisé».
L'Algérie a été à l'origine de l'initiative de l'incrimination juridique du payement de rançons. Il convient de rappeler que le vraquier battant pavillon algérien MV Blida a été victime, le 1er janvier 2011, d'un acte de piraterie en haute mer, alors qu'il se dirigeait vers le port de Mombasa, au Kenya. Le navire avait à son bord un équipage de 27 membres, dont 17 de nationalité algérienne. Deux marins, un Algérien et un Ukrainien, ont déjà été libérés le 12 octobre dernier.
-
Votre commentaire
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Djedjiga Rahmani
Source : www.elwatan.com