Rafik Abdelmoumène Khalifa pourraitêtre bientôt jugé en France ! Un juge britannique a en effet donné hier son feuvert à l'extradition vers la France de l'ex-magnat algérien, selon l'AFP.La décision estsusceptible d'appel, mais la voie est complètement ouverte pour l'extraditionvers la Francedu milliardaire déchu, actuellement emprisonné à Londres.La justicebritannique a répondu favorablement à la demande de la justice française quirecherche Rafik Khalifa dans le cadre d'une enquêtesur des malversations présumées au sein du groupe Khalifa, dans les ex-sociétésKhalifa Airways, Antinéa Airlines et Khalifa Rent-a-Car(KRC, location de voitures), toutes enregistrées en France. Le parquet deNanterre (région parisienne) a ouvert fin 2003 une information judiciaire pour« abus de confiance, banqueroute par détournement d'actifs, banqueroute pardissimulation de comptabilité, blanchiment en bande organisée ». Rafik Khalifa, 40 ans, n'était pas présent au tribunal deWestminster pour le prononcé du jugement, en raison d'un mouvement de grève desgardiens de prison. M. Khalifa est soupçonné d'avoir détourné de l'argent, destitres et des actifs appartenant aux compagnies du groupe Khalifa, causantainsi leur liquidation et le licenciement de plus de cent salariés et laissantune dette de plus de 90 millions d'euros. Trois personnes ont été mises enexamen fin mai en France dans cette affaire, dont la femme de Rafik Khalifa. Khalifa a été condamné en mars dernier parcontumace à la réclusion à perpétuité par le tribunal de Blida lors du procèshistorique de la banqueroute de Khalifa Bank.Il a été reconnucoupable d'«association de malfaiteurs, vol qualifié, détournement de fonds,faux et usage de faux». Début juillet, le ministre de la Justice TayebBelaïz a indiqué que l'Algérie a transmis à lajustice britannique un dossier judiciaire comportant 75 documents portantpreuves accablantes contre Rafik Khalifa. L'Algériecherche elle aussi à obtenir l'extradition de l'ex-milliardaire. Mais lajustice britannique ne n'est pas encore prononcée sur cette demanded'extradition et aucune date n'a été arrêtée, du moins officiellement pour sontraitement, sans doute à cause de la lourdeur du dossier Khalifa et sacondamnation par contumace à la prison à vie par le tribunal de Blida. Amaintes reprises, le ministre de la Justice Tayeb Belaïz s'est montré optimiste sur l'issue positive de lademande d'extradition de Rafik Khalifa deGrande-Bretagne vers l'Algérie. Toutefois, la décision rapide de la justicebritannique de livrer Rafik Khalifa aux Françaisrisque de mécontenter les Algériens et de mettre dans l'embarras legouvernement français avec un encombrant et compliqué dossier Khalifa.Rafik Khalifa a été arrêté le 27 mars en Grande-Bretagne où ils'était réfugié, dans le cadre d'un mandat d'arrêt européen délivré par letribunal de grande instance de Nanterre. Les avocats de la défense estimaientque M. Khalifa ne pouvait être extradé, n'étant, selon eux, pas formellementpoursuivi en France. Les représentants de la justice française avaient aucontraire argué que l'établissement d'un mandat d'arrêt par la France signifiait que lajustice française entendait bien le poursuivre. « Rien ne semble laisser penserque s'il était poursuivi en France, ses droits humains y seraient bafoués»,souligne le jugement dont l'AFP s'est procuré une copie. RafikKhalifa avait édifié un empire diversifié dans la banque, le transport aérien,le bâtiment, l'immobilier, la télévision et la location de voitures de luxe,avant d'être inquiété par la justice algérienne à partir de 2002.
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Posté par : sofiane
Ecrit par : Hamid Guemache
Source : www.lequotidien-oran.com