Blida - Revue de Presse

Equitation

Grâce et insouciance au festival du Dahra Avec des moyens dérisoires et une volonté à toute épreuve, les chevaux finissants et leurs harnachements seront transférés vers l?actuel centre hippique qui était dans un état de délabrement avancé. Le terrible vent de l?ouest qui laboure la carrière, soulevant des nuages de poussière, n?aura en rien entamé l?ardeur des superbes cavaliers. Venus en grand nombre, ils se seront retrouvés pratiquement à l?étroit, obligeant les organisateurs du Farès Mesteghanemi à redoubler d?efforts et d?initiatives pour loger tout ce beau monde. En effet, face à un engouement de plus en plus marqué pour cet incontournable épreuve, les sociétaires de l?association équestre de Mostaganem auront sorti le grand jeu, y compris en aménageant des boxes de fortune. Rien que pour ne pas décevoir leurs hôtes venus depuis les plus grand club du pays. Car cette 11ème édition du festival équestre du Dahra aura battu tous les records d?affluence. Plus de 120 chevaux de selle appartenant aux prestigieuses associations de Blida, d?Alger Bordj El Kiffan, d?Oran ainsi que les redoutables cavaliers de la garde républicaine et leurs collègues de l?école de police de Soumaa. S?il est parvenu à avoir autant d?audience, c?est que quelque part, ce festival aura incontestablement réussi à maintenir une certaine continuité et une réelle abnégation. Au profit exclusif des amoureux de ce sport qui sont de plus en plus nombreux à le pratiquer. Cet engouement s?explique, à en croire le Dr Mounir Zerhouni, qui en est l?incontournable cheville ouvrière, par l?organisation annuelle de pas moins de trois concours, contre seulement un seul lors de la création de cette manifestation en 1997. Ce n?est point sans une certaine fierté que ce vétérinaire parlera du prestigieux concours du Dahra, qui se déroule généralement au printemps, d?un concours pour jeunes qui est organisé à la fin de l?été et, enfin, d?un concours d?endurance qui se tient au mois de décembre. Alors qu?il y a à peine une quinzaine d?année, c?était le centre équestre de l?ex-ITA de Mostaganem qui abritait cette activité, et ce, depuis le début des années soixante-dix, il aura fallu l?émergence d?une nouvelle direction pour que le centre se transforme en véritable mouroir à chevaux. Avec des moyens dérisoires et une volonté à toute épreuve, les chevaux finissants et leurs harnachements seront transférés vers l?actuel centre hippique qui était dans un état de délabrement avancé. Ce n?est qu?avec le soutien et l?aide de l?ancien wali- actuellement en poste à Médéa-, que les amateurs de sports équestres pourront redonner vie à cette activité. C?est à ce prix que le centre équestre de Sayada, dont la construction remonte à l?année 1842, pourra entamer son redressement. C?est d?ailleurs à la faveur de ce soutien de la plus haute autorité exécutive que les jeunes de toutes conditions parviendront à satisfaire leur passion du cheval. L?arrivée depuis quelques années de quelques poneys finira par drainer un nombre impressionnant de jeunes cavaliers. Tout en faisant leur apprentissage des rudiments de cavalerie, grâce à la docilité des pensionnaires du poney-club, ces enfants ne cessaient de lorgner très sérieusement du côté de leurs fiers devanciers paradant avec justesse sur des montures de rêve. NIVEAU RESPECTABLE C?est ainsi que le passage du témoin entre les génération se fera sous le regard attentionné et autoritaire de Abdelkader Chelef, l?inamovible et rigoureux moniteur. Après des années de souffrance et de dur labeur, les résultats seront à la mesure des sacrifices consentis. Non seulement le club dispose d?une pléiade de cavaliers dans la pure lignée de leurs prédécesseurs, mais grâce à l?abnégation sans bornes du Dr Zerhouni, l?écurie s?est enrichie d?une cavalerie capable de faire douter les plus imprenables citadelles. Alors que dans la plupart des sports, la cité de Sidi Saïd éprouve d?énormes difficultés à se hisser et à se maintenir à un niveau respectable, force est de reconnaître que l?équitation peut à juste titre s?enorgueillir des performances de ses cavaliers et de ses chevaux. Pourtant, lorsqu?il s?agira de répartir les subventions, un certain égalitarisme d?un autre âge semble avoir encore de beaux jours devant lui. Lorsque l?on parvient à rassembler les plus prestigieuses écuries nationales, dont celles de la garde républicaine, de la 1ère région militaire, de la police nationale, des clubs de Blida, Bordj El Bahri, Tiaret, Sidi Bel Abbès, Tlemcen et Oran, c?est qu?en face, dans la petite mais richissime commune de Sayada, il y un club qui active dans la sérénité et qui cultive la témérité. Le week-end dernier, à l?occasion de cette grandiose fête du cheval, ils étaient des centaines à vivre intensément au rythme des sauts d?obstacles et de fantasia qu?une centaine de cavaliers richement vêtus auront offert au nombreux public venu de toutes parts partager des instants inoubliables. Deux jours durant, malgré un soleil capricieux et un vent acharné, les amis du cheval auront vibré au rythme endiablé qu?une galerie iconoclaste se faisait un point d?honneur d?entretenir. Sur la carrière gazonnée, les parcours changeaient au grès des épreuves. Abordable pour des cavaliers amateurs, les obstacles se feront de plus en plus haut et de plus en plus alambiqués. D?où des joutes d?un autre âge que les puristes qui se pressaient sur les gradins suivaient religieusement. A côté des innombrables blessures des chevaux et des hommes, des spectaculaires chutes et des inévitables déceptions, il y avait cette grâce sans laquelle l?équitation ne serait qu?un sport champêtre. C?est cette remarquable présence féminine qui donnera à la manifestation un cachet très particulier où ni la grâce, ni l?insouciance ne feront défaut. Car, mis à part les sauts d?obstacles et les épreuves d?endurance, il est vain de chercher une autre activité sportive ou ces dames peuvent se mesurer à armes égales aux hommes. C?est aussi cela le miracle de l?équitation qui transcende non seulement les genres mais également les âges. Probablement que cette activité participe également de la plénitude qui mène vers le bonheur. Assurément, grands et petits, hommes et femmes de toutes conditions auront communié dans ce festival du cheval et de la bonne humeur.
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