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Davantage d'investissements pour faire face au spectre de la séchresse



Davantage d'investissements pour faire face au spectre de la séchresse
C'est ce que font ressortir les statistiques de la direction des services agricoles de la wilaya de Tipasa (DSA) qui mettent en valeur la forte progression du taux de croissance en matière d'indice de production. Il s'avère qu'en l'espace de 15 ans, la production céréalière s'est accrue de 143%, alors que les maraîchages ont atteint les 191%. La croissance de la production dans les filières de l'arboriculture, la viticulture et l'oléiculture avoisine, respectivement, 321%, 75% et 187%. Rien qu'on se référant à ces indicateurs, tout porte à croire que l'agriculture à Tipasa, qui a connu durant les années 1990, et à l'instar d'autres régions du pays fortement marquées par les conséquences des évènements de la tragédie nationale, un recul en termes de productivité et d'investissement, commence pour ainsi dire à redorer son blason et récupérer son rang de vocation première de la wilaya. Cela va sans dire que la dynamique née de la mise en place d'une série de mesures décidées par les autorités centrales s'est accompagnée par un regain d'intérêt à ce secteur primaire à Tipasa qui s'est traduit sur le terrain par l'extension de la surface agricole exploitée et la modernisation des moyens de production. Pour autant, il est toujours des variables qui impactent les rendements dans plusieurs filières et par extension la réussite ou non de l'année agricole. Parmi ces facteurs, les aléas climatiques ou plus précisément le spectre de la sécheresse qui hante chaque année l'esprit des fellahs, particulièrement les exploitants des filières stratégiques ou celles ayant besoin d'un important apport en eau, telle que l'arboriculture.Un ennemi, la sécheresseDurant la campagne écoulée, des filières, à l'instar de la céréaliculture et les maraîchages, ont failli voir, totalement, leurs productions compromises à cause du manque de pluie et la réduction drastique du volume d'eau transféré depuis le barrage de Bouroumi au périmètre irrigué inclus dans les communes de Ahmeur El Aïn, Hadjout, Bourkika, Sidi Rached et Hattatba. L'eau demeure toujours, voire plus que jamais, une question décisive dans le monde agricole, d'autant plus qu'avec les changements climatiques, un risque certain pèse déjà sur le devenir de l'agriculture dans la région, qui sera fortement soumis à une évolution erratique, si la situation reste en l'état actuel et que l'amenuisement des ressources en eau mobilisées pour l'irrigation, soutiendrait un rythme plus marqué. A titre illustratif, les dernières statistiques mises à jour par la direction des ressources en eau de Tipasa font état d'un volume de 12 millions m3 mobilisé depuis le barrage de Bouroumi, pour l'irrigation de périmètres situés à Tipasa et dans la wilaya de Blida, alors que l'objectif fixé est de 62 millions m3. Soit un besoin non satisfait estimé à 50 millions m3. C'est dire le déficit. En revanche, force est de constater que pour faire face à la situation, de colossaux moyens financiers ont été mobilisés par les pouvoirs publics pour régler ce problème qui ne date pas d'hier, mais qui a tendance à s'inscrire dans la durée. Pour autant, l'irrigation par les eaux superficielles a connu à Tipasa une amélioration, et ce, que ce soit pour les installations et moyens de stockage, de transfert ou bien en ce qui concerne la répartition optimale des volumes.Les eaux superficielles en chiffresOn évalue la superficie équipée à 12.500 ha bénéficiant des eaux de Bouroumi, à Tipasa, transférées et acheminées à travers un système de canalisation long de 515 km, ponctué de 808 bornes d'irrigation, ainsi que de deux stations de pompage d'une capacité de 2.423 litres par seconde et de deux réservoirs de régulation de 952 m3. Pour ce qui est du barrage de Boukerdène, situé sur le territoire de la commune de Sidi Amar, qui irrigue un périmètre de 5.908 ha, il couvre une partie ou la totalité des besoins de 7 communes (Hadjout, Tipasa, Nador, Sidi Amar, Cherchell, Sidi Ghilès et Hadjret Ennos). Les canalisations faisant jonction entre le barrage en question et son périmètre irrigué totalisent 204 km, avec une capacité de pompage répartie sur quatre stations équivalentes à 3.172 l/s. Outre ses six réservoirs de stockage et de régulation pouvant contenir un volume de 32.542 m3, ce réseau d'irrigation comprend également 410 bornes. Toutefois, si on se réfère au bilan des campagnes d'irrigation des six dernières années, on constate une évolution en dents de scie des volumes en eau alloués à l'agriculture depuis les deux barrages. Théoriquement, le barrage de Boukerdène devrait en moyenne et ce, depuis 