Djilali Miloudi était alors le précieux président de la chambre pénale de Blida, il y a de cela plus de 12 ans, et c'était la période où tout était permis, y compris des audiences tenues tardivement pendant les courtes nuits de juillet, car les rôles étaient monstrueux! C'était l'époque où les responsables n'étaient pas regardants envers les tares des uns et des autres, et la tutelle s'occupant d'autre«chose», de plus... politique, outre la pose, à partir de 2006, de marbre glacial dans les nouvelles juridictions qui se comptaient sur les doigts d'une seule main! Il était vingt trois heures quarante lorsque le greffier, les yeux mi-clos, appela à la barre, deux prévenus condamnés par le tribunal de Chéraga.
Les deux prévenus étaient un industriel et sa fille, suspectés d'avoir remis un faux au moment d'entamer les travaux de terrassement de la future usine. Jusque-là, tout allait bien.
Le juge relut le jugement et appela la fille prévenue, par son prénom:
« Avancez du pupitre pour bien comprendre ma question: alors, vous n'avez pas honte de trafiquer des documents administratifs à votre âge'».
Salah Tartag et Chérifa Abboubi, les deux conseillers ne pouvaient que sourire avant d'avoir envie de pleurer au moment où le président expliquait le faux devant les présents qui n'en croyaient pas leurs oreilles.
En effet, l'affaire se déroula en mai et la jeune femme était née en mars! Donc, au moment du pseudo-délit du papa, l'inculpé de «complicité de faux», n'avait que... trois mois! Il fallait le faire! Trois mois, i.e. douze semaines!!! Et personne ne dit mot après cette annonce, alors considérée comme une cour intouchable, par la qualité de ses trois magistrats!
Par contre, la juge de Chéraga, coupable de ce «haut fait d'armes» n'a jamais été inquiétée. Vous vous rendez compte' Une magistrate du siège qui commet une telle bévue en condamnant au sursis, un bébé de cent vingt jours, et qui s'en sort admirablement bien, nous dirions même, indemne! Mais cet évènement s'est déroulé il y a plus d'une douzaine d'années judiciaires!
L'espoir d'une justice... juste, demeure!
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Abdellatif TOUALBIA
Source : www.lexpressiondz.com