Voilà encore une triste histoire de famille où l'arme blanche est une brique...rouge!
Maître Bachira Djellab, la jeune avocate de Ghania A.D., 44 ans, femme au foyer et victime de coups et blessures volontaires ayant entraîné une incapacité de douze jours, était prête à plaider face au trio Djabali, Chikhi et Djellouli de la chambre pénale de Blida, à l'appel de sa cliente agressée par sa propre nièce, Rokiya, 19 ans et relaxée par le tribunal de Tipaza. «La loi a prévu l'appel pour uniquement ne pas sortir de la ligne droite du respect des verdicts prononcés publiquement», avait clamé le conseil dont la voix porte sans pour autant agacer, surtout qu'elle connaît très bien la présidente très tolérante car elle avait tenu à rappeler à la prévenue que la victime n'était autre que tata qui a reçu une...brique rouge, qui reste, aux yeux de la loi une arme...blanche!
Enveloppées dans deux hidjabs colorés où le jaune domine, les deux parentes ne se sont pas faites de cadeaux, mais plutôt des coups et blessures...
Pour Ghania, il n'y a jamais eu de coups et blessures ni encore moult coups de brique! «Je suis sa tante maternelle. Si je l'avais agressée, c'est comme si j'avais frappé mon propre frère. Ma nièce ne m'aime pas, elle invente n'importe quoi. Je lui pardonne», dit-elle émue...
Pour la partie civile, Maître Djellab est revenue sur le contentieux pour attirer l'attention que c'est la prévenue qui est allée «causer» chez la tata qui est malheureuse de cette fâcheuse position. L'avocate de Blida allait s'alourdir sur la méchanceté de la tante qui aurait pu gifler sa nièce: «Mais pas l'agresser à l'aide d'une brique!». Les murmures entendus dans la salle d'audience étaient éloquents.
Maître Amar Youssef défie la victime de procurer l'acte qui n'a jamais eu lieu. Il reprend les faits édictés par la prévenue qui n'a fait que nier et ô comble de l'ironie. «C'est plutôt la victime qui est à poursuivre!» avait articulé l'avocat brun qui a réclamé la relaxe de sa cliente innocente, aussi innocente qu'un bébé de trois mois dans son berceau.
«Mesdames, Monsieur le procureur général la vie est faite ainsi. Les Amazighs ont deux terrifiantes citations: «Le mal vous vient du proche!» ou encore celle-ci, plus explicite: «Vos malheurs naissent de votre propre sang!». «Où allons-nous donc à cette allure'» s'est interrogé le conseil qui ne demandera que la relaxe de Rokiya. Il est à noter l'atmosphère «congelée» au moment d'un procès opposant deux parents devant une assistance record qui suit les travaux du trio Malika Djabali, Chikhi et Djellouli ainsi que du bouillonnant Ayache bien installé sur le siège du ministère public malgré qu'il ait gardé tous les réflexes d'un juge du siège qui demande à poser une question en sa qualité de poursuivant, mais qui garde «la main» aux lieu et place de Djabali, tolérante à souhait car elle devine que son cadet de collègue sait s'y prendre pour éclairer la chambre d'où jaillira le verdict. Dans la salle, Maître Bakhti Azzaz est sagement assis encadré de Maître Riadh Azzaz et Maître Mériem Azzaz, ses deux beaux enfants qui ont emprunté la voie de l'enfant de Theniat El Had (Tissemsilt) et donc apprennent en direct le spectacle justice qui se déroule sous leurs yeux. Entre-temps, évoquant le certificat médical (douze jours d'incapacité), le procureur général estime que l'application des termes de l'article 264 du Code pénal loi n°06-23 du 20 décembre 2006 est à même de revoir de près le verdict du tribunal. «L'appel a été créé pour corriger les bévues de la première instance et donc rendre justice beaucoup mieux!» avait marmonné Ayache qui a réclamé la même peine que celle demandée au tribunal.
Maître Bachira Djellab, l'avocate de Ghania, aura usé de tout son charme devant les trois non moins charmantes magistrates plutôt amusées que cette jeune et décidée avocate ait emprunté un chemin de «roses» pour plaider en faveur d'une victime de sa propre nièce que la colère a menée droit sur un délit sérieux et que la famille ne peut supporter. En mettant en examen un sensible dossier, Malika Djabali, la présidente va devoir beaucoup relire les termes étalés par Maître Youssef Amar et Maître Bachira Djellab avant de décider dans la sérénité et surtout du respect de l'application de loi même si ce dossier met en scène une nièce et une tata plutôt victimes d'une colère qui n'avait pas sa place...
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Abdellatif TOUALBIA
Source : www.lexpressiondz.com