
La prise en charge des insuffisants rénaux se fait de trois façons. La greffe est la plus efficace.Le nombre des malades insuffisants rénaux en Algérie ne fait qu'augmenter. De 100 cas en 1980 à 22 700 en 2016. Ces chiffres ont été rendus publics hier par le président de la Fédération nationale des insuffisants rénaux, le docteur Mustapha Boukheloua, à l'occasion de son passage au forum d'El Moudjahid. La décennie noire aura été très déterminante dans la propagation de cette maladie auprès des Algériens, a fait savoir M. Boukheloua, précisant que le dépistage précoce contre cette maladie a toujours fait défaut, particulièrement dans le milieu scolaire.L'Etat n'a pas négligé pour autant la prise en charge de ces malades. Environ 314 centres d'hémodialyse ont été réalisés depuis l'indépendance. L'Etat a acquis aussi des centaines de générateurs. Leur nombre est de 4000 actuellement. Le traitement des insuffisants rénaux en Algérie se fait de trois façons. La prise en charge au niveau des hôpitaux (machine), la prise en charge péritonéale qui se fait à domicile et la greffe. Le nombre des malades qui suivent le traitement péritonéal est de 700. La prise en charge la plus efficace, selon le conférencier, est la greffe. Cependant, cette méthode accuse un énorme retard en Algérie. Sans concession, M. Boukheloua attribue cet échec aux autorités en charge du secteur de la santé en Algérie. Ces dernières au lieu d'encourager le développement de ce type de traitement, en mettant le paquet, sont en train de faire exactement le contraire. Les centres hospitalo-universitaires souffrent tous d'un manque d'équipements et surtout du personnel spécialisé. Contrairement à ce que pensent certains, les donneurs d'organes existent et en nombre appréciable. «Certes la greffe ne se fait pas à tout-va et exige le respect de certains paramètres tels que l'homogénéité du groupe sanguin et le consentement, mais le nombre de personnes qui veulent donner leurs reins pour sauver des proches est de plus en plus important.» Elle peut se faire à partir de deux sources: de vivant à un autre et à partir d'un cadavre. Les accidentés de la voie publique peuvent tous servir au don d'organes. Les prises en charge au niveau des centres d'hémodialyse et à domicile peuvent elles aussi permettre aux insuffisants rénaux de survivre, mais en aucun cas elles leur permettent de vivre sans le stress et pour eux-mêmes et pour leurs familles, a déploré le spécialiste. Le développement du traitement par greffe en Algérie, a besoin, précise le conférencier, de la volonté politique. Celle-là fait jusque-là défaut. Et pourtant, le président de la République Abdelaziz Boutreflika qui a été interpellé à ce sujet en 2001 par les insuffisants rénaux, a ordonné la réalisation d'un Institut national du rein à Blida. «Ce centre a été réalisé, mais jusqu'à présent, est à l'abandon.» De même le siège de l'Agence nationale du don d'organe a été réalisé, mais il n'est toujours pas opérationnel.M. Boukheloua a profité de l'occasion pour interpeller les autorités quant à la nécessité de mettre en service les deux sièges. L'autre souhait de l'invité d'El Moudjahid, est de renforcer et d'encourager le dépistage précoce. «Plus la maladie est découverte très tôt, plus les chances de guérison, sont grandes» a-t-il conclu.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Mohamed BOUFATAH
Source : www.lexpressiondz.com