Blida - Revue de Presse

Blida : Un constat amer



Sitôt rentré de vacances, c'est sur les chapeaux de roues que M. Hocine Ouadah, wali de Blida, a entamé ses visites d'inspection sur le terrain. Ainsi, et durant deux jours de suite, il s'est rendu à travers la wilaya pour se rendre compte personnellement de l'état d'avancement des différents projets en cours. Le wali a inspecté les projets de réalisation des infrastructures scolaires au niveau des dix daïras que compte la wilaya.

Nous savons tous que la prochaine rentrée qui aura lieu dans une quinzaine de jours, verra un nombre très important d'élèves passer en première année moyenne, ce qui oblige les CEM à augmenter leurs capacités d'accueil. Pour ce faire, sept nouveaux CEM sont en cours de construction en plus de dizaines de salles de classes en extension dans des établissements déjà existants.

Au cours de sa visite, le wali a constaté que certains projets sont dans un état d'avancement satisfaisants et pourront être réceptionnés pour la rentrée, alors que d'autres accusent un retard conséquent et il a ordonné aux entreprises détentrices des marchés de respecter les délais contractuels ou au moins, accélèrer la cadence pour terminer dans les plus brefs délais. Le lendemain, soit lundi dernier, le wali choisit la ville de Blida pour sa visite qui, cette fois, a concerné les projets d'amélioration du cadre de vie des citoyens.

Quatre axes ont été choisis par la DTP, totalisant près de vingt kilomètres de bordures de trottoirs à poser, des dizaines d'avaloirs d'orage et de regards à réaliser pour enfin, arriver au bitume. Il s'agit des rues de la Palestine, Ouali, Chalabi et Megherbi. Il faut noter qu'auparavant les avaloirs d'orage étaient soit inexistants soit complètement bouchés et tout le monde se rappelle les désagréments causés par les moindres pluies durant les années passées. C'est donc afin de permettre à l'eau de pluie de se déverser dans les égouts et ne plus causer de dégâts aussi bien à la chaussée qu'aux habitations, que la DTP a préconisé de les réaliser à travers les rues qui ont été programmées pour cette fois. Les travaux vont bon train mais les nombreux regards qu'il faut réaliser afin d'y brancher les avaloirs d'orage retardent un peu la cadence. Le wali, par la suite, a visité quelques cités de la ville de Blida qui ont bénéficié d'opérations d'amélioration du cadre de vie pour constater de visu l'état d'avancement des travaux ainsi que leur qualité. Déjà, dans la première cité visitée, celle dite des «64 logements de Strasbourg», le wali a commencé par mettre en garde contre certaines pratiques qui consistent en une surévaluation quantitative des travaux à réaliser afin que des entreprises privilégiées puissent présenter des prix assez bas et bénéficier du marché. Il a donné ordre pour que tous les travaux soit quantifiés physiquement par un représentant de l'administration et que les quantités réelles soient portées sur les situations à payer.

Et là, le wali a piqué une grande colère contre l'entrepreneur qui, au lieu de jeter les déblais ailleurs et de poser le carrelage sur du sable, a mis ces déblais constitués de pierres, de morceaux de carrelage et d'autres matériaux solides comme remblais puis a commencé à le découvrir d'une mince couche de sable pour le cacher. Quand le wali lui a demandé le pourquoi de cette tricherie, l'entrepreneur ne trouva pas mieux que de lui répondre «c'est juste à cause de votre visite, pour rendre les lieux propres, mais je vais procéder à son enlèvement».

Là, le wali lui a fait comprendre vertement qu'il n'était pas dupe et qu'il aurait dû faire son travail dans les règles de l'art. Il ordonna ensuite au DUC de mettre des surveillants permanents au niveau de chaque chantier et de constater toutes les imperfections. Dans d'autres cités encore, M. Hocine Ouadah ne put contenir sa colère devant les spectacles désolants des travaux réalisés à la va-vite, avec des imperfections criardes et des tricheries sur la qualité des matériaux, des travaux et du compactage. Partout où il s'est rendu le wali s'en est pris aux entreprises de réalisation ainsi qu'aux agents chargés de la surveillance des travaux et a donné ordre pour que ceux qui trichent, qu'ils soient entreprises ou agents de l'administration, doivent être sanctionnés. D'ailleurs la désolation était encore plus grande quand la délégation est arrivée à la cité des «Bananiers» et que plusieurs habitants lui aient fait savoir que les travaux de réfection et de peinture des façades avaient été bâclés par l'entreprise de réalisation qui avait déjà plié bagages, laissant une peinture qui s'en allait dès qu'on la touchait, des caves non nettoyées, des détritus un peu partout à travers la cité. Le wali rappela là aussi que toute entreprise de réalisation, ne respectant pas le cahier des charges et trichant sur la qualité devait être écartée et même poursuivie en justice s'il le faut. En outre, plusieurs citoyens se sont plaints de ne pas avoir reçu une goutte d'eau depuis plusieurs semaines, comme ceux de Bordj Oued Sidi Kébir, près de Bab Errahba qui n'ont pas eu d'eau potable depuis plus de 4 mois.

Le wali ordonna au directeur de l'Hydraulique d'instruire le directeur de l'ADE afin qu'il règle ce problème dans les meilleurs délais et affirma: «qu'il est inadmissible que des citoyens restent pendant toute cette période sans eau, l'ADE doit prendre ses responsabilités ou des sanctions seront prises».

A la fin de la visite, le wali déclara à la presse que «durant les dures années passées, de mauvaises habitudes ont été prises et nous sommes en train de les éradiquer, même si cela s'avère difficile car elles sont très tenaces, cependant nous nous devons de rétablir l'autorité de l'Etat dans l'intérêt supérieur des citoyens». Il a aussi félicité la nouvelle équipe de l'APC qui est «plus dynamique et plus entreprenante».


Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Nom & prénom
email : *
Ville *
Pays : *
Profession :
Message : *
(Les champs * sont obligatores)