En reprenant les propos du général et en les classant par étapes, nous pouvons avancer qu'il y eut des phases avérées :' Localisation du bivouac des terroristes par des hélicoptères de l'armée algérienne, dans une zone « vidée », donc hostile et ennemie.' Tirs depuis ces hélicoptères sur le campement.' Atterrissage d'un hélicoptère puis constat de la mort sept moines « criblés de balles ».' Compte rendu de l'équipage au Centre technique de recherches et investigations de Blida (1re Région militaire).Généralement, quand on tire par rafales sur tout être humain, son premier réflexe est de se mettre à l'abri (dans notre cas, se mettre derrière un arbre, un rocher), sinon d'adopter une posture offrant la plus petite surface possible au feu. Les cibles ainsi visées (terroristes et moines), si elles sont visibles, représentent des objectifs extrêmement difficiles à atteindre vu leur petitesse et leur mobilité. Deux possibilités sont envisageables pour « cribler » les corps : a) Atteindre les cibles l'une après l'autre de plusieurs impacts, ce qui représente un vrai travail de joaillerie vu la précision demandée. Je défie le meilleur pilote d'hélico de réussir une telle salve avec un viseur identique à ceux montés sur les Mi-171, vu que les Mil Mi-17/171 utilisés dans la lutte antiterroriste ne sont pas dotés de matériels adaptés pour ce genre de situations (guidage laser et caméras thermiques, entre autres). Leur action étant l'anéantissement par effet « rouleau compresseur » de tout point suspect (bunker, nid d'aigle, etc.) afin de procéder au débarquement de la troupe montée à bord et devant occuper ce point stratégique. Après le passage d'un de ces vecteurs, les résultats sont impressionnants : tout le secteur visé est pratiquement labouré : 128 roquettes de calibre 57 mm et un canon de 12,7 mm anéantissent même les fourmis y vivant. On doit être d'une candeur et d'une naïveté quasi puériles pour croire que des corps humains restent entiers, bien que « criblés de balles » après de telles salves. Il en est exactement de même pour le Mil Mi-25/25, malgré son penchant sur les attaques de véhicules blindés car ayant une possibilité d'emport de 4 missiles antichars. b) Les défunts se sont mis en ligne droite, bien en évidence, et sont restés inamovibles jusqu'à ce qu'ils soient atteints par les armes de l'hélicoptère. Ce qui est, bien sûr inconcevable et impensable. 1) Il m'est quand même difficile d'admettre qu'après les tirs, l'hélicoptère se soit posé sur le site car représentant une zone hostile. A ma connaissance, ce cas de figure n'est valable que pour deux circonstances potentiellement risquées : mission de sauvetage de pilotes éjectés de leurs avions (SAR) ou mission de débarquement de commandos. Aucun état-major de par le monde ne peut conseiller ou ordonner une telle opération suicidaire infondée et irraisonnable, car sans dividende aucun, mais aussi et surtout qui conduit inéluctablement à la perte d'hommes et de matériel. Il est d'ailleurs stupéfiant qu'ils n'aient essuyé aucun tir ennemi lors de leur atterrissage. Etant donné que je n'arrive pas à trouver de réponse à ma question, je considère cette argumentation comme dénaturée et fausse. Pour information, cette année, un Hercules C-130 a essuyé des tirs d'armes automatiques en phase de courte finale (atterrissage) à Boufarik, considérée alors comme sécurisée. Je ne saurai donc surtout pas admettre que cet équipage ait pris des risques incommensurables pour constater les décès des moines afin d'en informer ce général par le biais d'un illustre inconnu jusqu'à présent du moins, ex-saint-cyrien de sa promotion et afin qu'il déballe cette invraisemblable histoire plus de treize ans plus tard, un 5 juillet, fête nationale... 2) L'armement des hélicoptères utilisés par nos forces aériennes ne représente aucun secret. Il suffit de visiter l'un des innombrables sites internet spécialisés en aéronautique pour y trouver l'information recherchée. On y voit un sniper canadien tirant sur des talibans avec un fusil (donc tirant des balles et non des obus de canon) de calibre autrement moins imposant que les 12,7 mm équipant nos hélicoptères. Les snipers sont réputés ne tirer qu'une balle sur chaque cible. A chaque séquence, on voit comment des membres humains, des magmas formés de lambeaux de chair et d'os mélangés à la roche montagneuse afghane sont propulsés dans les airs, sous l'impact de la balle en tournoyant et voltigeant. On sera alors en mesure d'imaginer approximativement l'effarant effet qu'engendrera un impact non pas de balle mais d'obus de canon. Qu'en sera-t-il sous l'effet d'une rafale de ces derniers 'Or, ce général parle de corps criblés de balles. Si les impacts sont ceux de balles, cela ne saurait être l''uvre des canons d'hélicoptère.S'il voulait donner du crédit à sa déposition en insinuant que les impacts sont ceux d'obus de 12,7 mm, il aurait dû alors formuler autrement sa description : en lieu et place de « corps criblés de balles », utiliser d'autres dénominations, à hauteur des résultats dévastateurs des obus, car dans ce cas ce serait plutôt des lambeaux de chair humaine, désintégrés sous l'effet des obus et projetés plusieurs mètres à la ronde. L'auteur est : Officier à la retraite
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Posté par : sofiane
Ecrit par : Amrani Belgacem
Source : www.elwatan.com