Blida - A la une

Ils trompent qui '



Ils trompent qui '
Apparence - A voir la liste des ouvrages utilisés dans la recherche, que les étudiants affichent le jour de l'exposé, on a l'impression qu'ils ont sérieusement accompli le travail.
Ils commencent généralement par dire que la recherche leur a pris du temps et qu'ils ont sué pour trouver tous les livres dans l'objectif de tromper l'enseignant et leurs camarades. «Ces jeunes étudiants sont incroyablement doués dans l'art du mensonge. A les entendre parler, on peut aisément les croire. Mais il suffit de leur poser une question sur le fond du sujet pour qu' ils calent», témoigne un enseignant dans le département des sciences politiques à l'université de M'sila. Mais comment mettre à nu le mensonge '
«Récemment, j'ai demandé à un groupe d'étudiants de réaliser une recherche sur le système politique algérien. Ils sont venus très confiants le jour de l'exposé, comme s'ils avaient convenablement effectué le travail. Pour la bibliographie, ils ont dit avoir utilisé beaucoup de livres, dont certains sont interdits en Algérie.
Lorsque je leur ai demandé où ils ont pu trouver ces ouvrages, ils ont simplement répondu qu'ils étaient disponibles à la bibliothèque de la faculté !», se désole notre interlocuteur. Et ça ne s'arrête pas là ! «Je leur ai quand-même demandé de poursuivre l'exposé, jusqu'à ce qu'un étudiant commette l'irréparable. Il a simplement affirmé que Abdelaziz Bouteflika est aussi le président du Parlement ! Et même ses deux copains croyaient la même chose ! Et là je devais les interrompre en les obligeant à dire la vérité. Ils ont déclaré, toute honte bue, qu'ils avaient simplement copié des informations à partir de divers sites Internet. J'étais enragé et je les ai chassés de la classe», ajoute l'enseignant. Démasquer un mensonge de la sorte n'est pas sorcier, affirme un autre enseignant à l'université de Blida.
«Pour savoir si les étudiants ont réellement lu des livres ou non, je les interroge directement sur le contenu des ouvrages cités dans la bibliographie. Je leur demande, par exemple, de quoi parle tel ouvrage dans tel chapitre ' Et là, seuls ceux qui ont lu peuvent répondre. Je suis parvenu à démasquer plus d'un tricheur, mais actuellement tous mes étudiants effectuent sérieusement leurs recherches de peur de représailles», indique-t-il, appelant ses confrères à adopter la même méthode afin d' «éradiquer toutes les formes de tricheries et de paresse chez les cadres de demain».
Ces mauvaises pratiques ne sont pas l'apanage des universitaires, mais atteignent même les collégiens et lycéens. Et les exemples ne manquent pas.
«J'ai demandé à mes élèves de faire une petite recherche sur la démocratie. Ma surprise était indescriptible lorsque j'ai constaté que la quasi-totalité des travaux étaient des copies conformes. J'ai alors été contraint de sacrifier toute une séance pour sensibiliser mes élèves sur les mauvaises conséquences de ces agissements, en leur expliquant que seule la lecture nous permet de mémoriser des informations», témoigne une enseignante d'éducation civique dans un CEM à Tizi Ouzou.


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