Blida

«Je commence à découvrir des choses que je ne voyais pas»



«Je commence à découvrir des choses que je ne voyais pas»
Il annonce son départ après le match contre la Tanzanie dans le cadre du deuxième tour des éliminatoires du Mondial-2018 en Russie, et ce, en cas de défaite.Il charge les médias pour avoir mis le feu aux gradins. «Le jeu de l'équipe n'est pas aussi catastrophique que cela, et je crois qu'il y a eu manipulation me concernant», confie-t-il lors de sa conférence de presse. Il affiche une déception, donnant l'impression de découvrir le football algérien. Sa conférence de presse se voulait différente des précédentes. Face aux médias, il a tout dit. Sauf de reconnaître son incapacité à instaurer la discipline dans un groupe qui lui échapperait. Pour lui, il est partant. Impossible de poursuivre sa mission. Les sifflets des supporteurs lors des deux matches suffisent largement pour qu'il négocie son départ. «Gourcuff, cet homme courtois, toujours aimable et qui a toujours communiqué, n'a jamais fermé les portes aux médias et ne peut pas accepter cet état de faits... Il était partant avant même le match face à la Tanzani, sur le principe, cela n'a rien d'un «scoop», sachant que la FAF peut se réserver tous les droits de limoger le sélectionneur en cas d'élimination des Verts comme le stipule le contrat dument signé entre les deux parties. Sauf que cette annonce cache aussi le sentiment d'avoir été lâché.» Sauf si... le comportement affiché par quelques joueurs est synonyme d'un malaise au sein de cette famille des Verts. Slimani, ce joueur qui se dit professionnel, ose refuser de saluer son entraîneur à sa sortie du terrain face aux Guinéens, c'est un geste anti sportif, a souligné un supporteur citant aussi le geste de Ghoulem sur le terrain qui lui a valu un carton rouge et l'échange électrique de mots entre Brahimi et Soudani à la fin de la rencontre Algérie-Sénégal. Tout cela inquiète la rue. L'ex-sélectionneur national, le Belge Robert Waseige qui répondait aux questions de notre confrère du journal Compétition en février 2013 disait «j'ai eu l'occasion de voir quelques séquences, notamment face à la Tunisie et le Togo. Franchement, les résultats de l'Algérie ne sont pas conformes au potentiel des joueurs qui existent. Mon sentiment est que les joueurs algériens sont indisciplinés tactiquement.» Les mêmes réactions trainent encore dans les esprits des techniciens nationaux et étrangers. Gourcuff se situerait dans ce même couloir : «Vous parlez de sérénité ' Je pense que c'est difficile de trouver la sérénité en Algérie. Je commence à découvrir des choses, désormais, que je ne voyais pas avant. On aime mettre la pression sur les joueurs et critiquer à tout-va. Les joueurs ne peuvent pas être sereins dans ce cas. Ils sont constamment sous pression et ce n'est pas normal. Certains médias ne sont pas là pour aider la sélection. On met beaucoup de pression pour rien. Le jeu de l'équipe n'est pas aussi catastrophique que cela et je crois qu'il y a eu manipulation me concernant.» Alors où réside le mal si ce n'est au niveau de la discipline ' Vahid Hallilhodzic n'avait-il pas, après l'échec à la CAN-2013, écarté les «grosses têtes» comme Ziani, Djabbour ou Matmour pour assainir son vestiaire et mener à bien son projet ' Des décisions parfois impopulaires, souvent critiquées par la presse, mais nécessaires pour éviter de polluer l'ambiance du groupe et entraver la marche en avant des équipes. Il aura été, selon nombre d'observateurs, l'homme de la situation au niveau de la discipline, de la rigueur pour bâtir une équipe compétitive capable de décrocher les meilleurs résultats. «Gourcuff devrait s'inspirer de son prédécesseur pour s'imposer en sa qualité de véritable meneur d'hommes», le président de la FAF s'est exprimé pour calmer les esprits, «le sélectionneur restera !» Un soulagement pour quelques sportifs qui veulent éviter à cette équipe nationale un défilé de commandants de bord. «Nous ne sommes pas de ceux qui lèvent le pied à chaque défaite. C'est avant tout un match amical, donnez-lui le temps de voir sur le terrain ce que donnent ces différentes stratégies. Que va-t-il se passer après son départ ' Remettre le compteur à zéro et attendre l'entrée en jeu d'un nouvel homme à qui il faudrait accorder des circonstances atténuantes en cas de défaites, parce qu'il ne connaît pas encore tout le monde ' Ce qu'il est urgent, c'est d'instaurer une discipline, qui mettrait au mur ceux qui ne mouillent pas le maillot pour l'Equipe nationale. Dieu merci, ils ne sont pas nombreux. On a une équipe capable de renverser la vapeur, quitte à ce que Gourcuff retire du jeu, les perturbateurs quand bien même ces derniers sont la colonne vertébrale du groupe. Il faut assainir et vite», soulignait un ex-international, qui veut garder son anonymat. En attendant la fin de ce mois, on évoque avec insistance, l'arrivée de Renard ou de Fabio Capello qui a eu à affronter les Verts lors des deux dernières Coupes du monde (avec l'Angleterre en 2010 et la Russie en 2014), et qui prie pour qu'il prenne un jour les règnes des Verts. La FAF continue de faire confiance à Gourcuff et se refuse d'obéir aux banderoles à l'image de celle qui était confectionnée bien avant le match et qui fut exhibée face au Sénégal avec un message qui n'honore pas notre football. Le sélectionneur dira lors de la conférence de presse : «On s'attend à une double confrontation très difficile. La Tanzanie a une bonne équipe et on doit sortir le grand jeu pour passer, a-t-il averti. J'espère vraiment récupérer nos joueurs cadres afin que je puisse aligner ma meilleure équipe possible». La prochaine rencontre se jouera à Blida. Un stade qui a toujours porté chance aux Fennecs avec un décor meilleur.


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