Blida - A la une

Les arguments des économistes



Les arguments des économistes
Objectif n Le réajustement du système de retraite répond à un besoin d'équité et de préservation des capacités de la Caisse nationale des retraites (CNR).«La CNR verse, chaque année, 770 milliards de dinars sous forme de pensions à environ 1,6 million de retraités, dont plus de 50% ont quitté leur emploi avant l'âge de 60 ans», a révélé le directeur général de la Sécurité sociale au ministère du Travail, Djawad Bourkaib. Il faut savoir que dans le système en vigueur, toute personne ayant cumulé trente-deux années d'activité peut partir à la retraite sans attendre l'âge de départ légal de 60 ans. Cette formule a touché plus de 246 503 Algériens sur un total de 1 740 281 allocataires au 31 décembre 2015.Une situation que ne peut plus assurer la CNR, qui risque de se retrouver dans un déséquilibre financier sans précédent. Le rétablissement de la retraite à 60 ans devrait permettre «de préser-ver la justice sociale et de la consacrer entre tous les travailleurs» car, estime Saâdane Chebaiki le président de l'Association nationale des économistes algériens, il s'agit «d'un système de mutualisation entre les générations de travailleurs en ce qui concerne les cotisations pour les pensions de retraite». «C'est une décision qui permet d'assurer l'équilibre financier de la Caisse nationale de la retraites», a-t-il précisé, estimant qu'«à l'instar des autres pays, le travailleur doit donner le maximum et le meilleur de lui-même pour pouvoir jouir d'une retraite à la fin de sa carrière», ajoute Saâdane Chebaïki, qui dénonce la réaction de certains travailleurs et syndicats, qui revendiquent le maintien de la retraite anticipée. «Ils n'ont pas d'arguments ou de justificatifs à faire valoir», a-t-il dit, tout en suggérant de continuer d'appliquer le départ à la retraite sans limitation d'âge à une certaine catégorie de travailleurs, notamment ceux qui exercent des métiers pénibles. Même réaction chez Kamel Rezig, économiste et enseignant à l'université de Blida, qui a qualifié de «perte pour l'économie nationale le départ en retraite de plusieurs cadres à 50 ans ou moins, alors qu'à c'est à cet âge qu'ils sont en mesure de donner le meilleur d'eux-mêmes du fait de leur maturité et expérience». Rezig a ainsi suggéré d'aller vers une solution à même d'arranger l'ensemble des parties, en maintenant le départ à la retraite à l'âge de 60 ans, à condition, a-t-il précisé, que «toutes les cotisations intervenant après 32 ans de service soient bonifiées». Il a expliqué qu'après 32 ans de service, un retraité bénéfice d'une pension de 80%. En bonifiant ses cotisations, sa retraite sera augmentée de 5% c'est-à-dire bonifiée, selon cet expert en économie. Il a relevé qu'après 32 ans de service et de cotisations, les travailleurs ont l'impression de «cotiser pour rien, alors qu'il s'agit d'un système de mutualisation entre les générations des travailleurs», a-t-il soutenu.Assia BoucettaUne mesure transitoire qui a duréLe départ à la retraite sans condition d'âge, instauré en 1994, est une mesure qui était destinée à atténuer les effets du Plan d'ajustement structurel (PAS). La mise en ?uvre du PAS est intervenue après la signature d'un accord avec le Fonds monétaire international (FMI) pour le rééchelonnement de la dette extérieure du pays, dont le service avait atteint le taux record de 86% des recettes d'exportations en 1993. Dans les années 90, les pouvoirs publics étaient contraints de recourir à la retraite sans condition d'âge pour atténuer les effets induits par les fermetures d'entreprises et les compressions d'effectifs. Il était également important de libérer des postes de travail pour le nombre important de jeunes à la recherche du travail. Cette disposition aurait du être rectifiée après avoir dépassé la crise économique suivie d'une embellie financière. Chose qui n'a pas été faite. A l'UGTA, «?nous sommes de ceux qui ont toujours considéré que l'ordonnance 97-13 du 31 mai 1997 instituant le départ à la retraite sans limite d'âge a été un acquis pour les travailleurs, mais aujourd'hui elle est devenue un risque pour l'avenir de la CNR, notamment en ce qui concerne son équilibre financier?», a indiqué Mohamed Lakhdar .Badredine, conseiller aux affaires économiques et sociales à l'UGTA. «?La loi de 1997 ne peut pas être considérée comme un acquis permanent, c'est plutôt un acquis conjoncturel pour une situation conjoncturelle?», a estimé Badredine, relevant qu'«?aujourd'hui, il y a plus de retraités que de travailleurs actifs comparativement aux années précédentes. Selon Badredine, le départ à la retraite sans limite d'âge avait pour objectif de libérer des postes de travail, ce qui n'a pas été réalisé car, a-t-il expliqué, les compétences qui étaient parties en retraite, allaient en fait exercer ailleurs. «?Cette situation avait pénalisé les chômeurs qui se sont retrouvés face à une concurrence déloyale de la part des jeunes retraités, lesquels avaient plus d'expérience et de compétence pour exercer ailleurs?», précise t-il. Selon une étude du Centre de recherche en économie appliquée pour le développement (CREAD), un grand nombre de postulants à la retraite anticipée pouvaient encore être très utiles à leurs entreprises grâce à leur savoir-faire et leur expérience. Le départ à la retraite sans condition d'âge a favorisé le départ en masse de cadres compétents et d'une main d'?uvre qualifiée des entreprises nationales vers les sociétés étrangères.
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Nom & prénom
email : *
Ville *
Pays : *
Profession :
Message : *
(Les champs * sont obligatores)