«C'est une équipe assez jeune qui manque un peu d'expérience. Moi je ne sais pas combien de temps je vais rester, mais je crois que ce nouveau groupe est parti pour au moins six années. L'ambiance est phénoménale et exceptionnelle, et je suis surtout satisfait de cela. La façon dont les joueurs se comportent en dehors du terrain influe sur le terrain.»
Voilà ce qu'a déclaré Vahid Halilhodzic dans un entretien avec RFI. Pour le reste, il relate les différents épisodes qui ont marqué ses 17 mois au sein de la sélection algérienne. Dans ce voyage dominé par des questions-réponses, nous retiendrons les faits les plus marquants, notamment le dernier résultat acquis à Blida face aux Libyens, ce qui avait ouvert les robinets de la joie qui anime le groupe. Le sélectionneur l'exprime dans cette interview : «Après des mois de travail comme entraîneur, je suis plus que satisfait.» Voilà qui est dit. Il revient sur les deux rencontres qui avaient opposé les Fennecs aux Libyens. Il évoque la difficile confrontation mouillée par des provocations qui n'honorent par les joueurs adverses bien qu'ils aient battu le Cameroun et le Sénégal. Mon équipe dira-t-il, savait qu'elle allait avoir à faire à deux combats, l'un sportif, l'autre loin de l'être, mais elle fut avertie des provocations éventuelles, à ce niveau. Il se dit surpris par leur mauvais comportement. «Les gestes de provocations m'ont vraiment dégoûté lors de ces deux rencontres.» Avant le match retour à Blida (Algérie), il affirmera, «j'avais peur qu'il se passe quelque chose de grave. Malgré cette pression supplémentaire, nous avons fait une bonne prestation même s'ils ont tué le spectacle en fin de rencontre». La succession des résultats positifs n'est autre que le fruit de la discipline instaurée comme nous l'avions souvent écrit dans notre édition, lui-même le reconnaît indirectement : «Vous savez, l'exigence provoque la compétence. Si tu n'es pas compétent, tu n'as pas d'exigence. Le contraire est valable aussi.» La question suivante va bousculer un passé mais pas très reluisant pour certain. En sélectionneur diplomate, il aborda le dossier de l'intégration des joueurs locaux. Dans ce cadre, il devait rappeler qu'il a pour mission de construire un groupe, mais ceci demande énormément de temps et de supervision. Il se veut un peu différent de son prédécesseur qui était plutôt pour le système défensif, «alors que moi, je suis foncièrement pour un jeu offensif». Ceci reste un challenge un peu osé mais le vent a tourné du bon côté pour l'Equipe nationale qui s'offre des résultats qui la remettent sur rails, «on a réussi à marquer 21 buts en 10 matchs. Je pense qu'avec deux buts en moyenne par rencontre, l'équipe a été transformée dans son esprit et dans ses ambitions. Visiblement tout le monde est heureux de cette situation alors que les Fennecs ne marquaient pas beaucoup». Une vérité déjà dénoncée parce qu'elle avait détaché le wagon des supporters de la voiture principale. Aujourd'hui, la tonalité est différente, l'équipe nationale n'est la propriété de personne, nul n'est indispensable, tous ceux qui manifestent des signes de professionnalisme, de respect des valeurs du sport, donc pour l'équipe nationale, sont les bien venus. Le sélectionneur avertit qu'il n'est pas le bourreau, au contraire. Il rappelle que remonter à la surface n'est pas facile, il faut de l'oxygène et de l'expérience. Rien ne se construit en quatre ou dix matchs. Chaque rencontre, qu'elle soit amicale ou officielle, est un plus dans le parcours du joueur. «J'ai la charge de procéder à la sélection des meilleurs joueurs, des joueurs au sens légal du terme, qui respectent les lois sportives, qui obéissent aux principes du sport.» Il refuse d'intégrer des Zorro dans le groupe. «Moi je ne sais pas combien de temps je vais rester, mais je crois que ce nouveau groupe est parti pour au moins six années. L'ambiance est phénoménale et exceptionnelle, et je suis surtout satisfait de cela. La façon dont les joueurs se comportent en dehors du terrain influe sur le terrain.» Tout n'était pas net à son arrivée, le climat n'épousait pas l'exigence de l'environnement qui fait les grandes équipes. Le climat était à la limite de l'explosion. Dans ses déclarations, on comprendra qu'il existait des «clans» qui militaient beaucoup plus pour une division que pour une consolidation. Chaque joueur traînait derrière lui un lot de déceptions qui était loin de consolider le groupe, «j'ai compris que cette équipe qui avait joué la coupe du monde avait pas mal de problèmes internes et qu'il fallait la changer un peu. Je crois que j'ai fait un premier constat et une première analyse qui ont été salvateurs pour la suite», et d'ajouter, «cela veut dire que je n'ai pas encore eu la meilleure équipe possible. Nous sommes encore un peu fébriles lorsque nous jouons à l'extérieur. Il faut travailler le caractère, la présence physique, ne pas avoir peur de gagner des duels. Mais vu comment les joueurs écoutent, s'investissent et progressent, je suis très optimiste. Avec ou sans Vahid d'ailleurs». Dans la chute de l'entretien, nous remarquerons que le sélectionneur garde les pieds sur terre, et ce n'est pas les derniers résultats qui vont lui donner des ailes pour voler en finale de la CAN-2013. Tout est encore possible certes mais la lucidité s'impose. Toutes les équipes se valent, toutes les équipes ont les mêmes chances d'accéder à un niveau supérieur. Ceci dit, le prochain tirage éclairera un peu les Verts. L'essentiel pour le Bosniaque est d'honorer son contrat, aller au moins en demi-finale. «Mais honnêtement, si je joue un quart de finale, ce sera bien. Nous sommes dans le troisième chapeau (Maroc, Niger et Burkina Faso) et ce sera un tirage très difficile (24 octobre à Durban, ndlr). Il ne faut donc pas trop s'enflammer.»
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : H Hichem
Source : www.lnr-dz.com