Un congrès sur la psychiatrie s'est tenu hier à l'EHS Fernane-Hanafi de Oued Aïssi avec la participation de nombreux chercheurs dans le domaine. Organisé sous le thème «la psychiatrie et la société», la rencontre a été l'occasion de révéler des points très importants. Les maladies mentales sont très répandues dans notre société. Les travaux se poursuivaient encore dans l'après-midi, mais l'intervention du directeur avait fait la lumière sur plusieurs aspects et des problèmes rencontrés par la structure qui souffre surtout de surcharge. En fait, l'une des plus importantes révélations est sans nul doute la prise en charge des médecins par l'EHS de quelque 4 800 enfants. Le service de psycho- pédiatrie couvre donc les problèmes d'une panoplie d'enfants comme les autistes et d'autres maladies psychiques touchant essentiellement les enfants. Un travail titanesque est effectué dans ce sens malgré les problèmes de surcharge que connaît l'hôpital psychiatrique Fernane-Hanafi de Oued Aïssi.Au sujet de la surcharge justement, le responsable de l'EPS a, dans son intervention, fait état de trouver des solutions à des dizaines de malades abandonnés par leurs familles. Certains sont là depuis plusieurs années. Toutefois, le cas le plus édifiant, relevé par des témoignages sur place, et qui met en relief l'acuité de ce problème, est un malade qui est là depuis plusieurs décennies. Ayant perdu toute sa famille lors du séisme de Chlef en 1980, la victime a été admise à l'EHS mais elle n'en est jamais ressortie. Personne n'a cherché après lui, obligeant l'EHS à le garder, faute d'une autre forme juridique de prise en charge. Après l'hôpital de Blida, l'EHS de Oued Aïssi couvre les malades de plusieurs wilayas du centre du pays. Une couverture régionale qui met à mal ses capacités d'accueil. Par ailleurs, même si les efforts consentis de ce côté sont énormes, il convient de signaler que les services de cette institution hospitalière ne peuvent venir à eux seuls à bout de quelques problèmes relevant plus du législatif que de l'acte médical en lui-même. Jusqu'à présent, la société souffre du sort réservé aux malades mentaux qui sont dans un état de clochardisation dans les rues. Leur abandon est injustifié mais il est évident que les hôpitaux ne peuvent et ne doivent généraliser l'internement.
Dans certains cas, des malades deviennent très dangereux tellement ils sont agressifs. Faute de cadre juridique adéquat afin de protéger les malades d'eux-mêmes d'abord et protéger leur entourage de leurs actes inconscients ensuite, ces derniers causent parfois des dommages considérables. L'incident qui a eu lieu dans la commune de Boudjima, il y a plusieurs semaines, est à lui seul édifiant. Un jeune malade mental a agressé mortellement un voisin. Une vague d'indignation s'en est suivie parmi les populations, mais il était déjà trop tard. C'est justement un problème épineux qu'il conviendra de cerner par un cadre juridique adéquat à même de permette à toutes les parties de jouer un rôle actif dans la prévention de ces actes. Jusqu'à présent, les familles et les citoyens souffrent encore plus que les victimes elles-mêmes.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Kamel BOUDJADI
Source : www.lexpressiondz.com