
Les deux jeunes inculpés étaient poursuivis pour non-assistance à personne en danger. Ils l'étaient...Maître Hamroune Nawel de Boufarik était venue à la barre expliquer le raté des éléments de la police judiciaire lesquels ont été leurrés au cours de leur enquête mettant en scène trois gus qui sont allés consommer du nectar de Bacchus avant de sombrer dans le néant.Et des jeunes qui boivent jusqu'à l'ébriété attendue, ne se souviennent pas du tout de ce qui leur est arrivé. L'ordonnance de renvoi évoque un délit de non-assistance à personne en danger alors que plus tard, Maître Hamroune s'avancera vers Nassima Saâda, la jeune présidente de la section correctionnelle «en vue dira-t-elle, de remettre le train sur les rails et aller au devant de la vérité».«On a écrit que ces jeunes ont bu, perdu leur esprit. Ils ont alors tabassé la victime laissée sans connaissance, prenant le risque de la laisser seule rendre le dernier soupir! s'était exclamé l'avocate qui a alors élevé le ton ainsi:«En réalité, ces jeunes étaient ensemble. Ils ont tout fait pour s'enivrer. Puis une bagarre a éclaté. Jamais la victime n'avait été prise pour cible. Au contraire, ses deux copains, voyant son état de santé se dégrader suite à la cuite prise, il ont tout fait pour l'aider à monter dans la voiture. En cours de route, ce jeune a tenté de gigoter et même de sauter hors du véhicule qui était sur le goudron de la voie Chiffa- Baba Ali. Aucun témoin n'a vu ces deux jeunes tabasser la victime. Des déclarations ont été faites face au procureur qui a vite fait de jouer l'opportunité des poursuites, laisser le soin aux policiers d'achever l'enquête alors que le chef c'est lui. Et c'est à lui de prendre ses responsabilités pour situer les faits.» Et lorsqu'elle avait fini de tirer à vue, elle rengaina avant de s'étaler sur l'impossibilité pour la juge du siège d'aller vers un verdict tranchant car de maux, de coups, de délires, point: «Si quelqu'un a déliré, c'est bien la victime, ce jeune qui était sorti avec ses deux copains de son propre gré avant de se laisser aller à un numéro qui a nui à ses copains qui l'ont pourtant bien aidé lorsqu'il était out dans l'auto sur l'autoroute.» Il faut dire ici que Maître Hamroune avait pris son temps de défense car le jeune n'était pas allé de main morte. Il avait raconté des choses terribles, omettant au passage d'évoquer les tentatives de ses copains pour le sauver d'une mort quasi certaine. L'avocate était vraiment décidée à venir à bout des demandes de Mounir Athmana, le procureur, ligoté par la solidarité et l'indivisibilité du siège. Maître Hamroune avait compris que Saâda était attentive. Elle décide alors d'accélérer, histoire de la pousser à capter le message de la défense pour ce qui est de l'innocence des deux inculpés. Elle avait surtout vu dans la salle les pontes du barreau de Blida, en l'occurrence Maître Abdenour Omar Aït Boudjemaâ, Maître Amine Morsli, Maître Amina Issad, Maître Houcine Haoua, Maître Lembarek Benamghar et Maître Boudjemaâ Aït Boudjemaâ. Cette présence masive a été un injecteur pour le conseil sérieux qu'est Maître Hamroune. Entre-temps, les deux inculpés avaient évité d'intervenir lors de la plaidoirie car il arrive souvent qu'un défenseur soit intempestivement interrompu par le client mécontent de l'usage d'un mot, d'une expression, voire d'une phrase que l'inculpé ne veut pas entendre.La victime, elle, joue bien le rôle d'une victime venue réclamer justice et son avocate soulèvera des collines pour dramatiser et justifier les fortes demandes en dommages et intérêts, de quoi le...calmer et oublier les coups et blessures occasionnés - toujours selon sa version - même s'il y a eu des témoins qui ont affirmé exactement le contraire des propos de sa version. Et comme le soulignera juste avant l'annonce de la mise en examen du dossier, Maître Naouel Hamroune: «Mme la présidente, vous avez sous les yeux des déclarations de toutes les parties. Il y a aussi des témoignages mêmes si beaucoup de témoins se présentent devant la police judiciaire et jamais à la barre. Votre décision sera basée sur tout ce chapelet de déclarations!». Nassima Saâda, la juge, paraissait indécise. La preuve' Elle met en examen de courte durée l'affaire et reviendra avec le verdict attendu par les proches des inculpés: relaxe. Maître Hamroune sera sur un nuage, car heureuse qu'elle ait pu renverser la vapeur du couvercle en sauvant la cause pour laquelle elle a été constituée. L'assistance y était. La non-assistance pour personne en danger n'y était pas...
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Abdellatif TOUALBIA
Source : www.lexpressiondz.com