Les différents marchés de la wilaya de Blida connaissent, à l'instar des autres régions du pays, une très importante demande de vêtements pour les enfants et même pour des adultes et ce, à l'approche de l'Aïd El Fitr qui devrait être fêté mardi ou mercredi prochains.Dès la matinée, des centaines de femmes et d'hommes parcourent les marchés et les magasins qui se sont achalandés pour l'occasion en proposant des produits locaux et d'importation pour les enfants surtout, avec une plus grande profusion pour les fillettes. Les enfants, profitant de cette aubaine, exigent les meilleurs produits et choisissent ceux d'importation car ayant une finition meilleure et un design plus recherché mais les prix sont beaucoup plus élevés que pour les produits locaux. Les habits fabriqués en Turquie sont les plus en vue dans les magasins, avec des prix qui dépassent l'entendement, selon les commentaires de la plupart des familles qui parcourent des kilomètres et des kilomètres à la recherche de la perle rare : un habit de qualité à un prix raisonnable. Mais ils finissent par se rendre à l'évidence et achètent souvent ceux choisis par leurs rejetons, consentant des sacrifices budgétaires qui grèvent leurs finances et les obligent même à s'endetter, l'important étant pour eux de faire plaisir à leurs enfants et de les faire sortir le jour de l'Aïd devant les voisins bien mieux habillés. Un tour dans les magasins nous renseigne sur les prix qui sont vraiment au-dessus de la normale puisqu'une robe de fillette d'un an coûte entre 3.000 et 8.000 DA, celle pour un âge plus grand coûtant souvent deux à trois mille dinars de plus pour chaque deux ans de différence. Les pantalons, filles et garçons, ne sont pas toujours ceux recherchés par la famille en termes de qualité mais ils coûtent généralement à partir de 900 DA pour les plus petits et arrivent à plus de 3.500 DA pour ceux âgés de 15 ans et plus. Les tricots et chemises de très mauvaise qualité sont vendus à partir de 400 DA l'unité et ceux d'importation coûtent 2.000 DA et plus. Les chaussures sont aussi très recherchées et les parents qui veulent faire plaisir à leurs enfants sont obligés de dépenser à partir de 2.500 DA pour des baskets d'importation, mais de qualité inférieure jusqu'à 12.000 DA pour certaines marques très en cote en Algérie. Selon certains parents que nous avons rencontrés dans les magasins, il leur faudrait au moins 15.000 DA pour habiller chacun de leurs enfants en produits de qualité moyenne, soit au moins quatre millions de centimes pour une famille avec trois enfants, ce qui représente, pour certains, deux fois le salaire perçu par le père. Mais ils se croient obligés de tous faire pour permettre à leurs rejetons de ne pas paraître amoindris devant les voisins: «même si je dois m'endetter ou déposer les bijoux de ma femme en gages pour avoir de quoi acheter des habits dignes à mes enfants», affirment nombre d'entre eux. Il faut dire aussi que beaucoup de familles ont acheté des vêtements pour leurs enfants plusieurs semaines avant le Ramadhan pour éviter la flambée des prix et pour trouver un choix plus important car, actuellement, il faut se lever tôt et parcourir des dizaines de magasins pour trouver certaines tailles et pointures. Ceci en plus des dépenses pour les gâteaux après celles des produits de large consommation durant le mois sacré, ce qui laisse les pères de famille dans une situation financière dramatique avec, dans un proche avenir, les sueurs froides de l'Aïd El Kébir. Mais Saha Aïdkoum quand même car «l'important c'est de faire plaisir aux enfants» disent-ils.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Tahar Mansour
Source : www.lequotidien-oran.com