FIS? Pas FIS du tout? Rien à voir avec le FIS?
Mettre en débat le retour ou l’enterrement définitif du FIS ne date pas seulement d’aujourd’hui. Il était souvent perçu que l’on se trouvait à deux doigts de la réhabilitation du FIS. Et pourtant, cela n’avait pas été le cas. Lorsque Zeroual avait transféré Abassi Madani et Ali Benhadj de la prison militaire de Blida, où ils étaient détenus, vers une résidence d’Etat, où ils avaient pu disposer de facilités accordées à des hôtes de marque, il était bien évident que, pour l’opinion publique, ce n’était pas des détenus ordinaires, mais encore considérés comme des leaders du FIS, et non de l’ex-FIS.
En conséquence de quoi, ces leaders étaient approchés pour un dialogue en tant que dirigeants et non ex-dirigeants. Lorsque, peu de temps auparavant, Zeroual avait mis fin aux fonctions de chef de gouvernement de Réda Malek, qui disait que "la violence doit changer de camp", il était là encore perçu qu’il s’agissait d’un signe lancé aux deux leaders du FIS, une telle perception étant confirmée plus tard avec le transfert des deux incarcérés vers une résidence d’Etat. Quand, encore le même Zeroual, en tant que ministre de la Défense et pas encore chef de l’Etat, avait rendu visite aux deux incarcérés du FIS, l’Opinion avertie avait "senti" qu’un événement se préparait en liaison avec le FIS qui était déjà dissous.Ces trois événements mis en cohérence laissaient présager que l’événement devait sûrement consister en la réhabilitation du parti dissous, et très peu pouvaient à l’époque penser qu’il ne s’était agi que d’amener Abassi et Benhadj à condamner le terrorisme pour retirer à ce dernier la couverture politique et profiter en même temps pour provoquer l’érosion dans les rangs des groupes armés, ou encore, mieux, obtenir l’extinction de la violence par la même occasion, c’est-à-dire le désarmement volontaire des éléments armés. Zeroual représentait qui à ces trois moments? Qu’est-ce qui pouvait, à l’époque, empêcher Abassi et Benhadj de croire qu’ils avaient des cartes sérieuses en main à jouer tant que s’exprime la violence dans les maquis et les villes, comme cela était le cas à l’époque? De la même façon, aujourd’hui, qu’est-ce qui peut empêcher l’opinion publique ainsi que les anciens dirigeants du FIS de croire que l’heure est venue de retourner légalement dans le champ politique puisque, d’une part, l’extinction des poursuites judiciaires s’apparente à une amnistie, qui a d’ailleurs été prononcée sous le concept de "grâce amnistiante", que, de la sorte, celle-ci est perçue comme une reconnaissance du caractère politique de la cause de la violence, et que, d’autre part, il y en a qui voudraient faire croire que la violence ne s’arrêtera que lorsque les anciens dirigeants du FIS seront réhabilités politiquement?
Bachir Medjahed
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Posté par : sofiane
Source : www.voix-oranie.com