
Une telle catégorie de joueurs devrait contribuer à élever le niveau du championnat, ce qui n'est pas le cas.«46% des 28 joueurs étrangers évoluant en Algérie n'ont pas plus de 50% de temps de jeu».C'est la révélation faite par Mohamed Raouraoua, président de la Fédération algérienne de football lors de la conférence de presse qu'il a animée samedi dernier. Un constat qui donne du poids à la décision de cette même Fédération d'interdire tout recrutement de joueurs étrangers.Le problème de cette catégorie de joueurs était posé depuis de nombreuses années. En l'absence d'une règlementation stricte, les clubs ont fait ce qu'ils voulaient et ont ramené dans le football algérien des joueurs qui, il faut l'avouer, n'ont pas apporté grand-chose à ce sport.Des années 1990, quand les premiers joueurs étrangers ont commencé à faire leur apparition dans les championnats de football algérien (en réalité il y en avait eu avant, comme les Tunisiens de l'USM Bel Abbès, mais dans une proportion infime) à nos jours, rares ont été ceux qui ont marqué de leur empreinte leur passage chez nous. D'ailleurs, même ceux qui avaient pu être transférés par la suite en Europe n'avaient pu s'y faire un nom. Pris dans le jeu de certains agents soucieux de placer leurs éléments, les clubs algériens ont recruté des joueurs étrangers comme s'il s'agissait d'une obligation. Il faut dire que la pauvreté de la formation en Algérie a fait que les joueurs algériens de bonne qualité ont largement fait défaut et ajouté à l'obsession des présidents de clubs à vouloir coûte que coûte avoir des étrangers dans leurs équipes. Aujourd'hui, à défaut de pouvoir ramener de tels éléments, ces mêmes présidents se tournent vers les joueurs de l'émigration algérienne dont la particularité est d'avoir évolué dans les divisions les plus inférieures des championnats européens.Ce plus qui ne vient pasD'une manière générale, comme pour tout métier, si on ramène un étranger, c'est parce qu'au niveau local, on n'a pas pu trouver la perle rare qui manquait. Une joueur de cette catégorie est censé amener le plus qui manque à une équipe, et par voie de conséquence, au football algérien. Cela a rarement été le cas chez nous.La révélation du président de la FAF enfonce encore plus ces clubs qui se permettent de tout faire pour ramener des joueurs étrangers pour ne pas les utiliser ou d'une manière très irrégulière. Cela démontre que ces recrutements se font, le plus souvent, sur des on-dit par des présidents qui ne consultent pas leurs entraîneurs. Une fois enrôlé, on s'aperçoit que le joueur est loin de justifier sa réputation, et qu'en réalité, il n'est qu'un joueur moyen pas plus fort que la plupart des joueurs algériens. L'affaire serait moins grave si ces joueurs étaient payés régulièrement. Ce n'est pas du tout le cas. D'abord, quand il est payé, ce joueur l'est en dinars algériens, d'où l'obligation pour lui d'aller vers les marchés parallèles de devises afin de changer son argent.Il doit, par la suite, songer à transférer ces sommes en devises vers son pays d'origine, et le plus souvent, il doit le faire d'une manière illégale puisqu'il ne déclare rien aux douanes algériennes lors du passage au poste frontière (aéroport le plus souvent). En somme, ces clubs poussent leurs joueurs à frauder la législation algérienne en matière de change et de transfert de fonds.Souvenez-vous de l'USM BlidaEt puis, il y a tous ceux, qui, comme leurs collègues algériens, attendent en vain d'être payés. Le problème ici se corse car ces joueurs non payés et qui quittent un club se tournent vers la Fifa. Selon Mohamed Raouraoua, l'instance du football international aurait entre ses mains pas moins de 11 cas de contentieux entre des clubs algériens et des joueurs étrangers. «Ces clubs doivent savoir que la FAF n'est pas une banque pour payer les amendes que va leur infliger la Fifa», a martelé Raouraoua. «Chacun devra assumer ses responsabilités», a-t-il ajouté, tout en indiquant que sur le plan sportif, des points vont être retirés aux clubs concernés qui pourraient même être rétrogradés en division inférieure si la Fifa le décide. On rappellera qu'au début des années 2000, l'USM Blida avait eu deux points de moins en championnat pour un contentieux avec un joueur étranger et avait failli tomber en division 2. Un avertissement à tous ces clubs algériens qui vont devoir apprendre à se passer des services de cette catégorie de joueurs jusqu'au jour où ils apprendront à respecter les contrats signés avec eux. Un avertissement, également, à la Ligue de football professionnel qui accepte de délivrer des licences à ces joueurs alors qu'ils ne disposent pas d'un permis de travail en Algérie.
-
Votre commentaire
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Ahmed Achour
Source : www.letempsdz.com