
à vos vélos, prêts, partez ! De presque la faillite, voire l'extinction, du cyclisme en Algérie (les deux dernières décennies), la discipline se remet cahin-caha sur selle pour bouffer les bitumes des circuits du plus vaste pays d'Afrique et de la Méditerranée. Le cyclisme retrouve ses roues et tente, par ses « tours d'Algérie », de redorer son blason longtemps terni par une gestion « patinette » qui l'avait conduit à « bacher » (abandon en lexique du cyclisme). Le peloton aux vingt couleurs (20 nationalités) s'est ébranlé dès vendredi dernier pour un circuit en vingt-deux étapes pour imposer le rythme et s'interdire de « pédaler dans la semoule » à même de recevoir l'accueil en applaudissements aux lignes d'arrivée dans les vingt-quatre wilayas à découvrir. Nous en sommes au cinquième tour et c'est déjà une prouesse si les coureurs tentaient un coup d'?il derrière pour remarquer le vide sidéral et le désert qui menaçaient la discipline. « Ce sera le cinquième rendez-vous, le tournant du tour », atteste le président de la FAC, Rachid Fezouine, heureux mais aussi contrarié que tout n'est pas lubrifié pour donner du rythme à ce « vélo algérien » qui a risqué la rouille et qui a roulé sur la jante bien des années. Aujourd'hui, malgré le coup de jarret pour enclencher le bon sprint, nombre de partenaires (ministère du Tourisme, wilaya, sponsors) ont encore peur de poser leurs « chaussures » sur les pédales. Un constat qui semble poser des virolets aux responsables du cyclisme mais sans entamer leur stoïsme à continuer jusqu'à la ligne d'arrivée. Pour ce faire, Fezouine devra, donc, monter au braquet en grimpeur pour arracher l'intérêt de tous. Etre dans toutes les roues qui peuvent vous conduire vers des arrivées salvatrices. « A chaque tour, nous tenterons de sensibiliser nos partenaires pour redynamiser la discipline à travers les grands évènements », insiste le président du TAC décidé à persister dans le « tac au tac ». Bon vent, dit-on en cyclisme. Surtout que cette fois, les organisateurs affirment que ce sera le plus grand tour du monde par sa boucle (3.500 km), c'est-à-dire plus « allongé » que le tour de France qui avait débuté sur un tracé de 3.000 km en 1903. Et si le titre « le tournant du tour » est révélateur du pari des organisateurs, le jeu de mot « le tour du tournant » est, lui, posé par ceux qui tiennent les bâtons qu'ils n'hésiteront pas à jeter dans les roues. Ce tour a « perdu » le bus et « égaré » le guide et prospectus que garantissait le ministère du Tourisme alors qu'il s'agit d'une compétition sous l'égide de l'UCI qualificative au mondial et aux jeux Olympiques. Dans cette Algérie, illuminée dix mois durant par le soleil, au relief pittoresque de ses montagnes, de plaines, falaises, forêts, mer et étendues de sable, manque-t-elle de profils séducteurs ' Pourtant, un tour cycliste est par son objectif sportif, un moyen imparable d'offrir la carte postale naturelle des plus belles images du pays. Pourquoi l'abandon au moment où le pays affiche stabilité et sécurité ' Et, dire que dès l'indépendance et jusqu'aux années quatre-vingt, la petite reine sillonnait allégrement les pistes à partir de septembre jusqu'à fin juin. Dans la grande capitale, on comptait plus d'une trentaines de courses (challenges, grand prix, tour de la Mitidja...) où les Hamza Madjid, Zaâf... étaient devenus des figures familières des amoureux de la discipline en franchissant l'arrivée à Chéraga, Aïn Benian, Boufarik, Blida, Cherchell, Boudouaou, Chebli, Birtouta...Mouzaïa. Chaque semaine, une ville organisait sa course avant que la grande chute n'envoie tout le monde « manger de la luzère » depuis les années quatre-vingt-dix. La remise sur piste du tour d'Algérie est un gage de résurrection. Cette cinquième édition pourrait redonner de l'élan à la discipline pour retrouver son punch et son aura qui faisaient s'aligner sur la ligne de départ des célèbres tours d'Algérie les coureurs véloces des deux ex-Allemagnes, de l'ex-Tchécoslovaquie, de Pologne, de Bulgarie, d'Espagne, de Russie, de France, de Tunisie, du Maroc... Jeunes écoliers, nous étions, très tôt le matin, aux abords de la ligne de départ (Chéragas) à écarquiller les yeux face à ces athlètes qui s'échauffaient ou se massaient les cuisses et les mollets avec des huiles « chauffantes ». C'était l'Algérie du cyclisme qui courait et gagnait. Ce tour qui sera télévisé est une opportunité inouïe aux sponsors et autres entreprises de faire la promotion de leurs produits. Les coureurs seront des guides qui transmettront les messages sportif, touristique, culturel, historique et bien sûr sécuritaire. Roulons tous. Sans faire dans le « ratagasse » et la « chaudière » (le dopage). Roulons pour des victoires plurielles. A commencer par cette participation à officialiser de la RASD.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : M H
Source : www.horizons-dz.com