Blida - A la une

Les deux "collèges" de la production nationale



Les deux
L'huile d'olive, la datte et la figue sèche de Ben-Maouche sont déjà sur les starting-blocksL'électronique réussira-t-elle le «miracle» de l'agroalimentaire' La réponse pourrait être positive, dans le cas d'un soutien volontariste de l'Etat à cette filière.
La tarification douanière a le triple avantage de protéger la production nationale, réduire les dépenses en devises et renflouer les caisses de l'Etat. En la matière, la loi de finances 2018 a identifié 129 sous-positions tarifaires soumises à deux régimes de taxation, à 30% et 60%. Pour les catégories de produits finis, les plus fortement taxés à l'importation, la mesure semble compréhensible. Elle concerne principalement des produits fabriqués localement et surtout entrant dans la dynamique d'intégration de toute une filière, à l'image des produits de robinetterie et autres qui participent depuis quelques années au financement national à presque 100% dans le bâtiment. Il faut dire que le volontarisme du gouvernement dans l'industrie du bâtiment a permis la naissance et la valorisation d'un certain nombre de segments, apportant ainsi une plus-value certaine au bâtiment. Cette logique de soutien sera maintenue l'année prochaine, au même titre d'ailleurs que pour l'agroalimentaire dont de nombreuses sous-positions tarifaires sont taxées à 60%, à l'image de toute préparation à base de datte ou encore les boissons gazéifiées. Il faut dire sur cette filière qui a damé le pion aux importations, sans que l'Etat n'ait eu besoin de la soutenir, a un indice d'employabilité le plus fort de la sphère productive nationale et mérite d'être fortement soutenue par des mesures fortes, à l'effet de favoriser une plus grande intégration au sein de la filière. Jusque-là, la quasi-totalité des intrants de l'agro-industrie est importée. La naissance récemment d'un pôle agro-industriel dans le bassin de production de Blida annonce justement cette perspective. En attendant, le gouvernement semble décidé à renouveler et même renforcer la protection de cette filière qui donne quelques signes d'essoufflement en rapport avec la crise financière. Mais la véritable mission assignée aux producteurs nationaux consiste à aller à l'international pour placer le produit algérien. L'huile d'olive, la datte et la figue sèche de Béni Maouche sont déjà sur les startings-blocks. Cela pour la tarification à 60%. Pour ce qui concerne le régime à 30%, on retrouve pas moins de 96 sous-positions tarifaires, en d'autres termes les deux tiers des produits soumis à la taxe douanière. L'électronique et la fabrication mécanique occupent l'essentiel de la liste confectionnée par les services des douanes. Si pour de nombreux produits, le niveau tarifaire pourrait être jugé correct, en raison d'une production nationale, certes existante, mais pas encore «imposante», pour d'autres, par contre, les professionnels nationaux sont en droit de se poser des questions.
Dans l'électronique, par exemple, et compte tenu de l'importance des investissements consentis dans la fabrication de tablettes et de smartphones, il aurait été plus efficace de réserver un régime spécial à ces produits qui, en plus d'être assemblés en Algérie avec des taux d'intégration variables, mais effectifs, il font l'objet d'une intéressante concurrence à l'interne. Pas moins de six grandes entreprises ont investi le créneau et alimentent le marché national avec des produits sortis d'usines algériennes. Une tarification spécifique en fonction du taux d'intégration aura l'effet «d'exciter» la filière et booster la production nationale. Surtout que les importations d'appareils téléphoniques ont coûté au Trésor public près d'un milliard de dollars en 2016. Ce chiffre illustre le poids financier d'une filière qui commence à trouver ses marques en Algérie, à travers les annonces d'installation de nombreuses marques étrangères. L'électronique réussira-t-il le «miracle» de l'agroalimentaire' La réponse pourrait être positive, dans le cas d'un soutien volontariste de l'Etat à cette filière.
La même remarque concerne la fabrication mécanique, notamment celle des remorques de camions et autres engins, dont les importations sont soumises à une taxe de 30%. Ces sous-produits, comme d'autres, auraient gagné à faire «bande à part» dans l'agenda du gouvernement, pour le dynamisme dont elles font montre, ces dernières années.
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