La wilaya de Blida a dépassé la barre des mille cas et compte 116 décès mais ces derniers sont au niveau zéro depuis près de deux semaines alors que le nombre total en Algérie approche à grands pas des 10 000, surtout que nous enregistrons quotidiennement près de 200 nouveaux cas. Les raisons des augmentations du nombre de contamination invoquées par les uns et les autres divergent et ajoutent à l'incertitude ambiante quant à une éradication totale du virus. Les informations contradictoires qui nous parviennent d'un peu partout à travers le monde concernant les origines du Covid-19, un virus qui n'aurait pas dû être aussi virulent puisqu'il ressemble, selon les scientifiques, à celui des grippes saisonnières que nous connaissons, contribuent aussi aux grandes incertitudes planétaires le concernant. En Algérie, il y a aussi l'incertitude des chiffres qui continue d'alimenter une rumeur malsaine car il manque toujours les détails par commune sur les nouveaux cas enregistrés et qui sont gonflés sciemment ou inconsciemment par des citoyens qui ajoutent à la confusion par des chiffres plutôt élevés, qui se propagent par le bouche-à-oreille. Parfois, nous avons du mal à croire certaines affirmations émanant de citoyens, mais quand nous nous trouvons en face de cas concrets ayant touché nos voisins ou nos connaissances, nous nous posons des questions. Nous l'avons toujours dit, il n'y a pas mieux qu'une information officielle réelle et détaillée pour mettre fin à toutes les rumeurs. Le site du ministère de la Santé est bien fourni, mais il manque toujours le détail à l'intérieur même des wilayas, justement pour contrer ces rumeurs et gagner la confiance des citoyens, mise à mal depuis belle lurette par une rétention systématique de l'information par tous les responsables. Les Algériens se trouvent actuellement perdus entre une diminution très importante du nombre de décès par le Covid-19 et une augmentation aux explications diverses des contaminations quotidiennes. Ils se demandent aussi jusqu'à quand ils devront subir un confinement qui pèse lourd sur leurs revenus et sur leur moral, l'inconnu faisant toujours peur, surtout lorsqu'il se conjugue avec la mort. Au milieu de tout cela, il y a le Ramadhan qui tire à sa fin et qui nous offre un Aïd irréel en terme de normes sociales et très réel par contre par le fait de commerçants toujours de plus en plus voraces.La pomme de terre à 60 DA, la courgette à 170 DA et le poulet à 400 DA
Les actions salutaires menées par le ministère du Commerce ont eu, durant presque tout le Ramadhan, un effet dissuasif sur les commerçants qui se sont contentés de leurs marges régulières et qui ont permis aux citoyens de s'approvisionner de manière assez normale, laissant espérer un Aïd sans encombre. Mais non, peut-être aussi et surtout à cause d'une demande irrationnelle de toute une population en produits divers et cette propension à acheter de grandes quantités en prévision des fermetures durant les jours de l'Aïd, l'esprit malsain de la plupart des commerçants, à commencer par les grossistes, s'est réveillé et les prix de la plupart des produits de consommation courante ont augmenté de manière irraisonnée. Pour les fruits et légumes, la pomme de terre demeure quand même entre 60 et 70 DA (40 DA il y a 3 jours), mais la courgette a fait un bond jusqu'à 170 DA, suivie par la salade laitue qui passe de 50 à 120 DA, la tomate de 50 à 90 DA, l'oignon sec dépasse les 160 DA, le vert pourtant en grandes quantités sur le marché dépasse les 50 DA (entre 25 et 35 DA durant le Ramadhan). La carotte est passée de 50 à 80 DA, de même que la betterave, le piment et le poivrons coûtent actuellement entre 140 et 180 DA et les haricots verts ne descendent pas des 250 à 300 DA au moment où ceux à écosser sont inaccessibles à plus de 450 DA le kilo. Le peu de fruits existant actuellement sont vendus trop cher pour une qualité plutôt médiocre. Le poulet vidé, qui ne coûtait que 200 DA le kilo au début du Ramadhan passe maintenant au double à 400 DA et plus. Tous les autres produits sont à l'avenant devant une frénésie inexplicable des achats en quantités astronomiques de tout ce qui se vend dans les magasins et au-dehors. Même la levure chimique est passée de 5 à 10 DA le paquet.
Les pensions de retraite
Des citoyens se sont demandés pourquoi la CNR n'a pas avancé le versement des pensions de deux ou trois jours, permettant ainsi à ses retraités de retirer leur argent sans bousculade, ou du moins, sans être trop serrés par le temps. Ils soutiennent que des dates sont réservées à d'autres catégories de citoyens (salariés de la fonction publique et du MDN) mais ils sont encore assez jeunes et peuvent se déplacer ailleurs pour retirer leur argent, alors que la plupart des retraités ne peuvent le faire. Dans ce cas, nous assistons aujourd'hui 20 mai à des chaînes monstres devant les bureaux de poste, les vieux retraités étant incapables de supporter cette longue attente alors qu'ils jeûnent sous un soleil tapant et une température annoncée en augmentation. Il ne faut pas oublier aussi, et c'est cela le plus important, que les risques de contamination par Covid-19 sont bien réels et qu'ils se trouveront multipliés par 100 à cause de cette promiscuité entre des personnes fragiles qui ne prennent aucune précaution pour se prémunir d'une éventuelle contamination. Mais le mal est fait et il faudrait maintenant à Algérie Poste de prendre toutes les mesures nécessaires et possibles pour éviter à ces pauvres retraités de souffrir pour retirer leurs pensions.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Tahar Mansour
Source : www.lequotidien-oran.com