Elles étaient en effet une dizaine, venues pour certaines de l'intérieur du pays, à se préparer à camper devant les portes de l'armateur du vraquier MV Blida. L'équipage du bateau, dont 17 Algériens, est-il besoin de le rappeler, est retenu en otage par des pirates somaliens depuis le 1er janvier dernier. Depuis, leurs proches n'ont pas ménagé leurs efforts afin que les hommes ne soient pas abandonnés à leur sort.
Et face au mutisme des parties concernées, autorités et entreprises maritimes, leurs épouses n'ont d'autre choix que d'investir la rue. «Nous avons frappé à toutes les portes, mais en vain. Pour nous faire entendre, nous sommes obligés d'en arriver là !» s'indignent-elles. Et ce n'est pas une mince affaire pour ces familles, des femmes et des enfants pour la plupart, que de s'exposer ainsi à une foultitude d'affres, des aléas climatiques aux coups des forces de l'ordre, si ce n'est même pire. Dans l'après-midi d'hier, les manifestants ne savaient toujours pas s'ils seraient autorisés à mettre leur plan à exécution. «Les employés sont tous partis, et personne ne nous a, ne serait-ce un instant, adressé la parole. De même, personne n'est venu s'enquérir de notre situation», dénonce Fawzi Aït Remdane, fils de l'un des otages. «Des femmes obligées de dormir dans la rue, et ce, dans le but d'avoir des nouvelles de leurs maris… Est-ce normal '» s'interroge M. Achour.
Car la situation des marins n'augure rien de bon. «Il fait plus de 50° sur la passerelle, où ils sont parqués. Ils n'ont pas d'eau potable à leur disposition. Les pirates leur donnent de l'eau salée. Ils sont malades», relate-t-il. «L'issue inévitable n'est apparemment pas leur libération, mais la mort de l'un d'entre eux», prédit, pessimiste, M. Achour. «Les contacts avec les parties concernées infructueux» Pour ce qui est de l'état d'avancement des négociations, les proches des prisonniers affirment n'avoir aucune information. Et ce n'est pourtant pas faute d'avoir essayé. «Nous avons des contacts réguliers avec l'armateur, ainsi qu'avec le ministère des Affaires étrangères. De même, nous avons tenté d'établir le contact avec le ministère des Transports», énumère M. Achour. Toutefois, «rien n'a vraiment été fructueux. Car ils arguent tous qu'il revient à l'affréteur de négocier avec les ravisseurs et de prendre en charge leurs revendications», poursuit-il. Raison pour laquelle les proches des marins ont tenté, à maintes reprises, de prendre attache avec la partie jordanienne.
«Cela a été très prometteur du côté de l'ambassade de Jordanie à Alger. Ils nous ont promis de faire le point avec le gouvernement et l'affréteur en question. D'autant plus que l'un de leurs ressortissants faisait partie lui aussi de l'équipage», explique M. Achour. Quant aux contacts avec l'affréteur, Lead Arrow, «ils n'apportent pas grand-chose de nouveau». «Nous leur écrivons régulièrement pour leur faire part de notre détresse. Leur dernière réponse date de la semaine dernière. Le responsable nous y affirmait que les négociations allaient bon train», raconte-t-il.
Et toujours selon cette missive, les tractations «sont positives». Ce à quoi les familles des marins ne croient plus.
-
Votre commentaire
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Posté par : sofiane
Ecrit par : Ghania Lassal
Source : www.elwatan.com