Blida - A la une

Comment faire face au déficit hydrique



L'Ecole nationale de l'hydraulique de Blida a organisé hier, une journée d'étude sur la réutilisation des eaux traitées dans l'irrigation avec la participation des chercheurs de l'université de Lituanie.Cette Journée d'étude rentre dans le cadre du programme Erasmus, un programme de l'Union européenne, qui permet aux étudiants et enseignants des universités, des grandes écoles européennes et des établissements d'enseignement à travers le monde entier d'échanger leurs expériences dans plusieurs domaines de recherche scientifique. Dans son discours, le professeur Mustapha Kamel Mihoubi, directeur de l'École national de l'hydraulique, explique que le thème de cette Journée vise à économiser les ressources en amont en les réutilisant, mais aussi, il s'agit de diminuer le volume des rejets pollués. Pour le responsable, cette manière de faire, constitue un maillon de l'objectif de développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures de leurs propres besoins.
«Il est inéluctable d'intégrer le développement économique, social et environnemental sur la question de l'eau et son développement durable et sur la prise de conscience de la communauté qu'il faut accentuer», explique le professeur, avant d'évoquer le Forum mondial de l'eau qui s'est tenu à Marakech en 1977, où les scientifiques ont tiré la sonnette d'alarme sur la situation du déficit de la ressource en eau. Il explique que d'une part, «la consommation d'eau a progressé à un rythme plus de deux fois supérieur à la croissance démographique. Tous les vingts ans, les besoins doublent sous l'effet de la nécessité de la ressource pour l'irrigation». D'autre part, le réchauffement climatique est devenu une réalité incontournable dont l'ampleur des effets ne cesse de se faire ressentir et dont les conséquences restent méconnues.
Il s'appuie sur le rapport de la FAO qui indique que le manque d'eau se fera ressentir dans la plus part des pays du pourtour méditerranéen, notamment les pays du Maghreb et du Proche-Orient, la Grece, le sud de l'Espagne et même le sud de la France sont les plus concernés. «Pour l'Algérie, les ressource hydrique ont nettement régressé en raison du cycle de la sécheresse chronique enregistré durant les périodes des années 1982, 1995, 2005, 2007, 2015 et 2016 », explique le professeur Mustapha Kamel Mihoubi. Ce dernier, précise que le déficit pluviométrique en Algérie a atteint les 33 % à l'ouest, 20% au centre et 17 % à l'est du pays, d'où la nécessité d'?uvrer pour développer les techniques de traitement des eaux en fonction du milieu récepteur avec un traitement tertiaire.
Il rappelle la stratégie nationale du développement durable, lancée par me ministère des ressources en eau, qui réunit trois dimension, à savoir sociale, économique et environnementale. «La réutilisation des eaux usées en épurées pour l'irrigation doit concerner en priorité les zones déficitaires en eau conventionnelle. L'intervenant insiste sur l'application des dispositions du décret exécutif n° 07-149 du 20 mai 2007, qui fixe les modalités d'utilisation des eaux usées épurées à des fins d'irrigation sous forme de concession. Il prévoit aussi la réutilisation des eaux traitées à des fins d'irrigation et permet de préserver l'environnement et garantir une économie d'eau non négligeable dansles régions où l'eau fait l'objet de tension.
Néamoins, un cadre juridique et réglementaire doit être établi pour éviter tous les risques sanitaires et environnementaux. Pour l'enseignant universitaire, Mustapha Boukhlifa, en matière de réutilisation des eaux traitées, l'Algérie utilise les mêmes techniques que la Lituanie, sauf qu'en Algérie, il y a diffèrent problèmes techniques et de gestion qui font que les stations d'épuration ne fonctionnent pas toujours correctement. Il faut dire aussi que les eaux usées n'arrivent pas en majorité dans les stations d'épuration, et c'est pour cette raison qu'on constate que les eaux sont rejetées en milieu naturel», explique le scientifique, avant de rappeler la pollution des plages à cause des rejets direct des eaux usées dans la mer.
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