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Hassaïnia (Bouinan)



Hassaïnia (Bouinan)
Une revendication collective s'est transformée en un mouvement incontrôlable et a failli se terminer tragiquement.Les familles Medjroub, Yous, Lahiani et Oukrit, originaires du douar Hassaïnia (commune de Bouinan, wilaya de Blida), ont exprimé leur mécontentement, ce dimanche matin, en coupant le chemin vicinal qui traverse «leur» terre, dont ils estiment la superficie à 78,25 hectares. Ils exhibent leur acte de propriété datant des années quarante.Ces citoyens se sont révoltés contre les «abus» de l'EURL Kribi Messaoud. Deux fronts : celui des femmes, d'un côté, et celui des hommes, de l'autre, ont tenu tête aux autorités et ont exigé l'interdiction de l'accès à cet homme (Kribi M.) et de l'aménagement d'une station de gaz. Les autorités locales : le président de l'APC et chef de la daïra de Bouinan, la gendarmerie et la Protection civile étaient sur les lieux, très tôt, le matin, et ont pu contenir la protestation. Jusque-là, rien de vraiment spécial. On est habitués, ces dernières années, à voir les citoyens exprimer leurs revendications de la sorte.C'est, dirait-on, légitime. Mais, parfois, même si on est dans son droit, la manière de le demander peut nous faire basculer du camp des victimes dans celui des coupables. Certains dérapages ont fait de cette revendication collective, au départ peut-être légitime, un mouvement incontrôlable, qui a failli se terminer tragiquement. Un citoyen, plus en colère que les autres, torse nu et le verbe cru, debout sur la station de gaz fraîchement installée, tient un bébé de quelques mois dans une main et une épée artisanale, dans l'autre, et menace de faire l'irréparable, si on s'approche de lui.Ce comportement insolite a fait basculer l'opinion des présents. Pendant ces agitations, un camion «Herbil» appartenant à l'EURL Kribi, a été incendié. Même les gens qui représentaient ces familles semblaient condamner ces dérapages. Ce n'est pas ainsi qu'on demande ses droits. Des comportements pareils, des dérapages incontrôlés, comme celui-ci, regrettables, transforment la victime en coupable.Ces familles ont, certainement, des droits sur cette parcelle de terre, les papiers exhibés ne sont pas des faux, elles auraient dû choisir une forme plus légitime, plus «civilisée» pour faire valoir leurs droits et faire entendre leurs revendications, comme, par exemple, s'asseoir autour d'une table, choisir un médiateur et exprimer leurs doléances, sans pour autant avoir recours à la violence.Cette dernière ne résout pas les problèmes. L'intervention prompte et efficace de la gendarmerie et de la Protection civile a limité les dégâts. Les travaux d'installation de gaz ont pu reprendre?,mais jusqu'à quand ' Les habitants de ce douar promettent de revenir à la charge et de demander ce qui leur est dû. Espérons que les sages de ces familles sauront choisir le meilleur moyen de recouvrer leurs droits.
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