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Le Cnapeste en perte de vitesse



Selon la direction de l'éducation de la wilaya de Béjaïa, plus de 570 enseignants tous paliers confondus ont regagné leurs classes depuis dimanche. un chiffre que conteste le Cnapeste.570 enseignants ont repris les cours depuis dimanche. L'absence de solution au conflit qui mine le secteur depuis plus de deux mois fait craindre le pire et les enseignants sont les premiers à se rendre compte en regagnant leurs classes depuis dimanche. L'enlisement de la situation et l'absence d'un dialogue sérieux à même de dénouer cette crise qui perdure, ponctuée par des accusations mutuelles entre les deux parties, a créé un climat de suspicion et de peur quant aux lendemains incertains. Si les chiffres de la direction de l'éducation venaient à se vérifier sur le terrain, le mouvement de grève du Cnapeste subirait un véritable revers.
La guerre des chiffres fait rage. Les pressions de la tutelle qui a d'abord engagé des poursuites judiciaires contre les grévistes, puis envoyé des mises en demeure pour la reprise du travail conformément au verdict du tribunal administratif, font leur effet. Les grévistes résistent, soutenus par certains proviseurs et directeurs d'établissements, qui refusent de jouer le rôle de «policiers», allusion à la remise des mises en demeure adressées par voies hiérarchiques, avant de se rétracter pour obtempérer aux instructions de la tutelle de peur de représailles. A Béjaïa tous les grévistes ont été notifiés dans une deuxième mise en demeure leur intimant l'ordre de reprendre le travail. Toutes les mises en demeure envoyées jusque-là n'ont pas été signées par les grévistes, qui jugent «illégale» cette mesure, perçue comme un moyen de pression sur eux. La mesure de radiation s'inscrit aussi dans cette démarche de l'administration. Pour l'heure, les quelque 6000 grévistes, recensés par le syndicat Cnapeste, n'ont pas encore reçu la mesure de radiation, dans laquelle il est précisé que l'enseignant gréviste est suspendu jusqu'à la fin de la grève, soit dans les mêmes termes que celle adressée aux enseigants de Blida. Au Cnapeste, on conteste le chiffre avancé par la tutelle locale concernant les reprises de travail. Bien au contraire, on signale d'autres enseignants qui rejoignent le mouvement. A la faveur de l'autre grève annoncée pour les 21et 22 du mois en cours, celle-ci risque de gonfler les rangs des grévistes. Le Cnapeste qui considère que «la situation nous a été imposée», campe sur sa position en exigeant l'ouverture du dialogue et la satisfaction de toutes les revendications pour une éventuelle reprise de travail tandis que la ministre conditionne toute ouverture de dialogue par la cessation du mouvement de grève. Un dialogue de sourds qui mène inéluctablement vers une année blanche, même si les enseignants grévistes s'engagent à travailler d'arrache-pied pour récupérer le temps perdu pourvu que la tutelle annonce les négociations. On est donc encore loin du bout du tunnel. Depuis le début du conflit toutes les parties se sont impliquées dans cette crise qui a connu deux étapes. Le jour au mois de décembre de l'an dernier lorsque le conseil de wilaya du Cnapeste, qui s'est appuyé sur les différents comptes rendus des établissements, avait décidé d'opter pour un mouvement de grève illimité, manière de faire pression sur l'administration de tutelle pour la prise en charge des situations administratives et pédagogiques des enseignants. Après plus de 20 jours de grève, le Cnapeste rencontre la direction de l'éducation et obtient le départ de pas moins de trois responsables et la signature d'un procès verbal portant sur un certain nombre d'engagements pour assainir la situation litigieuse. La réunion du conseil de wilaya qui s'est tenue une semaine avant les vacances d'hiver s'est soldée par le gel du mouvement de grève. Mais à la surprise générale, le Cnapeste dégèle son mouvement. Un revirement qui trouve sa raison d'être dans la mesure de ponction sur salaires décidée par la direction de tutelle. Une mesure ne cadrant pas non seulement avec la réglementation, qui recommande de ne ponctionner que trois jours par mois et de préférence sur des indemnités autres que le salaire, mais elle a également provoqué la colère des travailleurs grévistes du Cnapeste, qui, à la faveur d'un conseil de wilaya, décident du dégel de la grève. Une semaine après la reprise des cours, c'est rebelote. A ce jour, un nombre important des établissements secondaires restent perturbés. La tension s'est davantage exacerbée lorsque l'administration saisit le tribunal administratif qui statue en sa faveur et adresse des mises en demeure intimant l'ordre aux enseignants de reprendre le travail. Entre-temps, les parents d'élèves multipliaient des initiatives. Concertation avec les parties concernées, rassemblements, marches, la Fédération des parents d'élèves et l'union des parents d'élèves de wilaya ont presque tout fait pour désamorcer le conflit, mais en vain. L'Assemblée populaire de la wilaya de Béjaïa, a, elle aussi, jugé utile de se rendre chez Benghebrit. Après avoir échoué à dénouer la crise localement, l'APW a dépêché une délégation conduite par son président Mehenni Haddadou, pour exprimer les inquiétudes de la famille de l'éducation et de la population de Béjaia en général, sur le conflit opposant le Cnapeste, qui observe une grève illimitée, demandant à la ministre de trouver une solution à la crise qui paralyse le secteur par l'ouverture d'un dialogue».
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