
Depuis plusieurs jours, le lait est presque introuvable chez les épiciers et les rares fois où on peut le voir, il faut faire de longues chaines pour arriver à s'en procurer deux sachets, ce qui est nettement insuffisant pour celui qui a une famille nombreuse. L'épicier vous répond qu'il ne sait ni quand ni si on va lui ramener du lait, il faut attendre et espérer. Le malheureux père de famille erre ici et là jusqu'à ce qu'il aperçoive une foule de gens faisant la chaine et quand il arrive à leur niveau il s'aperçoit que c'est pour l'objet de ses recherches. Devant ce nombre trop élevé, il se dit qu'il n'y arrivera jamais. Puis il reprend espoir et se met à l'arrière de la longue chaine qui avance assez rapidement. Il apprend en cours de route que le sachet de lait est vendu 30 DA au lieu de 25 et il se dit aussitôt que cela ne fait rien du moment qu'il l'a trouvé. Il se fait servir quatre sachets (pas plus, il faut laisser aux autres) et s'en va tout heureux de son aubaine. Des chaines pareilles on en voit à travers tous les quartiers des villes et les vendeurs, ramenant leurs précieuses marchandises à l'intérieur d'une camionnette ne se cachent même pas. Au contraire, on les trouve dans les endroits les plus fréquentés, sans qu'ils soient inquiétés le moins du monde. Chez les épiciers légaux, point de lait, même les caisses vertes ou bleues caractéristiques de cette denrée sont invisible. Pourtant, au détour d'une ruelle peu fréquentée, nous sommes surpris de trouver deux camions «frigorifiques», dos à dos et des gens qui s'affairent à transférer le contenu de l'un dans l'autre. Quand nous nous approchons, nos doutes se font réalités et nous remarquons que c'est de sachets de lait qu'il s'agit. Ainsi, les livreurs de lait agréés, au lieu de livrer le lait aux épiciers, ils le vendent un peu plus cher à ces pseudo-commerçants qui le cèdent 5 DA de plus par sachet à leurs concitoyens qui ne peuvent que s'exécuter.Il faut dire que cette pratique est devenue presque normale, au vu et au su de tous, y compris des responsables locaux. A priori, nous pouvons dire qu'il n'y a pas de tension véritable sur le lait mais que c'est plutôt un état de fait voulu par les livreurs et certains suceurs de sang qui s'accaparent des quotas ramenés par les livreurs et amassent des fortunes en privant des centaines d'enfants d'une denrée nécessaire à leur croissance. Un grand coup de balai s'impose dans cette filière qui a trop fait parler d'elle jusqu'à maintenant.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Tahar Mansour
Source : www.lequotidien-oran.com