Des ministres maîtres de leurs paroles
C’était bien Zerhouni qui, à propos du refus de reconnaître Wafa, avait dit que tant qu’il serait en poste, il n’y aura pas de légalisation d’un néo-FIS. On se rappelle que c’était également lui qui avait endossé, dans le cadre de la sûreté interne des établissements, un projet de loi qui pouvait donner des prérogatives en sécurité publique aux membres des agences de sécurité. Il assume aujourd’hui la loi portant la définition du seuil électoral, comme l’initiative portant sur l’envoi de lettres à ceux qui s’étaient abstenus de participer au dernier vote. Il ne fut cependant pas le seul à avoir pris des initiatives. Il y a des ministres qui prennent des positions personnelles sur le plan politique, qui s’engagent et s’assument. Depuis l’interruption des élections qui devaient faire connaître à l’Algérie une nouvelle expérience, avec un président de la République et un gouvernement qui n’appartiennent pas au même bord, pour ne pas dire idées, particulièrement deux ministres de l’Intérieur ont exprimé leurs positions et ont donné réellement l’impression qu’ils ne se considèrent pas comme fonctionnaires mais comme politiques qui le revendiquent publiquement, quand bien même ils risqueraient de ne pas être approuvés par tous.Ces deux ministres sont Salim Saadi et Zerhouni. Ils ont dit ce qu’ils pensaient, et peut importe comment leurs positions ont été interprétées par la clase politique! Serait-ce un hasard que ces ministres, qui se sont assumés, furent de hauts officiers de l’ANP? Ne parlons pas de Larbi Belkheir qui avait, comme ministre de l’Intérieur, vécu seulement six mois de la période post-interruption des élections et qui n’avait pas eu le temps d’assumer publiquement des positions personnelles.
Les premiers mois, cependant, ont été déterminants pour la suite, pour toute la suite. Il avait eu à gérer les quatre premiers mois de l’ère de l’état d’urgence et à assumer, en tant que ministre de l’Intérieur, les décisions qui avaient été prises dans ce cadre, ce ministère étant désigné pour gérer cette situation d’urgence.
Le gouvernement de Reda Malek avait très probablement été dissous pour la liberté de parole pratiquée par son chef (La peur doit changer de camp) et son ministre de l’Intérieur, alors qu’à l’époque, le président Zeroual pensait qu’il serait possible que les dirigeants incarcérés de l’ex-FIS s’impliquent dans la condamnation du terrorisme et dans la cessation de la violence. Il le pensait d’autant qu’en tant que ministre de la Défense, il avait rendu visite, à la prison militaire de Blida, aux chefs incarcérés du parti dissous (Ali Haroun disait que Zeroual n’en avait pas informé le HCE), et en tant que chef de l’Etat, il avait transféré ces derniers à la résidence Djenan El Muphti.
Sans aucun doute que Salim Saadi savait que les jours du gouvernement étaient comptés car le président Zeroual ne cherchait pas à transférer la peur d’un camp vers un autre, mais à l’éradiquer, croyant que cela allait être possible. Les ministres de l’Intérieur successifs avaient paru bien ternes, et il est difficile de retenir de hauts faits en terme d’initiatives, et cela était valable aussi bien pour les ministres que pour leurs deux proches adjoints. On retient les phrases suivantes: «Il faut violer les lois scélérates», «Le terrorisme vit son dernier quart d’heure», «Le terrorisme est un phénomène étranger à notre société»…
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Posté par : sofiane
Source : www.voix-oranie.com