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Frantz Fanon est devenu Algérien par amour pour ce peuple Edito



Frantz Fanon est devenu Algérien par amour pour ce peuple                                    Edito
Tout a été dit ou presque sur ce héraut de l'anticolonialisme. Ses ouvrages sont disponibles en librairie, de même que des publications sur l'idéologue. Il y a bientôt cinquante ans disparaissait Frantz Fanon, un de ces «étrangers» devenus Algériens, par amour pour le combat contre le colonialisme français. Au fil des années, différents hommages ont été rendus à l'auteur des Damnés de la terre, à tel point qu'il est devenu impossible de le dissocier de l'histoire du mouvement national. Martiniquais de naissance, Algérien d'adoption, il représente, avec Aimé Césaire, Léopold Sédar Senghor et tant d'autres, cette génération d'intellectuels qui ont combattu le colonialisme sous toutes ses formes, sous tous ses visages.
Il n'a, à vrai dire, pas d'identité propre, tant il peut s'identifier à tous les peuples opprimés, mais il a néanmoins choisi l'Algérie et son combat pour son émancipation. Malheureusement, peu se souviennent qu'il fut ambassadeur du Gouvernement provisoire de la République algérienne (GPRA). Peu savent aussi qu'il a exercé à l'hôpital de Blida-Joinville, qui porte désormais son nom.
Psychiatre, il sondait également cet autre mal dont étaient victimes Africains, Antillais et Asiatiques : l'impérialisme. Difficile d'imaginer le personnage après l'indépendance, difficile d'imaginer quelles fonctions il aurait exercées, s'il serait encore en Algérie en 2011. Algérien, il l'est devenu par amour pour ce peuple, par amour pour ces femmes et ces hommes qui ont juré de verser leur sang pour s'émanciper totalement de la tutelle coloniale, pour devenir une nation à part entière. Après une lecture de L'an V de la Révolution algérienne, ou même dePeau noire, masques blancs, il est impossible de le dissocier de la cause nationale, tant il s'identifie parfaitement à elle, tant sa pensée intérieure est complètement imprégnée de cette Algérie à laquelle il s'est voué corps et âme.
L'urgence est telle que cet anniversaire doit permettre à chacun d'entre nous de se réapproprier Frantz Fanon, de l'intégrer définitivement dans l'imaginaire collectif. On peut se demander combien d'écoliers algériens ont pu étudier en classe des extraits de ses 'uvres. Si ces mêmes écoliers algériens ne jouissent pas d'un entourage soucieux d'une meilleure connaissance de notre patrimoine, il y a fort à parier qu'ils se compteraient sur les doigts d'une seule main ou presque. Peu d'entre nous le connaissent, donc, mais chacun d'entre nous se doit de le découvrir davantage, de rêver à sa passion algérienne.
Né Martiniquais, Frantz Fanon est devenu Algérien par la force des choses, et il s'agit bien de cette algérianité si chère, pour laquelle il s'est voué en devenant cet enfant de la République algérienne naissante. Parti six mois avant l'indépendance effective, il n'aura pas eu le temps de connaître la crise de l'été 1962, puis l'avènement de la République algérienne démocratique et populaire'
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