Blida - Revue de Presse

Dans une lettre adressée le jour du scrutin au président de la République



Bouchaïr crie à la fraude puis... se rétracte Fait anodin, pour la première fois depuis les élections «démocratiques» de 1997, un président de la commission de surveillance, en l’occurrence Saïd Bouchaïr, porte à la connaissance du Premier magistrat du pays, dans une lettre écrite et signée par des représentants des partis politiques, les cas avérés de dépassements dans un scrutin. Alors qu’on s’attendait à un vote des plus réguliers et sans dépassements apparents, voilà que des incidents électoraux, accompagnés d’interventions des forces de l’ordre dans des centres de vote, ont été signalés par des observateurs des partis politiques à travers plusieurs wilayas du pays. Aussitôt alertée, et après consultation des partis contestataires, notamment du MSP et du RCD, et trois autres partis, hormis le PT, la Commission politique nationale de surveillance des élections législatives (CNIPSEL), par la voix de son président Saïd Bouchaïr, saisit le président de la République pour signaler plusieurs cas de fraude qu’elle a constatés lors du scrutin. Dans une lettre adressée au Premier magistrat du pays durant la matinée même du vote, dont nous avons une copie, la CNIPSEL demande au chef de l’Etat «d’intervenir pour mettre fin aux abus graves accompagnant le processus électoral et qui ont dépassé les limites des cas isolés». D’ailleurs, un tollé et un désarroi général se sont vite emparés des quartiers généraux du parti islamiste, le Mouvement pour la société et la paix (MSP), formation qui fait partie de l’Alliance présidentielle ainsi que du RCD qui ont dénoncé le bourrage des urnes. Ceci dit, la commission Bouchaïr a relevé beaucoup d’irrégularités dans beaucoup de wilayas. Il s’agit, en particulier, du refus des agents de certains bureaux de vote, notamment à Rouiba (Est d’Alger), plus exactement au centre Mohamed El-Kébir, au niveau du bureau n°1, d’ouvrir les urnes pour s’assurer qu’elles sont vides avant le début du scrutin. «Certaines de ces urnes étaient remplies d’enveloppes (135 bulletins de vote) au profit de candidats du FLN», précise-t-elle. La commission nationale de surveillance des élections législatives a enregistré, par ailleurs, une somme d’autres dépassements, à savoir l’absence dans certains bureaux de vote de listes de candidats de partis en lice, comme la liste du RCD et d’En-Nahdha à Blida et celle du MSP dans la wilaya de Saïda. La CNIPSEL a dénoncé aussi la poursuite, par le FLN, de sa campagne électorale le jour du scrutin, notamment à Aïn Témouchent qui aurait connu de graves dépassements de la part de le ministre de l’Emploi et de la Solidarité, Djamel Ould Abbès, où les observateurs du FLN portaient à l’intérieur des bureaux de vote, et ce, jusqu’au jour du scrutin, d’après la lettre de Bouchaïr, des tee-shirts et des casquettes montrant son effigie et le nom de son parti. Elle a signalé, en outre, que des urnes des bureaux itinérants dans la région d’El Oued ont été confisquées et cachées par des électeurs. Pour la commission de Bouchaïr, désigné par le président de la République, ces agissements ont pris un caractère national et émaillé presque toutes les régions du pays. Pour cela, elle endosse l’entière responsabilité au président de commission administrative des élections législatives que préside Abdelaziz Belkhadem. La CNIPSEL a sollicité l’intervention du président de la République pour prendre des mesures fermes et rigoureuses qu’il juge nécessaires afin de mettre un terme, conclut-elle, à ces agissements irresponsables qui touchent à la crédibilité des élections et à la réputation du pays et de la souveraineté de l’Etat. Seulement, le président de la CNIPSEL, Saïd Bouchair, apparemment pris au dépourvu et néanmoins très gêné par l’impact qu’il a suscité au sein de l’opinion publique lors de la saisine du président, se rachète et se rétracte et, à la dernière minute, en essayant de minimiser la portée de cette action, en l’a qualifiant de simples cas isolés. En attendant, les plaintes de cette commission sont déjà transmises au Conseil constitutionnel qui est chargé de valider officiellement les résultats électoraux, 72 heures après la fermeture des bureaux de vote, soit au plus tard lundi 21 mai.   Lire également nos articles en pages intérieures
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