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Equipe nationale-Bilan



Equipe nationale-Bilan
Au départ, après avoir pris connaissance du tirage au sort, les sportifs algériens ont rêvé d'une seconde victoire en Coupe d'Afrique des nations après celle de 1990. Les raisons de cet optimisme étaient multiples et fondées. Il y a d'abord le noyau des joueurs qui ont brillé au tournoi le plus relevé du monde, le Mondial 2014 au Brésil, où ils ont fait douter les Allemands, futurs champions du monde. Ensuite, l'éclosion de Mahrez en Angleterre, rejoint cette saison par Slimani, ainsi que l'arrivée de nouveaux capés ambitieux, étaient autant de données ayant renforcé la confiance en cette équipe. Enfin, les cadres sont arrivés à maturité, à la meilleure période de leur carrière.Or, on sait ce qui s'est passé au Gabon avec cette équipe absolument apathique, ne montrant que des «particules» de son savoir-faire face à des adversaires évidemment ravis de cette aubaine et qui ne se sont pas privés de lui compliquer l'existence. A commencer par le Zimbabwe, considéré comme le rival le plus faible du groupe, avant de sombrer face au onze tunisien, pourtant loin d'être un foudre de guerre. Contre le Sénégal, il n'y avait ni illusion ni espoir à entretenir car, outre que les Lions de la Téranga étaient supérieurs, le ressort était cassé chez les Fennecs. Selon des confrères sur place, on a appris, en effet, qu'avant le troisième match contre le Sénégal, certains capés ont tout fait pour réserver leur vol pour rentrer le plus rapidement chez eux. Consternant ! Et pourtant, par le passé, l'équipe algérienne a constamment dominé son homologue, et ce depuis leur premier face-à-face en 1977. Le bilan est élogieux pour les Verts : 10 victoires, 5 nuls et seulement trois défaites. Il faudra, hélas, ajouter à ce bilan le nul de lundi qui a scellé le sort de l'EN dans cette CAN 2017. Au départ, Raouraoua a engagé Georges Leekens en lui faisant signer un contrat d'objectifs, avec une présence dans le carré final et une qualification au Mondial 2018 de Russie. Après les deux contre-performances face au Cameroun à Blida et au Nigéria, la logique veut qu'on tire un trait sur cet espoir de voyage au pays de Poutine. Conscient de cette douloureuse réalité concernant les éliminatoires du Mondial 2018, le président de la FAF a exigé au staff et aux joueurs le titre au Gabon. C'est ce qui s'appelle «avoir les yeux plus gros que le ventre» ! Seule une série de miracles et de circonstances favorables auraient rendu possible ce rêve.Et pourtant, lorsque le calendrier des matches fut connu, on s'est dit que l'EN avait la chance de débuter contre la plus abordable des équipes du groupe B, le Zimbabwe. Car tous les spécialistes savent que dans ce genre de tournoi à quatre équipes, le premier résultat est déterminant, à condition qu'il soit bon. Or, ce ne fut pas le cas et les camarades de Taïder en ont fait l'amère expérience en évitant la défaite de justesse grâce au talent de Mahrez et de M'bolhi, les seuls capés à surnager dans cette rencontre à mettre vite aux oubliettes. Encore une fois, les sportifs algériens ont cru à un sursaut de leurs favoris face à la Tunisie. On sait ce qui en est advenu face à des adversaires pourtant pas terribles, à savoir une honteuse défaite au terme d'un non-match des Fennecs. Et, le plus navrant, c'est que ces derniers ont ressassé par le biais des médias les mêmes promesses de sursaut, prétendant sauver l'honneur à défaut d'une qualification impossible après les deux mauvais résultats face au Zimbabwe et à la Tunisie.Il serait illogique de ne pas citer l'un des responsables de ce bilan désastreux, en l'occurrence Georges Leekens, un entraîneur dépassé malgré son expérience et sa carte de visite. On rappellera qu'il a drivé l'équipe de Belgique et l'EN en 2003 avec des résultats peu reluisants. Certes, il a pris le relais de Gourcuff, un entraîneur que les cadres de l'EN estimaient, mais force est de reconnaître qu'il n'a maîtrisé ni ses poulains ni appliqué son système fétiche, un 4-2-3-1 que les spécialistes n'ont jamais vu, ou alors sur le papier seulement. Il existe malheureusement des entraîneurs à l'esprit si obtus qu'il leur déforme la réalité du terrain. Parfois, ils composent l'équipe-type en raison de leurs affinités avec les joueurs, ce qui est très grave. D'autres fois, et c'est plus courant, ils appliquent un schéma de jeu dont eux seuls voient l'utilité. Enfin, pour couronner le tout, ils sont incapables d'apporter des solutions à leur équipe, ne rappelant pas à l'ordre des joueurs qui répètent les erreurs à l'envi. Un entraîneur, c'est fait pour ça pourtant. Il doit rectifier, ordonner et montrer la voie à ses poulains. L'exemple de Leekens est édifiant à ce sujet. Il aligna un onze de départ contesté, un système non approprié pour ce choc contre la Tunisie où il fallait attaquer. Mais ce fut une gestion tactique aléatoire du match et, enfin, des remplacements tardifs dont l'un, celui de Brahimi, était une erreur de plus, car injustifié et a même soulagé les Tunisiens. D'autres joueurs avant lui devraient quitter le terrain où ils étaient tout à fait transparents. On comprend alors la colère de Brahimi sans excuser pour autant sa ruade sur la glacière, un comportement inédit chez ce joueur si calme. Justement, cette réaction aussi soudaine qu'inattendue prouve amplement l'anarchie ayant envahi le vestiaire. En définitive, le passage Leekens s'est avéré une véritable catastrophe pour l'équipe nationale dont le potentiel technique est pourtant reconnu par tous les experts.A ce propos, comment ne pas avoir des regrets au sujet des quatre mois après le limogeage de Gourcuff, une période gâchée pour rien, au cours de laquelle un bon entraîneur aurait été installé et aurait eu le temps de mettre en pratique sa méthode et ses conceptions. Après tout, à quelques petites différences, les pays présents au Gabon ont eu les mêmes inconvénients sans que cela diminue leur rendement dans cette compétition continentale. Comme pour «couronner» son passage éclair à la tête de l'équipe nationale, Georges Leekens, la veille du troisième et dernier match, y est allé avec une déclaration qui restera dans les annales : « On peut battre n'importe quelle équipe, même l'Allemagne ou le Barça». C'est, bien sûr, une histoire belge, mais elle est de mauvais goût…
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