Notre pays est encore à la traîne en ce qui concerne le don d'organes. Il
reste encore à sensibiliser le citoyen, les professionnels de la santé et les
différents intervenants. Deux transplantations seulement se sont effectuées à
partir de cadavres en 2010 à l'hôpital de Blida alors que la demande est de
plus en plus importante, et chaque année, des insuffisants rénaux viennent
s'ajouter à une liste d'attente. Hier au forum d'El Moudjahid, la Société
algérienne de néphrologie, dialyse et transplantation (SANDT) a attiré
l'attention sur ce problème complexe. Le président de cette association, le
professeur Rayane, s'appuiera sur des données qui traduisent le mal qu'endurent
les dialysés qui espèrent un jour recevoir un rein et retourner à une vie
normale. Par ailleurs, dans les trois dernières années seulement, 300 patients
ont été transplantés, loin des estimations du programme de greffe des reins du
ministère de 2007 dont l'objectif est d'atteindre le chiffre de 500 greffes au
minimum par an. La greffe à partir de donneurs encéphaliques (cadavres)
représente seulement 0,7 % du programme national. Dans d'autres pays, indiquera
le professeur Rayane, le taux des donneurs est estimé à 70%, voire même à 85%
en France et en Espagne. Cela dit, nuance le professeur, le citoyen ne peut
répondre favorablement s'il n'est pas sensibilisé sur la question et si les
conditions n'y sont pas.
Le conférencier espère que
l'ouverture prochaine de l'Institut de rein dans la ville de Blida, qui se fixe
de faire de la recherche ainsi que la greffe des reins, devra en partie
apporter sa contribution, mais regrette que ledit Institut public, qui abritera
aussi l'Agence nationale de transplantation, connaît un rythme long dans sa
construction. Le conférencier estime que la transplantation d'organes doit être
une activité réservée au secteur public qui assure transparence et équité dans
l'attribution des organes.et que cela soit gratuit pour décourager toutes
tentatives malsaines. Il a tenu à clarifier que dans notre pays la loi est
sévère en ce qui concerne les transplantations. D'ailleurs, l'Association
demande à ce qu'il y ait un allégement de la loi 85-05 relative à la
transplantation afin qu'elle puisse permettre aux parents de 2ème degré
(oncles, tantes...) de pouvoir faire don d'organes à un proche malade.
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Posté par : sofiane
Ecrit par : Salah-Eddine K
Source : www.lequotidien-oran.com