Blida - A la une

Du vin, du larcin et un procès...



Du vin, du larcin et un procès...
Des voleurs soudoient des gardiens mal payés pour s'emparer de vin. Aïe, aïe!
Mohamed Taïboune et Rida Meskri sont deux gardiens au sein de l'unité des alcools de Bourkika (Hadjout). Tout comme Samir, Houcine Laâkab et Mohamed Hadji (en liberté provisoire) qui risquent dix, huit et cinq ans avec, en sus d'un mandat de dépôt à l'audience, Hadji vivra un cauchemar avec la hantise de voir la paire de menottes lui être passée par ces gaillards de policiers assurant le transfert prison-tribunal des détenus.
Il est vrai que ce procès concerne pas moins de six délits, en l'occurrence dilapidation de biens publics, association de malfaiteurs, vols de marchandises, etc.
Les deux gardiens qui ne gagnent que deux mille dinars par mois ont été tentés par les offres alléchantes de ceux qui s'étaient introduits dans l'unité charger des bouteilles de vin de la région de Tipasa, du vin réputé...
Le responsable et le chauffeur du camion, objet du déchargement de la marchandise, ainsi que le propriétaire du poids lourd ont eu le sang glacé surtout au moment des demandes effectuées par cette sacrée Tahi qui s'en f... que le préjudice causé ait été exagéré puisque le terme des «cinq milliards de centimes» avait été évoqué par l'incisive avocate de la partie civile, Maître Hajira Bouguerche qui a franchement mis de l'eau dans les douze rotules des inculpés. Durant les débats, il est apparu que du vin avait été volé mais l'association de malfaiteurs n'avait pas montré le bout du nez car les inculpés ne se sont jamais réunis pour les trois opérations ni convenu d'une quelconque opération de vol. Pire, Maître Kamel Siari a même parlé d'une faute de gestion de l'entreprise: «Heureusement que la mauvaise gestion n'est plus d'actualité!» s'était-il exclamé devant Benmlouka, pétillante de sang-froid, comme d'habitude. Amel Tahi, la vigoureuse procureure de l'audience correctionnelle du mardi, à Hadjout (cour de Blida), s'était illustrée face à cinq détenus poursuivis pour vols, dilapidation de biens, association de malfaiteurs, complicité de dilapidations de biens publics qu'elle décortiquera plus tard pour une meilleure compréhension du dossier dénoncé par les avocats. Elle prendra la pertinente occasion, d'une pause «orale» de Sihem Benmlouka, la présidente, qui a visiblement étudié le dossier où la liberté des gens était en jeu avec des avocats d'envergure tels Maître Djillali Hamani, Maître Nassima Aid, Maître Tahar Sidoumou, Maître Razika Dekouka, Maître Kamel Siari, Maître Sofiane Larbi Belhadj, Maître Mansouri Hadj Maître Hamani étant le révolté pour le «tonneau vide» qui roule... pour s'amuser à un jeu de questions-réponses pour aider le tribunal à aller vers la vérité du «qui a fait quoi» dans ce grave dossier qui a surtout mis en valeur le stratagème intolérable qui veut que des malfaiteurs entrent dans une entreprise s'emparer de trucs qui ne leur appartiennent pas et graissent la patte à des gardiens par des «dons» de trente mille dinars à chaque fin de mois en sus de la paie légitime, celle-là. Les grands moyens pour faire taire les vols en expédiant des «braises rouges» dans la bouche de pauvres bougres si mal payés qu'ils acceptent les moindres dinars offerts généreusement en vue d'obtenir cent fois plus, surtout que dans ce dossier on a parlé d'un préjudice de cinq milliards de centimes selon Maître Sidoumou. Et c'est pourquoi Tahi, en sa qualité de poursuivante assise sur le siège, s'est adonnée au terrible exercice de tirer les vers du nez des détenus, surtout le plus vieux d'entre eux qui n'a pas réussi à résister aux brillantes questions claires puisées des PV qui a mis en valeur l'excellent boulot des enquêteurs chargés de cette triste affaire. Celle-ci a vu les proches des détenus remplir la salle qui aura vécu des moments chauds et ce d'autant plus que les témoins avaient «pimenté» les péripéties des délits retenus par la juge d'instruction de Hadjout qui a préféré ne pas s'attirer d'ennuis en jetant tout ce beau monde en taule, s'éloignant des actions de la liberté provisoire, voire du contrôle judiciaire. Il ne restait plus à Benmlouka qu'à séparer le bon grain de l'ivraie.
En suivant les débats, Maître Hamani a dû penser plaider les circonstances atténuantes pour son client manillé jusqu'au cou, les témoins n'y étant pas allés de main morte surtout pour ceux qui ont prêté serment de ne dire que la vérité, toute la vérité. Il en était de même pour Maître Dekouka qui a retenu que l'office était réellement victime des agissements des gus, son client notamment, qui a participé au méfait mis à nu par les services de sécurité et dénudé par cette remarquable Tahi qui s'est aperçue que la juge était sereine grâce à la «compréhension» et à la «collaboration des inculpés» qui s'étaient sucrés à plusieurs reprises lors des vols savamment mis en branle en achetant le silence des gardiens qui étaient debout à la barre maudissant au plus profond de leurs tripes, les entreprises malhonnêtes et malheureuses. L'avocate de la partie civile Maître Hadjira Bouguerche, a, elle aussi, joué sur du gazon. Elle enfoncera les inculpés par du verbe justement trouvé et usité en vue de sensibiliser la présidente et la pousser à un verdict sévère: appliquer la loi justement.
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Nom & prénom
email : *
Ville *
Pays : *
Profession :
Message : *
(Les champs * sont obligatores)