Un changement radical en vue ?
Bien avant que l’affaire Khalifa ne passe au tribunal de Blida, le Président avait dit ce qu’il pensait des partis politiques, en anticipant, peut-être, sur cette affaire, pour montrer à l’avance que l’environnement partisan n’est pas propice à la moralisation de la vie publique et de la gestion des affaires économiques et financières. Pour ce qui concerne la vie politique ou la vie partisane, il avait axé ses remarques sur trois points: les partis, le mouvement associatif et les élus. Les partis seraient intéressés uniquement par les élections, preuve étant qu’ils se réveillent à ce seul moment pour tenter de donner l’illusion d’un mouvement. Le mouvement associatif existe, mais ne règle aucun problème comme cela se fait dans les pays étrangers. Les élus n’utilisent les partis que pour parvenir à leurs objectifs, quitte ensuite à changer de partis, c’est-à-dire à quitter les partis qui les ont fait gagner. Cette dernière remarque signifie que les élus quittent leurs partis, non pas pour demeurer fidèles à leurs idées, mais uniquement à leurs intérêts. Le Président n’avait pas opéré particulièrement des distinctions entre les partis, entre ceux qui sont dans l’opposition et ceux qui sont au pouvoir. Pourquoi le Président avait-il fait une telle sortie à propos des partis politiques qui ne seraient ainsi que des groupes d’intérêts que seules les élections font se mouvoir?
Une lecture au premier degré pourrait suggérer que le président va opérer une véritable rupture dans le mode de désignation des membres du gouvernement, à savoir qu’il ne s’estimerait plus obligé d’attribuer des quotas aux partis politiques puisqu’il reproche à tous les partis de se mettre en posture unique d’attente des élections. S’agirait-il alors de l’intention du Président à changer, au pouvoir, toute la classe politique, si on donnait du crédit à l’information publiée dans son périscope par un quotidien national et selon laquelle des instructions seraient données à des députés du FLN à l’effet de ne pas se représenter pour un nouveau mandat? Quand on sait que les membres du gouvernement sont désignés parmi les députés, on en conclurait alors que le Président ne voudrait pas avoir l’obligation de puiser dans les mêmes groupes d’hommes pour construire son futur gouvernement.
On se rappelle qu’il avait également dénoncé les critères de désignation des candidats aux élections, l’important pour ces derniers n’étant pas de gérer avec compétence, mais seulement d’accéder à leurs intérêts, de les sauvegarder, de les fructifier. C’est du moins ce qu’on pouvait comprendre, en pensant également qu’il se pourrait que des députés aient pu tremper dans l’affaire Khalifa. Il s’agirait ainsi de sortir de cette situation où ni les partis -toutes catégories confondues- ne sont en réelle positon d’exercer et d’assumer leurs missions, ni la société civile ne peut, elle aussi, se prévaloir de posséder une marge de manœuvre suffisante pour lui permettre de peser sur le choix et le cours des événements, car une société civile doit peser sur la classe politique, c’est-à-dire sur les partis pour amener ces derniers à prendre en charge leurs préoccupations alors même que les partis sont vidés de leur contenu.
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Posté par : sofiane
Source : www.voix-oranie.com