2010, affecter quelque 31 millions m3 annuellement pour subvenir aux besoins de l'agriculture de la wilaya. Or, il y a lieu de constater que ce quota n'a jamais été satisfait. En 2010 par exemple, seuls 3 millions m3 ont été mobilisés, contre 5 en 2011 et 7,5 l'année suivante. En 2013, le volume destiné à l'irrigation s'établissait à 4,5 millions m3. Soit la même quantité en 2014 et un million de moins qu'en 2015. Cette année, la ration de l'agriculture est de 5 millions seulement sur les 31 millions fixés initialement. Sur les 5.908 ha représentant la surface équipée dépendant de Boukerdène, 557 ha uniquement ont été dotés de cette ressource rare en 2016, contre 712 ha en 2015, alors que le pic a été enregistré en 2012 avec 892 hectares ayant bénéficié réellement de l'eau de Boukerdène. Même topo et quasiment les mêmes manques en termes d'irrigation en ce qui concerne le périmètre relevant de Bouroumi. Mis à part les années 2012 et 2013 où on a mobilisé respectivement 52 et 49 millions m3 d'eau pour l'irrigation de périmètres des wilayas de Blida et Tipasa, soit plus ou moins 10 millions m3 de moins que les besoins théoriques projetés, les autres campagnes avaient moins de chance. Cela étant détaillé, l'affectation des eaux superficielles pour les besoins d'irrigation reste invariablement tributaire de l'apport en pluie et des besoins des populations locales.Les eaux souterraines pour pallier les déficits En plus de l'apport des eaux superficielles, tout un réseau mobilisant les eaux souterraines est en exploitation à Tipasa. Selon un document de la direction des ressources en eau de la wilaya, il existe actuellement, du moins jusqu'à ce mois, 654 forages irriguant une superficie de 7.531 ha, 2.163 puits destinés à des périmètres totalisant une surface de 5.126 ha et enfin 694 ha irrigués grâce à la captation des eaux de 324 sources. Au total donc, les eaux souterraines à Tipasa qui servent d'apport de consolidation des ressources superficielles ou de principale source dans bien de cas, irriguent 13.651 ha. « Un nombre de 39 autorisations de creusement de forage ou de puits agricoles ont été délivrées durant l'année 2015 et 20 autorisations depuis le 1er janvier à ce jour », peut-on lire dans un rapport sur le secteur de l'hydraulique soumis récemment au conseil de l'exécutif de la wilaya. Dans le même document, il est mentionné que les trois stations d'épuration (Step) que compte Tipasa produisent un volume en eau équivalant à plus de 5,49 millions m3 par an, soit un 2.194.592 m3/an pour chaque station. Néanmoins, toute cette eau reste inutilisable pour les besoins de l'agriculture. « Le traitement appliqué actuellement au niveau des stations d'épuration de la wilaya ne répond pas aux normes indiquées dans l'arrêté interministériel, daté du 2 janvier 2012 et fixant les spécifications des eaux usées épurées utilisées à des fins agricoles », expliquent les rédacteurs du rapport en question. Néanmoins, rien n'est encore perdu.« Afin de répondre à ces normes et utiliser les eaux épurées pour l'irrigation, il est impératif de rajouter un traitement tertiaire aux eaux usées au niveau des Step », conditionnent-ils.Des horizons meilleurs pour l'extension des périmètresEn attendant la récupération à des fins agricoles de ce volume, les directions des ressources en eau et des services agricoles de la wilaya ont mis en commun un ambitieux programme visant l'extension du périmètre irrigué. Les objectifs tracés tablent sur une extension projetée estimée à 6.374 ha, d'ici seulement 2019. Selon le même rapport, le programme en question comprend huit grandes opérations. Il s'agit respectivement de la création d'un périmètre d'irrigation de 400 ha alimenté depuis le barrage Kef Eddir, situé à l'extrême ouest de la wilaya, qui n'est pas encore exploité, de la réhabilitation d'un périmètre de 2.600 ha, dépendant des ressources des barrages de Boukerdène et de Bouroumi, d'une extension de périmètre à hauteur de 40 ha, irrigué à partir de Bouroumi, de la création d'une aire d'irrigation constituée de 40 ha, dépendant des eaux du barrage Boudjebroune, des opérations de fonçage de105 forages et 150 puits, pour les besoins de périmètres totalisant une surface de 1.359 ha, le captage de 3 nouvelles sources et enfin la réalisation de retenues collinaires, utilisant les eaux des oueds comme sources. En somme donc et grâce aux moyens mis en place par les pouvoirs publics ainsi que les potentialités actuelles et futures de la wilaya en matière de mobilisation des ressources destinées à l'irrigation, le monde agricole de la wilaya de Tipasa peut, à une certaine mesure, faire face aux éventuelles sécheresses qui ont tendance à se répéter cycliquement ces dernières années.
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